Chapter XVIII: Guernsey Songs and Ballads
“Will no one tell me what she sings?
Perhaps the plaintive numbers flow
For old, unhappy, far-off things,
And battles long ago.”
--_Wordsworth._
“Fère les lais, por remembrance.”
--_Marie of France._
I have added this chapter to Sir Edgar MacCulloch’s book, as I thought it a good opportunity of preserving a few of the old ballads and songs which, for generations, amused and interested our forefathers, and which now, alas, are all too surely going or gone from among us,--swept away by the irrepressible tide of vulgarity and so-called “Progress,” by which everything of ours that was beautiful, picturesque, or individual, has been destroyed. As descendants of the Celtic trouvères, menestriers, and jongleurs, as well as of the Norse Skalds, the bards from whose early songs and chants, the literature of Europe has sprung, we, Normans, should specially treasure the old poems which have been handed down for so many successive generations, and which, in the rapid extinction of the old language in which Wace, Taillefer, Walter Map, and Chrestien de Troyes sang, are doomed to oblivion.
In most places the old ballads can be divided into two classes--the Religious and the Secular. The first of these classes, except in the form of the metrical version of the Psalms by Ronsard, does not seem to have existed over here. I can find no trace of any Noëls, or of any Easter songs. The Secular songs may be divided into the Historical and the Social.
The Historical deserve precedence. The _Ballade des Aragousais_ of which a translation has already been given, and of which I append the original, is by far the oldest and most interesting. Then comes a ballad descriptive of the Destruction of the Spanish Armada in 1588, which I found in a manuscript book compiled by a Job Mauger in 1722. In it he has copied the _Dedicace des Eglises_, and such poems which apparently were current in his day, and which he deemed worthy of preservation. Of his collection this is the most distinctive, and I have included it in this chapter, although it is evidently defective in parts, as these old ballads, handed down orally from generation to generation, are so apt to be. The _Complaint of the dispossessed Roman Catholic Clergy_, written in March, 1552, and copied into the Registers of St. Saviour’s parish in 1696 by Henry Blondel, is already in print, being included in Gustave Dupont’s _Histoire du Cotentin et de ses Iles_, Tome III., p. 311-313.
Job Mauger’s MSS. also comprise a long and monotonous ballad of twenty verses describing the destruction by lightning of the Tower of Castle Cornet in 1688, and various poems, conspicuous more by the loyalty of their sentiments than by the merits of their versification, on contemporary events in England, such as--“La mort du Roy Guillaume III.,” written in 1702; “Cantique Spirituel à la mémoire de la Royne Marie IIme., et sur l’oiseau qu’on voit sur son Mausolée;” “Sur la mort de son Altesse Royale Guillaume, Duc de Glocestre, decedé au Château de Windsor le 30me Juillet, 1700;” and “Vive le Roy George,” written in 1721. He also copies a “Chanson Nouvelle de l’Esclavage de Barbarie,” doggerel verses “composée par dix pauvres hommes, esclaves en Barbarie, où ils sont,” viz.: “Edouard Falla, Edouard Mauger, Phelipe le Marquand, Richard Viel, et ses camarades, Pierre le Gros et Jean Aspuine,” written in the reign of William III.
In the year 1736 the bells of the church of S. Peter Port, being no longer fit for service, were taken down for the purpose of being melted and re-cast. This circumstance gave rise to a piece of poetry composed by the Rev. Elie Dufresne, Rector of the Town parish, of which many manuscript copies are in existence.
But by far the most popular and widely known of all our local ballads is “Les vers de Catherine Deslandes,” by an unknown author, descriptive of the trial and execution for infanticide, of an unhappy woman called Catherine Deslandes in 1748. These verses have been repeatedly copied and printed, and are to be found in almost every old farm-house.
The Secular ballads were undoubtedly all, or nearly all, importations from the mainland. Of these I have made a selection, and have striven to record those which do not appear to have been already printed, or which, like “La Claire Fontaine,” vary considerably from the continental models. Thus “Malbrouck,” which is one of the most widely known of all our old ballads, appears in every French “Recueil de Chansons,” and the verses of “Le Juif Errant” and “Geneviève de Brabant” of which copies are also found in all our old farm houses, have also been repeatedly printed on the Continent, so are not included here.
YVON DE GALLES.
“Surprise de l’Ile de Guernesey l’an 1370, sous le Règne d’Edouard III., Roy d’Angleterre, et de Charles V., Roy de France.”
NOTE.
This poem is copied from a version compiled by Mr. Métivier, and said by him to be the revised text of seven mutilated manuscript copies. I have also included most of his notes.
“Or, grands et petits entendez
Lai[263] d’allure,[264] fort’ment rimée,[265]
Sur nombre de gent ramassée,
Qui va sillant[266] la mer salée,
Du Roy de France la mesgnée,[267]
Par Yvon de Galles guidée,
Si mauvaisement mis à mort.[268]
Par un Mardy s’est comparée
La gendarmerie et l’armée,
Faite de grands Aragousais[269]
Gens enragés à l’abordée.
Dans le Vazon fut addressée
Cette pilleuse[270] marinée
Pensant nous mettre tous à mort.
Un Jean L’Estocq si se leva,
Plus matin qu’à l’accoûtumée;
Et à sa bergerie alla,
Sur l’ajournant[271] à la brunée.
Telle compagnie a trouvée
Sur le grand Marais arrêtée,
Ce qui grandement l’étonna.
Vit un cheval sur son chemin,
Faisant marche de haquenée,[272]
Qui, pour vray, étoit un guildin,[273]
Qui lors échappoit de l’armée.
Toute l’isle en a chevauchée,
Criant à la désespérée,
Sus! aux armes, en un moment!”
“Et vous trouvez sur les Vazons![274]
L’armée est dessus arrêtée;
Diligentez-vous, bons garçons,
Ou toute la terre est gâtée!
Mettez tout au fil de l’épée,
Hasardez-vous, à bonne heurée,
Ou vous mourrez griève mort!”
