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Chapter I: Introduction: In the month of January last, I received the following letter

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Paris, December 24th, 1845.

MONSIEUR ALEXANDRE VATTEMARE,

Sir,

The undersigned young men, citizens of the United States of
America, now in Paris, have heard so much about the successful
realisation of your scheme of international exchanges between
France and their native land, that they are induced to take the
liberty of requesting from you a narration of the results of your
indefatigable exertions in the cause of science during the past
twelve months. They avail themselves of the occasion to testify
their gratitude for your desinterested toil and the high respect
with which they have the honor to subscribe themselves,

Your very obedient and humble servants,

BENJ. PERLEY POORE, of Massachusetts.
W. C. ALLAn, of Kentucky.
F. S. AINSWORTH, M. D., of Massachusetts.
J. HUNT, of Massachusetts.
BENJ. APTHORP GOULD, of Massachusetts.
EDWARD MONROE, of New-York.
JAMES M. HOPPIN, of Rhode-Island.
GEO. H. HALL, of North-Carolina.
BENJ. CHAMPNEY, of Massachusetts.
HENRY WILLARD, of Massachusetts.
W. J. PARKERSON, of Massachusetts.
H. H. J. GIBSON, of New-York.
SAMUEL WANSLOW, New-York.
GEO. C. MASON, Rhode-Island.
JNO. C. MARTIN, New-York.
FLELCHER DERBY, New-York.
J. SUMNER, Massachusetts.
HENDERSON POPE, So. Carolina.
J.-S. HARRIS, Mississipi.
THOMAS DUSTIN, Indiana.
E. HARTSHORN, Pennsylvania.
JOHN S. MILLER, Pennsylvania.
J. C. CROSS, Kentucky.
NORWOOD PENROSE, New-Jersey.
MORTON STILLE, Pennsylvania.
GEO. CATLIN, New-York.

Considering myself highly honored by this kind invitation, I felt it necessary to endeavour at once to gratify a desire expressed in such flattering terms.

But, after mature reflection, I resolved to confine myself to the publication of official documents; and it was again necessary to choose from these on account of my limits. I have thus been prevented from publishing letters of the honorable president of the Court of accounts; the director of the King's library; the secretary of the society for the encouragement of silk culture; the president of the Royal academy of Rouen; the perpetual secretaries of the Royal and central agricultural society; of the academy of science, of the academy of moral and political science. All these letters were accompanied by documents and books which have been faithfully transmitted to their respective destinations in the United States.

It can be easily understood, that, obliged even to reduce the number of documents which each testified to the positive results of the system of exchanges, I have entirely omitted those which merely contain promises. In the present state of things, I can only with propriety present the public with accomplished facts.

Why should I add any reflection to these authentic documents which I publish? It does not become me to tell the care and anxiety which the already acquired results have cost me. As for the kindness and liberality of which so many proofs have been given me both in France and America, it is visible enough through this publication. If, on this occasion, I express my unbounded gratitude, I cannot nevertheless forget that these favors have been granted less to my exertions than in consequence of the hopes thereby created, and the ends foreseen.

I hope that this pamphlet will not be without fruit. From what has been done, we can judge of what may be done, and inspired by the confidence imparted by the success of the three past years, I confidently trust that these facts will give the system of exchange a new impulse.

For this reason, I have determined to conclude the publication by the instructions prepared by the administrative professors of the Museum of natural history. Our American Brethren will be kind enough to follow the advice of these literati in prosecuting their researches, and sending their fruits.

I beg leave to recommend them to the particular attention of those societies and gentlemen in the new world who make natural history a special study.

The French and English languages being so familiar to the two nations, I thought it better to keep the following Documents in the language they were writt, fearing they might lose their originalety by being translated.

Paris, may 1846.
A. VATTEMARE.

PRESENT STATE

OF THE

SYSTEM OF INTERNATIONAL LITERARY EXCHANGES

BETWEEN

FRANCE AND NORTH AMERICA.