Yvon de Galles, vrai guerrier,
Était conducteur de la guerre,
Homme grand’ment adventurier,
Dessus une terre étrangière,
Ne se donnant garde en arrière,
Il reçut la rouge jarr’tière
Qui n’étoit ni soye, ni velours.
C’est qu’il fut frappé d’un garçon
D’une alebarde[275] meurtrière,
Il se nommoit Richard Simon
Sur le moulin, en la Carrière,
Tant qu’il eut la cuisse hachée
Aussi la main dextre tranchée
Par ce glorieux compagnon.
Sur le mont de St. Pierre Port
Fut la dure guerre livrée;
Cinq cents et un fur’ mis à mort,
Tant de l’isle[276] que de l’armée,[277]
C’étoit pitié, cette journée
D’ouïr les pleurs de l’assemblée
Des dames de St. Pierre Port.
Thoumin le Lorreur,[278] tout le jor
Fut, de vrai, notre capitaine;
Rouf Hollande[279] fut le plus fort,
Il eut l’honneur de la quintaine,[280]
Sa vie, hélas! fut hasardée,
Car, sa jambe étant fracassée,
Force lui fut de souffrir mort.
Frappant à travers et à tors,
Le sang courait dans les vallées,
On marchait dessus les corps morts
Qui chéaient[281] au fil des épées.
Une meurtrière[282] fut lancée,
Qui, à grand’ force débandée,
Aux Aragousais fit grand tort.
Quatre-vingt bons marchands anglais
Arrivèrent sur l’avesprée;[283]
A notre secours accouraient,
Mais l’armée étant fort lassée,
Leva le siège, tout de voir,[284]
Ne sachant quel remède avoir,
Sinon crier à Dieu mercy.
Furent contraints de s’enfuir
Prenant leur chemin gaburon,[285]
Par les Bordages sont allés,
Pour passer dedans ils se rue’;
Mais les Anglais sans retenue,
Remplissent de corps morts la rue,
Sur cette troupe de bedots.[286]
Par force espreindrent les châtiaus,[287]
La mer étant fort retirée,
On les tuait à grands monceaux,
Taillant tout au fil de l’épée;
La mer étoit ensanglantée
De cette troupe ainsi navrée,
De lez la chair et les corps morts.
Ces navires et ces bateaux
Ceignirent l’isle par derrière;
Bons paysans leur firent grands tosts,[288]
Vers le château de la Corbière,[289]
Vindrent par le Bec-à-la-Chièvre,[290]
Pour à l’armée faire estère,[291]
Avec le reste des lourdauds.
Rembarquèrent leurs matelots,[292]
Puis soudain mirent à la vèle,
Tous marris comme lionceaux
D’avoir perdu telle bredelle.[293]
Le général[294] fort ce repelle,[295]
Commandant de remettre à terre
Dans le havre de St. Samson.
À l’Abbé St. Michel s’en vont,
Dont Brecard étoit commissaire;
Il les reçut, à grand cœur-jouaie
Donnant présents et fort grand chère
Donnant or à la gente amée,[296]
Qui était dame dans l’armée
Nommée Princesse Alinor.
Car Yvon l’avoit épousée
En France au pays de Gravelle,
Dont il fut riche à grands monceis[297]
Des biens de la grand’ mariée.
L’abbé fit grand joie à l’armée
D’or et d’argent et de monnoye
Qu’il leur donna bien largement.
Yvon, l’ennemy, s’en alla
Sur une montagne voisine
Du pauvre Château St. Michel,
Là où Yvon faisait ses mines.[298]
Frère Brecart,[299] par courtoisie
S’adresse au château par envie
De faire crôitre ses trésors.
Mais Aymon[300] Rose, retranché
Au puissant Chasteau de l’Archange
Dit qu’il serait avant tranché.
Que de se rendre à gent estrange;
Mais si ses gens se veulent rendre
A Brecart, pour leur terre vendre,
Par compos,[301] il estoit d’accord.
Le pauvre peuple se rendit
A cet Abbé pour leur grand perte
Qu’il avoit pour eux accordé
Aux ennemis par ses finesses
Dont assoujettirent leurs terres
La plupart à payer deux gerbes
Nommez aujourd’hui les champarts.[302]
Quand Yvon fut bien soudoyé
S’est rembarqué dans ses navires
Dans le Coquet s’en est allé
Se refournir de nouveaux vivres,
En passant par devant Belle Isle
Mit le feu dans trente navires
N’ayant que les garçons à bord.
Le vent du sud étant venu
Sillant la côte de Bretagne
Un navire Anglois est venu
Dont ils eurrent bien de la hoigne[303]
Saillit soixante hommes ensemble
À bord Yvon, sans plus attendre
Qui les lièrent tous à bord.
Puis violèrent Alinor,
En la présence de son homme
Lui étant lié au grand mât
Les amenèrent à Hantonne[304]
Yvon étant un mauvais homme
Eut sur sa tête une couronne
Savoir ung mourion tout chaud.
Puis pendirent toutes ces gens
Portez à chartez[305] couple à couple
Et Alinor eut un présent
Pour gueuser une belle poche
Et avec peines et travaux
Cherchant son pain de porte en porte
Après plaisir eurent grands maux.
Les dix-neuf autres vaisseaux
Voulez-vous ouïyr leur destinée
Ils se dissout de grands châteaux
De tourments bien agittée
Or voilà donc leur destinée
C’est qu’ils burent la mer salée
Brisant dessus les Hanouets.
Au matin coume des porceaux
Estoient au plein cette journée
Où ils avaient fait leurs grands maux
En Guernesey la bienheureuse
Ils estoient là en grands monceaux
Dessus les sablons de Rocquaine
Après plaisir eurent grands maux.
FIN.
[263] _Lai_--Chant, mélodie, complainte.
[264] _Allure_--pas continu, mesuré.
[265] _Fort’ment rimée_--dont la rime est riche, roulante.
[266] _Sillant_ v. fr.: fendant, coupant.
[267] _Mesgnée_--guern’ _mégnie_,--maisonnée, troupe.
[268] _Mis à mort_--assassiné par le traître gallois John Lambe, soudoyé par Richard II.
[269] _Aragousais_--Chez les Gascons, nos compatriotes alors, _Aragous_, espagnol. L’Aragon était le royaume principal.
[270] _Pilleuse_--pirates.
[271] _Ajournant_--v. fr. ajornant, faire _jor_ ou jour.
[272] _Haquenée_--cheval qui va l’amble, hobin.
[273] _Guildin_--Anglais _gelding_.
[274] Les Vazons--Marais, tourbières, aujourd’hui Vazon. Il y avait le Vazon d’Albecq et le Vazon du Marais.
[275] _Alebarde_--sans aspiration, comme l’Ital: _alabarda_.
[276] _L’isle_--les habitants de l’île.
[277] _L’armée_--la flotte étrangère.
[278] _Le Lorreur_--surnom d’une famille câtelaine dont les traces se retrouvent au commencement du dix-septième siècle. _Le lourreur_ était un joueur de cornemuse, Normand _lourre_, Danois _luur_. C’est tout un alors pour nous autres Anglais, que _Thoumin le Lorreur_, et “Tommy the Piper.”
The first mention of a “Le Lorreur” in the Channel Islands I have found, occurs in the Calendar of Patent Rolls for 1316, where Philip L’Evesque, Bailiff of Jersey, witnesses (June 25th, 1311) a demise by Macie Le Lorreur, clerk, to Richard le Fessu, his brother, Viscount of Jersie, of the escheat of Pierres du Mouster, for twelve cabots of wheat rent yearly, for three virgates of land in the parish of Grouville. The Richard le Fessu mentioned above was also known as Richard _de Jersey_, he married Elizabeth de Burgo, described as the King’s kinswoman, and in 1317 the King gave, as a grant for life, to “John de Jereseye” his son, the Viscounty of Jersey, which his father had held during his life-time.
[279] _Rouf Hollande_--On August 26th 1338, a warrant was issued against a _Richard de Holand_, who had absconded with £40 delivered to John Godefelawe of Southampton, by John de Harleston, for payment of the wages of the garrison of Jersey. (Calendar of Patent Rolls).
[280] _Quintaine_--espèce de tournoi.
[281] _Chéaient_--tombaient guern: et norm: queyaient.
[282] _Meurtrière_--Catapulte, machine qui lançait des pierres et des dards.
[283] _Avesprées_--Commencement du soir.
[284] _Voir_--Vrai.
[285] _Gaburon_--Ce serait pêle-mêle, a la manière de goujats, des manants. Telle serait, osons le croire, l’origine du guernesiais “_pêle-mêle gabouaret_.”
[286] _Bedots_--étrangers, trompeurs. L’acceptation française de _bedos_, selon Roquefort, était autrefois “forain.”
[287] _Espreindrent_--serrèrent, assaillirent. Selon les annales du temps, le château ne fut pas pris.
[288] _Tosts_, pour _tostes_, soufflets, “good thrashings.”
[289] _La Corbière_--The point underneath “Village de Putron,” just north of Fermain Point, is called “La Corbière,” but this line probably refers to the Vale Castle, in the parish of St. Michel de l’Archange du Valle.
[290] _Bec-à-la chièvre_--Just underneath Fort George, the southern boundary of Petit Fort Bay.
[291] _Estère_--passage.
[292] _Matelots_--camarades, guern: _matnots_, mot franc-tudesque. Ici ce n’est pas un marinier exclusivement, c’est un _mess-mate_.
[293] _Bredelle_--morceau.
[294] _Général_--l’Amiral, celui qui commande la générale, angl: _flag-ship_.
[295] _Repelle_--rejette, oppose.
[296] _Gente amée_--gentille amie.
[297] _Monceis_--monceaux.
[298] _Mines_--Semblant de vouloir assaillir le Château (de Néel de St. Sauveur, aujourd’hui Château des Marais ou Ivy Castle).
[299] _Brecart_--The Brecarts, Bregearts, or Briards, were a comparatively influential family in the parishes of the Vale and St. Sampson’s up to the sixteenth century; they then bought land in the town, in the district of Vauvert, and became known as “Brégart alias Vauvert,” and finally as “Vauvert,” _pur et simple_, they seem to have become extinct in the eighteenth century.
[300] _Aymon Rose_--“Edmund de Ros ou Rous” était d’origine Normande.
“It appears that Edmund Rose, who defended Castle Cornet on this occasion was only Lieut.-Governor, as, in the previous year, Walter Huwet appears as governor of all the islands. There is a letter from the King to Edmund Rose, dated the 14th of August, 1372, as Constable of the Castle of Gorey in Jersey; so that within two months after Yvon had raised this siege of Castle Cornet, he, Edmund Rose, must have been sent to that of Gorey.”--(_Some Remarks on the Constitution of Guernsey_, by T. F. de H., p. 119.)
_Champarts_--The “Camparts”--or the eleventh part of the grain grown upon the land of the fief, is described by Warburton thus:--“The first dukes of Normandy granted several parcels of land in the island, to such as had served them in their wars, and granted likewise a very considerable part to some religious houses. These, whether soldiers or churchmen, not being themselves skilled in agriculture, let out these lands to tenants under them, reserving such rents and services as they thought most convenient; such was the “Campart,” and such were the “chef-rentes,” and these have been in use ever since Richard I., duke of Normandy, and possibly they may yet be of more ancient date.… In the Clos du Valle, out of extraordinary respect for the Abbot who resided among them, they paid both the _tenth_ and the _eleventh_ sheaf, both as _tithe_ and _campart_.” Camparts were owed on many fiefs, if not on all. Many owners of land have redeemed them. Others have _affranchis_ their land, which is done by Act of Court, on proof that the land has been under grass for forty years, and lasts as long as the land is tilled yearly.
[301] _Compos_--Composition.
[302] Here Mr. Métivier’s version ends, the remainder is from an old Guernsey Almanac dated 1828.
[303] _Hoigne_--Haine.
[304] _Hantonne_--Southampton.
[305] _A chartez_--En charrettes.
L’ARMÉE D’ESPAGNE, DEFAITTE EN L’AN 1588.