EXTRACT _from the_ JOURNAL DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE (March 4. 1846.) (_Published under the auspices of the Department of public instruction_).

Nos lecteurs savent que M. le Ministre de l'instruction publique
a porté au budget soumis en ce moment à l'examen de la Chambre,
une somme de 3,000 francs destinée à acquitter les frais auxquels
donnera lieu le système d'échange de livres commencé par
l'entremise de M. Vattemare entre la France et les pays
étrangers.

La lettre suivante, adressée par M. Alexandre Vattemare à M. le
Ministre, est une histoire abrégée mais complète du système
d'échange de livres, d'objets d'art et d'histoire naturelle entre
les nations jusqu'au 7 août 1845. Nous livrons les faits qu'elle
révèle à l'appréciation de nos lecteurs. Nous devons ajouter
seulement que, depuis cette époque, les États de New-York, de la
Virginie, de l'Indiana, de l'Illinois, de Rhode-Island, le
gouvernement du Canada ont fait à M. Vattemare des envois qui ont
été répartis entre les diverses administrations et les
établissements scientifiques de Paris; en sorte qu'il faut
aujourd'hui porter le mouvement des échanges à plus de 7,000
volumes.

Nous savons de plus qu'un savant américain, M. Jewett, récemment
arrivé d'Allemagne, a affirmé à M. Vattemare qu'il a vu tout
préparé pour les échanges à Dresde, à Munich, à Berlin et à
Vienne; que les bibliothécaires de ces villes lui ont parlé des
promesses du système dont ils attendent impatiemment la
réalisation.

* * * * *

_A Son Excellence M. le comte de Salvandy, Ministre de
l'instruction publique._

En 1694, on échangea les livres doubles de la Bibliothèque royale
contre les livres nouveaux qui s'imprimaient dans les pays
étrangers. Cette sorte de commerce autorisé par les ordres exprès
du roi, et qui dura quelques années, ne laissa pas que de fournir
une assez grande quantité de bons livres, surtout d'Angleterre et
d'Allemagne.

En 1697, le P. Bouvet apporta 149 livres chinois en échange
desquels le roi donna le recueil de toutes ses estampes.

(_Essai historique sur la Biblioth. du Roi, p. 67._)

Colbert fit faire des copies de manuscrits pour les échanges.
C'est aussi par les ordres de Colbert qu'on fit un état des
livres doubles susceptibles d'être échangés contre d'autres qu'on
ne possédait pas.

(PAULIN, PARIS, _les Manuscrits franç. de la Bibl. du Roi_, p. 1.)

Monsieur le Ministre,

Autorisé par les exemples que je viens de citer, dans mes
démarches pour établir entre la France et les nations civilisées
des deux mondes des relations régulières et permanentes d'échange
de livres, d'objets d'arts et d'histoire naturelle, je
n'entreprendrai pas de développer ce que j'appellerai la théorie
de mon système. Je parlerai seulement des faits. Vous n'avez pas
besoin d'un commentaire des actes de Colbert et de Louis XIV, et
je n'ai pas besoin auprès de vous d'apologie. Ce que j'aurais
l'honneur de vous dire, vous le savez déjà; vous l'avez vu dans
les textes des _Manuscrits français_ et de l'_Essai historique_.
Je veux être ménager d'un temps que vous employez si utilement
pour l'éducation de la jeunesse et pour l'avancement des lettres.

Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de vous donner d'abord un
aperçu des doubles qui existent dans quelques bibliothèques de
l'étranger et de la France. C'est un essai de statistique qui fera
comprendre, mieux que tous les raisonnements, les profits que l'on
doit attendre des échanges. La bibliothèque de Munich a 200,000
doubles; celle d'Iéna, 12,000; celle de Saint-Pétersbourg, 54,000;
à Vienne, plus de 30,000 doubles, parmi lesquels un grand nombre
d'incunables, sont enfouis dans des magasins. A Vienne encore,
25,000 doubles encombrent la section d'entomologie du musée
brésilien. Breslau possède l'un des plus précieux manuscrits de
Froissart. On trouve à Munich le cinquième volume du roman des
_Quatre Fils Aymon_ dont les quatre premiers sont à la
bibliothèque de l'Arsenal; et à Bruxelles, dans la bibliothèque
de Bourgogne, des doubles de manuscrits précieux pour notre
histoire. En France, la bibliothèque de Metz contient plus de 500
doubles; celle de Douai, 250; celle de Colmar, 100; des matériaux
importants pour l'histoire de diverses villes sont réunis dans la
bibliothèque d'Aix, assez indigente sur sa propre histoire: et
ainsi Lyon, Arles, Nantes sont privés de documents précieux pour
leurs anciennes annales. Les archives de la préfecture de Dijon
renferment des titres et des chartes du duché de Savoie, en
échange desquels le roi de Sardaigne nous donnerait tout ce que
nous voudrions.

J'avais reconnu cet état de choses pour l'Allemagne, pendant les
divers voyages que j'ai faits dans ce pays. J'en avais entretenu
des savants, des hommes d'État, les rois eux-mêmes. Voici ce que
m'écrivait à cette occasion M. P. Lichtenthaler, directeur de la
bibliothèque de Munich, le 22 janvier 1833.

«Vous vous souviendrez que dans nos entretiens je vous ai aussi
parlé de nos doubles dont nous gardons une immense quantité. Ne
vous serait-il pas possible, par vos relations à Paris, d'engager
l'administrateur des beaux-arts à entrer en échange avec notre
bibliothèque?»

Le 6 décembre de la même année, M. le comte Maurice de
Dietrichstein, directeur général du musée à Vienne, m'adressait
une lettre dont j'extrais le passage suivant:

«Soyez sûr que je ne négligerai ni le catalogue des doubles ni
celui des ouvrages dépareillés de la grande bibliothèque
impériale.»

«Le plan que vous m'avez communiqué de créer un système d'échange
de doubles, entre les différents cabinets de l'Europe mérite la
plus grande attention,» m'écrivait le 20 janvier 1834 M. le comte
de Brühl, intendant général des musées du royaume de Prusse,
«Soyez assuré de l'empressement que je mettrai à entrer dans vos
vues à cet égard aussitôt que l'établissement des médailles du
musée sera assez avancé pour permettre de reconnaître l'effectif
des doubles existant dans les différentes parties de l'Institut.»

D'autres lettres d'adhésions et d'encouragements m'ont été
écrites, le 1er août 1834, par M. le comte de Benkendorff, au
nom de l'empereur de Russie; en 1834 encore, par M. de Hauh, au
nom du roi de Danemark; le 13 janvier 1837, par M. le comte
d'Appony, ambassadeur d'Autriche; les 16 et 19 mai 1838, par MM.
Spring Rice et Poulett Thompson, ministres d'Angleterre; le 9
mars 1839, par M. le comte de Lowenhielm, ambassadeur de Suède.

Il résulte de cette correspondance, dont je serais heureux de
mettre les originaux sous les yeux de Votre Excellence, Monsieur
le Ministre, que partout mes ouvertures ont été accueillies avec
empressement; qu'en Bavière et en Autriche il a été donné à mon
plan un commencement d'exécution, c'est-à-dire qu'on s'est
préparé à entrer en échange aussitôt qu'il conviendra à la France
de consentir à ces relations de mutuelle bienveillance.

Je ne vous ai parlé que des assurances officielles de concours
qui m'ont été adressées. J'aurais pu y ajouter les nombreux
témoignages de sympathie que j'ai reçus de la part des écrivains,
des savants, des artistes les plus illustres; mais j'aurais été
trop long. Je suis prêt à vous soumettre à cet égard toutes les
justifications que vous pourrez désirer.