Puissant Roy d’Espagne,
Combien riche tu es
Pour l’entreprise vaine
Que tu fis sur les Anglois,
Ton entreprise vaine,
Fut bientôt rebroussée.[306]
Vindrent sur l’Angleterre,
Au beau mois de Juillet,
Pour voir la bienheureuse
Ma Dame Elizabeth,
Mais ce fut à leur honte
Que sentir grand reveil.
La grande Armée Angloise
Commence a s’apprêter,
Tous leurs soldats embarqués
La poudre et les bullets,
C’est pour joüer au quille[307]
Avec les Portuguées.
Qui eust vue l’armée,
D’Elizabeth s’en va
De voir les grands bigots[308]
Et flâquées[309] sur leurs mâts
Des tambours et trompettes
Apprêtés au combat.
La puissante avans garde
A l’ancre n’étoit pas
Comme fut “La Revanche”
La vaisseau de Dras[310]
Qui sortoit de Plymouth,
Sillant sur sa plumas.[311]
Tous les plus grands navires
Qui furent haut et bas
De toute l’Angleterre
Vindrent vers l’Amiral
Luy supplier la grâce
D’aller sur les guayhards (_sic_).
L’Amiral d’Angleterre[312]
Leur répond d’un voix quas[313]
Enfans, donnez vous garde
Ne vous hasardez pas,
Car l’armée est puissante
Et nos vaisseaux sont trop ras.[314]
Ces gens de grand courage,
Disoient à l’Amiral
Seigneur, gardez la terre,
Nous allons avec Dras[315]
Nous aurons la vengeance
De l’armée des Pillards.
La “Revanche” d’Angleterre
Sous ses voiles s’en va,
Chargeans ses coulverines
Et tirans ses coutelas,
Au grand tyran s’entraîne
Et luy couppa ses mats.
Quand le Duc de Mydine,
Sit ses grands arbres bas,
Dit à sa compagnie
Enfans--ne tirez pas,
Mais rondez les navires,
Ou vous mourrez tous plats.[316]
Sept navires de guerre,
Lièrent au grand “Arc”
Abordent cette vermine
Sur le “Satanas”
Pour porter pillage
Avec le Seigneur Dras.
Un noble gentil homme
Grand Seigneur des Estats
S’en va rompant les coffres
Et bahuts[317] hauts et bas,
Où il trouva des lettres
D’un fort merveilleux cas.[318]
Le grand Dauphin de Naples[319]
De ça ne ryoit pas,
Le Flamen se presente
Sur un de ses boulevards
De cette nef horrible,[320]
Du grand “St. Matthias.”
S’informe par enquête
Des gens d’armes en bas
Touchant une lettre
Quy portoit de grand mal
En contre l’Angleterre
Et tout le sang Royal.
Le peuple luy déclaroit
Seigneur ne fâchez pas
Que l’adresse de ça
C’est au Prince Farnése[321]
De par le Roy d’Espagne
Qui de ça chargera.
Demande au grand de Naples
Ce qu’il disoit de cela
Encontre sa maîtresse
Quoi penser en tel cas.
En disant deux ou trois paroles,
Le grand Prince le tua.
Puis luy fendit le ventre,
Jusqu’à l’estomac,
Son pauvre cœur luy tira
Qui soudain luy trancha
Devant la compagnie
Qui beaucoup soupira.
Lors l’Amiral d’Espagne
Soudain apparreilla
Avec sa compagnie
A vau la mer s’en va
Mettant basse enseigne
Par grand deuil s’en va.
Sortant vers Irlande
Sous tout leur appareil
Sur la haute mi-été[322]
Le vent leur prend su-est
Qui les mis sur la terre
D’Irlande et y reste.
Les prudens Irlandois
A leurs secours venoient
En plaignant leurs misères
Aux maisons les portaient
Faisant au grands d’Espagne
Plus qu’ils ne méritoient.
Le général d’Espagne
Ses mourtres fits dresser,
Appeller ses gens d’armes
Et tous ses centeniers,
Fit en grand’ diligence
Sa grande troupe marcher.
Au peuple d’Irlande,
Rendit tous ses bienfaits,
Mit par toute la terre
Gens d’armes en harnois,[323]
Tuant homme et femme
Sans merci ni délai.
Tous les Irlandois s’adressoient
Au Comte de Tyrone
Qui tenoit pour la Reine
Contre la nation,
Luy priant donner aide
Contre les Castillons.
Le Comte met en ordre
Ses princes et barons,
Tous au fil de l’épée[324]
Leur ordonner la fronde,[325]
La douleur redoublée
Qui les déconfit tous.
Lors voilà la ruine
Des meurtriers Espagnols
Qui faisoient tant de mines
Dans de bien grands flibots,[326]
Pensant prendre Angleterre
Comme de fols idiots.
À Dieu soit la louange
Qui de son bras tout fort,
De tous leurs grands vaisseaux
De nous pris la revanche
Nous pensant détruire
Et démembrer nos corps.
Les braves gens d’Espagne
Partant de leurs maisons
Pensant en Angleterre
Sarcler[327] tous les chardons,
Mais leurs gens et leurs moufles[328]
N’étoient pas assez bons.
Quand on va par les villes
Pour vendre les moutons,
Chacun se donne à croire
Que les viandes vaudront
Mais c’est bien le contraire
La plupart en donneront.[329]
FIN.
[306] _Rebrousser_--Retourner sur ses pas.
[307] _Quille_--“C’est un morçeaux de bois tourné, plus gros par le bas que par le haut, dont on se sert pour jouer.”
The English captains were playing bowls when the Spanish ships were announced as being in sight.
[308] _Bigots_--Terme de Marine. C’est une petite pièce de bois percée de deux ou trois trous, par où l’on passe le bâtard pour la composition de racage.
[309] _Flagner_--Jetter.
[310] Sir Francis Drake commanded the ship _Revenge_ during the fight with the Armada.
[311] _Plumas_--Plumage.
[312] _L’Amiral d’Angleterre_--Lord Howard of Effingham.
[313] Quas--Brisé.
[314]_Ras_--Terme de Mer. C’est un bâtiment qui n’a ni pont, ni tillac, ni couverture.
[315] _Dras_--Drake. Motley, in his _History of the Netherlands_, Vol. II., pp. 498-9, says: There were many quarrels among the English admirals at this period, and much jealousy of Drake.
[316] _Duc de Mydine_--The Duke of Medina-Sidonia, leader of the Spanish Armada, who, when the great hulk Satana and a galleon of Portugal were attacked by the _Triumph_ and some other vessels, on the flag-ship, (the _St. Martin_) tried to repel Lord Howard on the _Ark Royal_ and other men-of-war, and thence arose the hottest conflict of the day. He had previously, when Don Pedro de Valdez, commander of the Andelusian squadron,--having got his foremast carried away close to the deck,--lay crippled and helpless, calmly fired a gun to collect his scattered ships, and abandoned Valdez to his fate.… The next day Valdez surrendered to the _Revenge_.--Motley’s _Netherlands_, Vol. II., pp. 456-7.
[317] _Bahut_--Coffre couvert de cuir orné de petits clous.
[318] _Cas_--Terme de Pratique, Matière, Crime.
[319] _Le Grand Dauphin, etc._--Don Diego de Pimental, nephew of the Viceroy of Sicily, and uncle to the Viceroy of Naples, was captured in his ship the _St. Matthew_, by Admiral Van der Does, of the Holland fleet.--_Motley_, Vol. II., p. 473.
[320] _Nef_--Navire.
[321] Alexander, Prince Farnèse, and Duke of Parma, was commandant of the Spanish Army, and was waiting in Flanders for an opportunity of co-operating with the Spanish fleet. He was suspected of having a secret treaty with Queen Elizabeth, (_Motley_, Vol. II., p. 273-4), but these verses are so very obscure, it is impossible to identify the incidents to which they allude. It may be that they, as well as the last verse of this poem are interpolations from some other ballad, which has got confused with this one.
[322] _Mi-été_--le milieu de l’été.
[323] _Harnois_.--signifie l’habillement d’un homme d’armes.
[324] _Fil de l’epée_--est en usage depuis long temps. Ronsard a dit parlant de Henri III., … “devant le _fil_ de son epée.”
[325] _Fronder_--Attaquer quelque chose.
[326] _Flibot_--Terme de marine. C’est un moïen vaisseau qui est armé en course.
[327] _Sarcler_--Terme de Laboureur. Couper les méchantes herbes avec le sarcloir.
[328] _Moufles_--Garnie de poulies de cuivre, de boulons, et de cordages pour monter les pièces d’artillerie à l’elesoir.
[329] That this poem is very defective, and therefore obscure, is obvious, but I thought even this mutilated fragment was worth preserving. Many of the statements made in it are not borne out by history, though they probably formed part of the gossip of that day, and had filtered over to the Islands from sailors who had themselves had a share in some of the events narrated. This last verse seems to have no connection with the rest of the poem, but I have copied it as Job Mauger wrote it, nearly two centuries ago.
Secular Poems.
BELLE ROSE AU ROSIER BLANC.
J’ai cueilli la belle rose
Qui pendait au rosier blanc,
Belle Rose
Belle Rose au rosier blanc!
Je la cueillis feuille à feuille
Et la mis dans mon tablier blanc
Belle Rose
Belle Rose au rosier blanc.
Je l’ai portée chez mon père
Entre Paris et Rouen
Belle Rose
Belle Rose au rosier blanc.
Las!--je n’ai trouvé personne
Que le rossignol chantant
Belle Rose
Belle Rose au rosier blanc.
Qui me dit dans son langage
Mariez vous à quinze ans
Belle Rose
Belle Rose au rosier blanc!
Hélas comment me marîrai-je?
Moi qui suis baisse[330] pour un an,
Belle Rose,
Belle Rose au rosier blanc!
Combien gagnez vous, la belle?
Combien gagnez vous par an?
Belle Rose
Belle Rose au rosier blanc!
Je gagne bien cent pistoles
Cent pistoles en argent blanc
Belle Rose
Belle Rose au rosier blanc.
Venez avec moi, ma belle,
Vous en aurez bien autant
Belle Rose
Belle Rose au rosier blanc.
Je ne vais avec personne
Si l’on ne m’épouse avant
Belle Rose
Belle Rose au rosier blanc.
Si l’on ne me mène à l’église
Par devant tous mes parents
Belle Rose
Belle Rose au rosier blanc![331]
[330] Baisse--servant girl.
[331] There are many versions of this song to be found among the country people, I have compared this with five or six others, and it is, I think, the most generally received.
À LA CLAIRE FONTAINE.
À la claire fontaine
Dondaine, ma dondaine
Les mains me suis lavé
Dondaine ma lou-lou-la
Les mains me suis lavé,
Dondaine m’a dondé.
A la feuille d’un chêne
Dondaine, ma dondaine
Je les ai essuyées
Dondaine ma lou-lou-la
Je les ai essuyées
Dondaine m’a dondé.
À la plus haute branche
Dondaine, ma dondaine
Un rossignol chantait
Dondaine ma lou-lou-la
Un rossignol chantait
Dondaine m’a dondé.
Chante, rossignol, chante
Dondaine, ma dondaine,
Toi qui as le cœur gai
Dondaine ma lou-lou-la
Toi qui as le cœur gai
Dondaine m’a dondé.
Le mien n’est pas de mème
Dondaine, ma dondaine,
Il est bien affligé
Dondaine ma lou-lou-la
Il est bien affligé
Dondaine m’a dondé.
Pierre, mon ami Pierre,
Dondaine, ma dondaine,
À la guerre est allé
Dondaine ma lou-lou-la
A la guerre est allé
Dondaine m’a dondé.
Pour un bouton de rose
Dondaine, ma dondaine
Que je lui refusai
Dondaine ma lou-lou-la
Que je lui refusai
Dondaine m’a dondé.
Je voudrais que la rose
Dondaine, ma dondaine
Fut encore au rosier
Dondaine ma lou-lou-la
Fut encore au rosier
Dondaine m’a dondé.
Et que mon ami Pierre
Dondaine, ma dondaine
Fut ici à m’aimer
Dondaine ma lou-lou-la
Fut ici à m’aimer
Dondaine m’a, dondé.