Dès 1835, j'étais revenu en France une première fois, et je
m'étais empressé d'écrire à M. le duc de Broglie, alors ministre
des affaires étrangères, au nom duquel il me fut répondu le 12
juin:

«L'utilité des travaux entrepris par M. Vattemare pour faciliter
les échanges ne paraît point contestable; et le ministre des
affaires étrangères saisira la plus prochaine occasion pour
entretenir son collègue le Ministre de l'instruction publique du
plan formé par M. Vattemare.»

M. Pelet de la Lozère, ministre de l'instruction publique en
1836, m'écrivait:

«En ce qui concerne ce projet, il est impossible que le
gouvernement n'en approuve entièrement la conception et qu'il ne
fasse en même temps tout ce qui dépendra de lui pour en favoriser
l'exécution. L'intérêt avec lequel les deux chambres et
l'administration se sont empressés de l'accueillir et de s'en
occuper ne saurait vous laisser de doute à cet égard. Il est un
sûr garant de l'importance que le gouvernement lui attribue et
des résultats qu'il en attend.»

L'intérêt des deux chambres, dont il est parlé dans cette lettre
de M. Pelet de la Lozère, s'était manifesté par une double
décision prise le 6 mars par la chambre des députés, par la
chambre des pairs, le 26. J'avais, au mois de novembre 1836,
adressé aux chambres une pétition dont les rapporteurs furent, à
la chambre des députés, M. de Guizard, au Luxembourg, M. le duc
de Fezensac. M. de Guizard avait dit dans son rapport que «la
commission ne pouvait méconnaître les résultats importants qu'on
devait raisonnablement se promettre de l'application du système
proposé; qu'elle y voyait l'avantage immense pour nos
bibliothèques, si pauvres en ouvrages étrangers, de se compléter
sous ce rapport au moyen de leurs doubles; et que, se bornât-on à
faire l'application de ces idées aux établissements nationaux, il
y aurait encore la promesse certaine d'une vie nouvelle pour nos
bibliothèques.» Le rapport de M. le duc de Fezensac n'avait pas
été moins favorable. «On peut compter, avait dit le noble
rapporteur, sur le concours loyal et éclairé des gouvernements
étrangers. M. Vattemare en a reçu plus d'une assurance; et déjà
des offres particulières d'échanges sont arrivées à la
Bibliothèque du roi. Le moment paraît favorable pour s'occuper
sérieusement de ce travail. On doit en espérer d'heureux
résultats auxquels M. Vattemare aura eu la gloire d'attacher son
nom.»

Et les deux chambres avaient, à l'unanimité de leurs membres
présents, renvoyé ma pétition à M. le Ministre de l'instruction
publique.

Cependant les affaires de l'État, les événements de la politique
détournèrent de la question des échanges l'attention du
gouvernement. Après trois ans de nouveaux travaux et de nouvelles
sollicitations, je me décidai à provoquer encore une fois le
concours des chambres législatives. Je présentai une seconde
pétition qui, comme la première, fut renvoyée au Ministre de
l'instruction publique avec l'assentiment du parlement tout
entier. Je ne citerai ici, pour abréger, aucun extrait ni des
rapports faits au nom de la commission des deux chambres, ni de
la lettre de M. Villemain en date du 31 août 1839, ni de celle de
M. Duchâtel en date du 14 août de la même année. Qu'il me suffise
de dire à Votre Excellence que c'étaient les mêmes félicitations,
les mêmes encouragements, les mêmes promesses.

C'est alors qu'un honorable député, que j'avais eu l'honneur
d'entretenir quelquefois de mes idées, de mes travaux, de mes
espérances, me conseilla d'aller aux États-Unis pour y préparer
le terrain, comme je l'avais fait en Allemagne, en Angleterre, en
Russie. La tâche était laborieuse, difficile; je ne me le
dissimulai pas; mais les résultats devaient être féconds. Si
l'Amérique a peu de livres à nous donner, elle peut nous fournir
un très-grand nombre d'admirables échantillons pour nos
collections de minéralogie, d'entomologie, de botanique, etc.
Elle s'est d'ailleurs occupée avec succès de l'application des
sciences et des arts à l'industrie. C'est, en un mot, une nature
et une civilisation différentes des nôtres. Je partis.