QUI VEUT OUÏR.
Qui veut ouïr, qui veut savoir } bis.
Comment les maris aiment? }
Ils aiment si brutalement
Ils sont de si brutales gens,
Qu’on les entend toujours disant
(Parlé) “Ah Madame allez gardez
Le ménage et les enfants!”
Fal-la-la.
Qui veut ouïr, qui veut savoir } bis.
Comment les filles aiment? }
Elles aiment si discrètement
Elles sont de si discrètes gens,
Qu’on les entend toujours disant
(Parlé) “Ah Monsieur ne parlez pas si haut
Car Maman nous entendra.”
Fal-la-la.
Qui veut ouïr, qui veut savoir } bis.
Comment les veuves aiment? }
Elles aiment si sensiblement
Elles sont de si sensibles gens,
Qu’on les entend toujours disant
(Parlé) “Ah! le beau jeune homme!
Comme il ressemble à feu mon mari.”
Fal-la-la.
Qui veut ouïr, qui veut savoir } bis.
Comment les soldats aiment? }
Ils aiment si cavalièrement
Ils sont de si cavaliers gens
Qu’on les entend toujours disant
(Parlé) “Ah! Madame m’aimez vous?
Ne m’aimez vous pas? dictes moi,
Car il me faut rejoindre mon régiment.”
Fal-la-la.
Qui veut ouïr, qui veut savoir } bis.
Comment les Français aiment? }
Ils aiment si frivolement
Ils sont de si frivoles gens,
Qu’on les entend toujours disant
(Parlé) “Ah! Madame depuis que je vous ai vue
Je ne songe qu’a vous!”
Fal-la-la.
Qui veut ouïr, qui veut savoir } bis.
Comment les Anglais aiment? }
Ils aiment si stupidement
Ils sont si stupides gens
Qu’on les entend toujours disant
(Parlé) “Tantôt la chasse, tantôt la
Gazette, tantôt l’amour!”
Fal-la-la.
Qui veut ouïr, qui veut savoir } bis.
Comment les Guernesiais aiment? }
Ils aiment si prudemment,
Ils sont de si prudents gens
Qu’on les entends toujours disant
(Parlé) “Mademoiselle a-t’elle de l’argent!”
Fal-la-la.
I have to thank Mr. J. T. R. de Havilland, of Havilland Hall, for kindly supplying me with a copy of this song.
MARGUERITE S’EST ASSISE.
Marguerite s’est assise--Tra-la-la.
À l’ombre d’un rocher
À son plaisir écoute--Tra-la-la
Les mariniers chanter,
Tra-la-la. Tra-la-la.
Elle fit un’ rencontre--Tra-la-la
De trente matelots
Le plus jeune des trente--Tra-la-la.
Il se mit à chanter.
Tra-la-la. Tra-la-la.
Qu’avez vous la belle--Tra-la-la.
Qu’avez vous a pleurer?
Je pleure mon anneau d’or--Tra-la-la.
Qui dans la mer est tombé
Tra-la-la. Tra-la-la.
Que donnerez-vous la belle--Tra-la-la
À qui le pêcherait?
Un baiser sur la bouche--Tra-la-la.
Ou deux s’il fallait
Tra-la-la. Tra-la-la.
Le galant se dépouille--Tra-la-la.
Dans la mer a plongé
La première fois qu’il plonge--Tra-la-la
Il n’en a rien apporté
Tra-la-la. Tra-la-la.
La seconde fois qu’il plonge--Tra-la-la
Les cloches vont ric-tin-té
La troisième fois qu’il plonge--Tra-la-la.
Le galant s’est noyé!
Tra-la-la. Tra-la-la.
Nous l’ferons enterrer--Tra-la-la
Et puis dessus sa tombe
Un rosmarin planter--Tra-la-la.
Sur ce pauvre jeune homme!
Tra-la-la. Tra-la-la.
Nous dirons à sa mère--Tra-la-la
Qu’il s’est embarqué
Sur un vaisseau de guerre--Tra-la-la.
Qui de loin est allé!
Tra-la-la. Tra-la-la.
LA MEUNIÈRE.
Je vais épouser la Meunière
Dont on voit le moulin là bas
Mais j’aime une pauvre bergère
Comprenez-vous mon embarras,
Ma Fanchette est si jolie
Mais la Meunière a du bien
S’il faut faire une folie
Que cela ne soit pas pour rien.
Bah! j’épouserai la Meunière
Qui me fait toujours les yeux doux
En me disant “Beau petit Pierre
Mais quand donc nous marierons nous?”
Un instant--n’allons pas si vite,
Suis je bien certain d’être heureux
Avec la femme du moulin
Dont je ne suis pas amoureux?
Il s’agit de mariage
C’est hélas! pour plus d’un jour,
Oui! mais pour vivre en ménage
C’est bien maigre de l’amour!
Bah! j’épouserai la Meunière
Qui me fait toujours les yeux doux
En me disant “Beau petit Pierre
Mais quand donc nous marierons nous?”
Cependant mon cœur s’inquiète
Et me dit que c’est mal à moi
De trahir la pauvre Fanchette
À qui j’avais donné ma foi
Elle est si tendre et si bonne
Comme son cœur va souffrir.
Hélas! si je l’abandonne
Elle est capable d’en mourir
Ma foi! tant pis pour la Meunière,
Je ne serai pas son époux
Qu’elle dise “Beau petit Pierre!
Petit Pierre n’est pas pour vous?”
LE GLANEUR.
Sur nos grands blès déjà le soleil brille
Quels lourds épis--en fût il de pareils!
Va! travaillons, vite, en main la faucille
Mais suivrez vous, suivrez vous mes conseils.
CHORUS:
Enfant, de chaque gerbe
Que mûrit le Seigneur
Laissez tomber dans l’herbe
Quelques épis pour le glâneur
Pensez au pauvre glâneur } bis
Faites le bien--vous porterez bonheur. }
Notre ministre dit que le bien qu’on donne
Est le meilleur qu’on pense récolter
Il dépose lorsqu’il disait aux hommes.
Donner aux pauvres, à Dieu n’est que prêter.
Chorus.--Enfant, etc.
Aux pauvres içi le peu qu’on abandonne
Dieu pour beaucoup ailleurs le comptera
Des grains donnés, la moisson sera bonne
Pour nous au Ciel, Dieu les centuplera.
Chorus.--Enfant, etc.
LES TROIS TAMBOURS.
Trois jeunes tambours, revenant de la guerre,
Le plus jeune des trois avait un bouquet de roses
Au ron-ron-ron-te-tan-plan.
La fille du roi étant par sa fenêtre
“Ah! jeune tambour, veux tu me donner tes roses?”
Au ron-ron-ron-te-tan-plan.
“Mes roses sont pour mon mariage
La fille du roi, veux tu être ma femme?”
Au ron-ron-ron-te-tan-plan.
“Và jeune tambour, demander à mon père”
“Sire le Roi, veux tu me donner ta fille?”
Au ron-ron-ron-te-tan-plan.
“Ah! jeune tambour dis moi qu’est tes richesses?”
“Mes richesses sont mes caisses[332] et mes balletes,[333]”
Au ron-ron-ron-te-tan-plan.
“Và! jeune tambour, demain je te ferai pendre”
“Six cent mille canons dans ce cas vont me défendre”
Au ron-ron-ron-te-tan plan.
“Ah! jeune tambour, dis moi qui est ton père?”
“Mon père il est le roi--le roi d’Angleterre!”
Au ron-ron-ron-te-tan-plan.
“Ah! jeune tambour, voudrais tu bien ma fille?”
“Ah! je m’en moque de vous et de votre fille,
Dans mon pays y’ en a de bien plus gentilles.”
Au ron-ron-ron-te-tan-plan.
SI J’AVAIS LE CHAPEAU.
Si j’avais le chapeau
Que ma mie m’avait donné
Mon chapeau est bel et beau
CHORUS:
Adieu ma mignonne
Adieu donc mes amours
Si j’avais la casaque[334]
Que ma mie m’avait donné
Ma casaque est zic et zac
Mon chapeau est bel et beau.
Chorus.--Adieu, etc.
Si j’avais le corselet
Que ma mie m’avait donné
Mon corselet est fort bien fait
Ma casaque est zic et zac,
Mon chapeau est bel et beau
Chorus.--Adieu, etc.
Si j’avais la cravate
Que ma mie m’avait donnée
Ma cravate est ric et rac
Mon corselet est fort bien fait
Ma casaque est zic et zac
Mon chapeau est bel et beau.
Chorus.--Adieu, etc.
Si j’avais la culotte
Que ma mie m’avait donnée
Mes culottes débotes[335] et botes,
Ma cravate est ric et rac,
Mon corselet est fort bien fait
Ma casaque est zic et zac,
Mon chapeau est bel et beau.
Chorus.--Adieu, etc.
Si j’avais les blancs bas
Que ma mie m’avait donnés
Mes blancs bas sont de damas,
Mes culottes débotes et botes,
Ma cravate est ric et rac
Mon corselet est fort bien fait,
Ma casaque est zic et zac,
Mon chapeau est bel est beau.
Chorus.--Adieu, etc.
Si j’avais les souliers
Que ma mie m’avait donnés
Mes souliers sont de cuir doux,
Mes blancs bas sont de damas,
Mes culottes débotes et botes,
Ma cravate est ric et rac,
Mon corselet est fort bien fait,
Ma casaque est zic et zac,
Et mon chapeau est bel et beau.
Chorus.--Adieu, etc.
[332] _Caisses_--Coffres.
[333] _Ballettes_--Petites Valises.
[334] _Casaque_--“Habillement qui est plus large qu’un juste-au-corps et qui se porte sur les épaules en forme de manteau.”--_Richelet._
[335] _Débotes_--Tirer les botes de quelqu’un.
VENEZ PEUPLES FIDÈLES.
Venez peuple fidèle pour entendre chanter
Un jeune militaire qui revient de la guerre,
Qui revient de la guerre, muni de son congé
En entrant dans son isle sa sœur l’a rencontré.
La sœur avec tendresse, de la joie qu’elle avait
Vint embrasser son frère, et lui donner des baisers
Le frère avec tendresse dit à sa chère sœur
Ne m’y fais pas connaître, garde cela dans ton cœur.
Et le jeun’ militaire tout de suite est allé.
Chercher son père et mère, en gardant son secret,
Bonjour Monsieur et Dame aurez vous chambre à louer
A un jeune militaire de la guerre retourné.
Ah oui! notre bon jeune homme, nous avons logement,
Sur le lit de notre fils, nous te ferons coucher
Les affaires de la guerre, tu nous raconteras
Le soir à la table, après avoir soupé.
Il donne à la dame son argent à garder,
Tenez ma très-chère dame, gardez moi cet argent,
C’est pour soulager les peines de mes parents,
Et la méchante femme de là s’en est allée.
Trouver son mari, lui dire, “C’est une fortune
Faut le tuer de suite, nous aurons son argent.”
Les deux méchants armés des gros couteaux
Ont trainé dans la cave son corps tout sanglant.
Le lendemain matin la pauvre fille arrive,
Ah! bon jour père et mère, je voudrais bien parler
A ce beau jeune militaire,
Que je vous ai amené.
La méchante mère, lui répond hardiment,
Mais que dis tu ma fille? Est ce de nos parents?
Ah! oui, ma très chère mère, c’est mon frère arrivé,
Il revint de la guerre, mon cœur en est content.
La cruelle mère, si tôt elle écria
J’ai égorgé ton frère, hélas! n’en parle pas.
Mais la fille tout de suite les fît être emmenés
Devant les justiciers, hélas! pour être jugés.
Les justiciers s’empressent de juger le procès
Et les condamnent, tous les deux d’être brulés
Oh vous pères et mères oyez ces malheurs
Que les biens de ce monde ne vous tiennent point au cœurs.
Par la barbarie et l’ambition d’argent,
Ces deux dans les flammes passent leurs derniers moments.[336]
[336] This legend, which is found with slight variations in the Folk-Lore of almost every European nation, seems to be deeply impressed on the older St. Martinais, in fact some say that the two rocks between Moulin Huet and Saints’ Bays, which look like two kneeling figures, are the petrified forms of the man and the woman, condemned there to kneel and expiate their crime till the end of the world.