Embarqué au Havre le 20 octobre 1839, j'arrivai à New-York le 29
novembre. En Europe j'avais recueilli le suffrage des savants,
des publicistes, des hommes d'État, un à un, dans la solitude et
la paix du cabinet. Je m'adressais à des esprits éclairés, à des
intelligences exercées à méditer sur les avantages de l'étude et
sur les voies de la civilisation. En Amérique j'ai eu affaire à
des corps législatifs, à des assemblées populaires. J'ai
développé mon système dans l'agitation contenue des meetings.

Je ne veux vous exposer, Monsieur le Ministre, que les résultats
dont j'ai entre les mains les preuves authentiques, officielles.
Je n'essaierai donc pas de vous montrer la jeunesse de New-York,
de Boston, de Baltimore, du Canada, s'associant puissamment à mes
efforts par des résolutions délibérées en assemblée publique;
pourtant vous seriez touché, j'en suis certain, de la voir à
Montréal voter une messe solennelle avec _Te Deum_ d'actions de
grâces. Je ne vous dirai pas davantage que toutes les opinions,
tous les cultes se sont réunis pour m'entendre, pour me seconder,
pour me soutenir; que des associations ont été formées dans
l'unique but d'appliquer mes idées; que des établissements
scientifiques ont été créés. Plus tard vous voudrez peut-être
vous faire rendre compte des faits que j'ai négligés pour être
plus bref. Je serai toujours à vos ordres, Monsieur le Ministre.

C'est l'État de la Louisiane qui, le premier, a consacré mon
système par une mesure législative. Le 26 mars 1840, le sénat
décidait «qu'une somme de 3,000 piastres serait mise à la
disposition du gouverneur, du secrétaire d'État et de trois
personnes nommées annuellement par le gouverneur et le sénat,
afin d'être employée par eux ou par une majorité d'entre eux à
procurer les curiosités que renferme la Louisiane, tant en objets
d'art que de science ou autres, pour établir avec les musées et
les bibliothèques de l'Europe les premières communications et les
premières opérations d'échange.»

Quelques mois après, à l'autre extrémité de l'Union, l'État du
Maine suivait l'exemple donné par la Louisiane. La législature
votait cinquante exemplaires de chaque volume des lois,
résolutions et documents publics, et 1,000 dollars (5,000 fr.)
qui devaient être employés à recueillir des spécimens d'histoire
naturelle et des productions des arts utiles pour les échanger,
sous la direction du gouverneur.

Le bill du congrès américain a été rendu les 10 et 17 juillet
1840. Le voici textuellement: 1º Le bibliothécaire, avec
l'autorisation du comité de la bibliothèque, pourra échanger tous
les doubles qui se trouvent dans la bibliothèque; 2º il est
autorisé également à échanger les documents; 3º à compter de ce
jour, cinquante exemplaires de chaque volume des documents,
publiés par ordre des deux chambres, seront imprimés et reliés
pour être échangés avec les puissances étrangères.

Au Canada, par une loi du conseil spécial, approuvée par le
gouverneur général, le 6 février 1841, 50,000 livres sterling
(1,250,000 fr.) ont été votées pour subvenir aux frais de
construction d'un édifice dans lequel se trouveraient réunis un
musée, une bibliothèque, un cabinet d'histoire naturelle, une
grande salle pour les réunions publiques, et dans laquelle se
tiendraient les séances des Sociétés scientifiques, formant ainsi
un Institut, d'après les plans suggérés par M. Alexandre
Vattemare.

Avec ces bills et ces résolutions, dont des copies authentiques
m'ont été remises officiellement, j'ai rapporté en France plus de
1,200 volumes, des cartes géographiques, des herbiers, et un
morceau de fer oxydulé des montagnes du Missouri, que j'ai
distribués entre les divers ministères, les bibliothèques des
deux chambres, de la ville de Paris, de l'Académie des sciences,
etc. M. Dufrénoy m'a fait l'honneur de m'écrire au sujet du
morceau de fer que j'avais offert à l'École des mines: «Je vous
remercie au nom de l'École de ce magnifique échantillon. Malgré
ses dimensions presque gigantesques, plus de 0,66 de diamètre, il
est pur dans toutes ses parties.... Outre son intérêt sous le
rapport minéralogique, l'envoi de M. le sénateur Lynn est
précieux pour nous parce qu'il commence le système d'échange que
vous avez cherché à établir entre toutes les nations de l'ancien
et du nouveau continent, et qui peut seul permettre aux
collections d'histoire naturelle de se compléter.»

De ce moment, en effet, Monsieur le Ministre, le système
d'échange était établi. L'Amérique était venue au-devant de la
France; et la France l'avait accueillie avec empressement.
Quoique abandonné à mes propres forces, j'ai entretenu avec
quelques succès les relations que j'avais eu le bonheur de nouer
entre les deux nations. De l'époque de mon retour à Paris jusqu'à
présent, il y a eu un mouvement d'échange qui peut se calculer de
la manière suivante:

6,000 volumes,
316 cartes géographiques,
240 gravures,
150 médailles,
2 plans en relief,
5 caisses de minéraux,
Des herbiers.

Une personne, que sa position m'autorise à croire bien informée,
m'a affirmé que le commerce de la librairie avait ressenti
utilement l'influence de ces échanges, qu'il s'en était accru
d'une manière notable. Je n'en sais rien; mais il m'a semblé que
je devais vous soumettre cette observation dont je n'ai pas eu le
temps de chercher la preuve, et qu'ainsi je ne puis garantir.
Toutefois, j'ajouterai qu'elle a pour moi un grand caractère de
probabilité, et que je l'avais depuis longtemps pressentie.

Les ministères et les administrations publiques sont entrés pour
la plus grande part dans ce mouvement; mais il est de mon devoir
de dire que ni écrivain, ni publiciste, ni artiste ne m'ont
refusé leur concours; et parmi ceux qui m'ont encouragé par leurs
présents, je compte les membres les plus illustres des deux
chambres législatives.

Dans la séance du 21 mai 1842, la chambre des députés, sur la
proposition de son bibliothécaire, a ajouté à son budget une
somme de 3,000 fr. pour les échanges; et le 14 novembre de la
même année, M. Carrey, bibliothécaire de la chambre des pairs,
m'a annoncé que M. le grand référendaire lui avait ordonné de
tenir à ma disposition 120 volumes de documents émanés de la
pairie pour le sénat des États-Unis. Par plusieurs délibérations,
dont la première est du 21 décembre 1842, le conseil municipal de
la ville de Paris est entré en relation d'échanges avec les
principales villes de l'Union américaine, New-York, Boston,
Baltimore, Washington, etc.

De leur côté les États du Maine et du Massachusetts ont, par des
bills en date du 22 mars 1844 et 7 février 1845, voté chacun une
somme de 300 dollars (1,500 fr.) pour les frais des échanges; et
un acte de la législature du Michigan (12 mars 1844) ordonne que
l'ingénieur en chef de l'État recherche les doubles qui existent
dans les collections d'histoire naturelle de l'Université, qui
sont sous sa direction, et qu'il en fasse un rapport dans la plus
prochaine session de la législature.

Ce ne sont là, Monsieur le Ministre, que les faits les plus
saillants qui se sont produits dans ces dernières années et
depuis mon retour d'Amérique. Je pourrais en soumettre beaucoup
d'autres à l'appréciation de Votre Excellence; mais j'en ai dit
assez pour justifier votre bienveillant intérêt si vous daignez
me l'accorder, et je craindrais d'abuser du temps que vous voulez
bien me donner si j'insistais davantage.