JEAN, GROS JEAN.
Jean, gros Jean, marie sa fille,
Grosse et grasse et bien habile,
A un marchand de sabots,
Radinguette et radingot
CHORUS:
A un marchand de sabots
Radinguette et radingot.
Pour dîner ils eurent des peis
Entre quatre ils n’eurent que treis
Ah! dévinez si c’est trop
Radinguette et radingot.
Chorus.--A un, etc.
Pour souper ils eurent des prunes
Entre quatre ils n’en eurent qu’une
Et la quervaie d’un escargot
Radinguette et radingot.
Chorus.--A un, etc.
Ils firent faire une couachette
De deux secs buts de bûchette
Et l’oreiller d’un fagot
Radinguette et radingot
Chorus.--A un, etc.
Ils firent faire des courtines
Creyant que c’était mousseline
Mais c’était Calaminco
Radinguette et radingot.
Chorus.--A un, etc.[337]
I have concluded this chapter of Guernsey songs with this one, though it is of an entirely different style and class to any of the others, but the tune to which it is set, is said to be the national air of Guernsey.
When the Duke of Gloucester landed here on the 18th of September, 1817, this song, as the Guernsey National Air was struck up by the band which came to meet him; the militiamen, knowing the song, all burst out laughing, much to the astonishment of the Duke and his suite!
Radinguette et ra-din-got; À un marchand de sa-bots, Ra-dinguette et ra-din-got.]
[337] From Mrs. Kinnersly, to whom I am also indebted for the music.
The Clameur de Haro.
It has been suggested that the Clameur de Haro should be
included among the civic customs peculiar to the Channel
Islands. (See p.p. 59-77), so, as Sir Edgar MacCulloch had not
mentioned it in his MSS. I have ventured to include a short
description of it in the Appendix.
The “Clameur de Haro,” abolished in Normandy, A.D., 1583, is, perhaps, the most ancient and curious legal survival in the Channel Islands.
Should a Channel Islander consider his estate to be injured, or his rights to be infringed, by the action of another, in the presence of two witnesses he kneels on the ground and says:--
“Haro! Haro! Haro! à l’aide mon Prince! on me fait tort!” and he then repeats the Lord’s Prayer in French.
This formula, which is tantamount to an injunction to stay proceedings, causes all obnoxious practices to be suspended until the case has been tried in Court, when the party who is found to be in the wrong is condemned to a fine and a “Regard de Château,” which, in former times, meant a night’s imprisonment. All “Clameurs,” according to an ordonnance of October 1st, 1599, have to be registered at the Greffe within twenty-four hours, on penalty of being “convict en sa clameur,” and, should no proceedings be taken within a year of the clameur, it is considered to have lapsed.
An order of Queen Elizabeth relative to Guernsey, given at Richmond, October 9th, 1580, decides that “yt shall not be lawfull to appeale in anie cause criminell, or of correction, nor from the execution of anie order taken in their Courte of Chief Pleas, nor in cries of Haro.”[338]
One of the most important occasions on which this prerogative was used happened in the year 1850, when it was in contemplation to demolish the ancient fortifications of Castle Cornet, but the late Mr. Martin F. Tupper, who was then on a visit to Guernsey, had recourse to this form of appeal, and saved the oldest parts of the fortress from demolition. An extraordinary instance of a “Clameur” took place in the Church of Sark on the 14th of December, 1755. A great dispute had arisen between Dame Elizabeth Etienne, widow of Mr. Daniel Le Pelley, Seigneur of Sark, and the ecclesiastical authorities of Guernsey, as to in whose gift was the living of the Church of Sark. She appointed a Mr. Jean Févot to the Church, and when Mr. Pierre Levrier, who had been appointed by the Dean of Guernsey to this post, arrived in Sark to perform the service, he found Mr. Févot in the pulpit. He then and there, in the words of various scandalized eye-witnesses, “interjetta une Clameur de Haro, environ les deux heures d’après-midi, dans le tems qu’il avoit commencé à lire le service Divin.”[339] This of course led to many disputes, and for over a year Dame Le Pelley locked up the Church of Sark, and allowed no one to enter it. Finally, after much litigation, and threats of major excommunication from the Guernsey Ecclesiastical Court, the Bishop of Winchester intervened, Pierre Levrier was forcibly ejected from the island, and, in 1757, Mr. Cayeux Deschamps was given the living.
Four cases of “Clameurs” were registered between the years 1880-90, and an instance occurred as recently as 1902.
There has been much controversy as to the origin of the word “Haro.” Terrien, (_Coutûme de Normandie_, Edition 1684, p. 104), ascribes it to Rollo, Duke of Normandy, Ha-Ro, and says “La seule prononciation de son nom, même après tant de siècles a cette vertu, qu’elle engage ceux contre lesquels on s’en sert à cesser leurs entreprises et atenter rien au-de-là.” Laurence Carey, in his essay on the Laws and Customs of the Island, and all the other old writers say likewise, but modern philologists, such as Le Héricher and George Métivier have disputed this theory, and have resolved the word “Haro” into a “cri de charge,” which has survived as such in the English “Hurrah.” Froissart employs it frequently as the sound of combat: “Le _Haro_ commença à monter,” and, in the description of the battle of Bouvines, won from the Germans and English in 1214, by Guillaume Guiart, who died in 1306 we find:--
“La vois de nuls n’i est oïe
Fors des heraux qui _harou_ crient,
Et par le champ se crucefient
_Harou_, dient-ils, quel mortaille!
Quelle occision! quelle bataille!”[340]
[338] _Livres des Jugements, etc._, Vol. II., p. 16, (transcribed from British Museum, Lansdowne MSS., No. 155, fol. 426).
[339] From Colonel Ernest Le Pelley’s MSS.
[340] See _Dictionnaire Franco-Normand_, by G. Métivier, p. 280.
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Guernsey Folk LoreChapter XVIII: Guernsey Songs and Ballads
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