Vous voyez, Monsieur le Ministre, que l'impulsion est donnée; que
le mouvement des échanges est accepté, encouragé par le zèle des
particuliers et par le concours de la puissance publique; que le
système d'échange tend à devenir ce qu'il doit être, un lien
intellectuel entre les nations, un instrument de civilisation et
de progrès. C'est aujourd'hui plus qu'une idée, une théorie;
c'est un fait. On peut en mesurer dès à présent la portée pour
l'instruction des peuples, pour l'avancement des sciences, pour
le bien de l'humanité. Croyez, Monsieur le Ministre, que si tant
de personnages éminents, tant de pouvoirs publics se sont montrés
accessibles à mes sollicitations, c'est qu'il y a une sorte de
conscience universelle qui s'attache à l'accomplissement de mon
oeuvre comme à une espérance de grandeur et de gloire pour les
nations.

J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect,
Monsieur le Ministre,
De Votre Excellence,
Le très-humble et très-obéissant serviteur,

ALEXANDRE VATTEMARE.

* * * * *

_Pièces jointes à la pétition de M. Vattemare._

Traduction du Document officiel qui accompagnait les 64 volumes
présentés le 19 février à S. E. M. le Ministre de l'instruction
publique au nom de l'État de l'Indiana.

_Résolution adoptée par les deux chambres législatives de l'État
d'Indiana, relative aux échanges internationaux._

Attendu qu'un système d'échange scientifique et littéraire entre
les nations a été conçu par Alexandre Vattemare, citoyen
distingué en France, et réalisé avec succès par des échanges de
précieux ouvrages, cartes, objets d'histoire naturelle, etc.,
faits entre la France et les États-Unis;

Attendu qu'un tel système de bon vouloir et de courtoisie entre
les nations ne peut que servir les intérêts de la religion, de la
morale, de la littérature et des arts, et qu'il tend à faire de
toutes les nations civilisées un corps de travailleurs attentifs
à leur avancement mutuel; pour ces causes:

Il est résolu par l'assemblée générale de l'État d'Indiana que le
secrétaire d'État est par les présentes autorisé et invité à
faire rechercher dans les archives publiques et relier d'une
manière convenable et durable, huit collections de toutes les
lois publiques et particulières, résolutions et documents
législatifs, publiés par ordre de l'État, ainsi que des
exemplaires des rapports de Blackfort, du rapport de l'ingénieur
des mines de l'État et de l'histoire d'Indiana et de les
transmettre audit sieur Alexandre Vattemare pour être distribués
par lui ainsi qu'il suit: 1º aux chambres législatives de France;
2º au ministère de l'instruction publique; 3º au ministère de la
justice; 4º au ministère de l'intérieur; 5º au ministère de la
marine; 6º au ministère de l'agriculture et du commerce; 7º au
conseil municipal de la ville de Paris; 8º à l'Académie des
sciences morales et politiques. Chacune desquelles collections
devra être accompagnée d'une copie, dûment certifiée, de cette
résolution.

Le secrétaire d'État est, en outre, invité par les présentes à
transmettre annuellement, ainsi qu'il a été ordonné ci-dessus,
toutes les lois publiques et particulières, documents, etc.,
jusqu'à ce qu'il en soit ordonné autrement par la législature; et
les frais nécessaires pour la réalisation des échanges seront
pris sur le contingent et ordonnancés par l'autorité légale.

A.-L. ROBINSON,
_Président de la chambre des représentants._

JESSE D. BRIGHT,
_Président du sénat._

Approuvé
15 janvier 1844,
JAMES WHITE.

Je soussigné, John H. Thompson, secrétaire d'État, certifie que
cette copie de la résolution ci-dessus est en tout conforme à
l'original inscrit sur le registre conservé dans ce bureau. En
foi de quoi je l'ai signé et y ai fait apposer le sceau de
l'État.

Fait à Indianopolis, le premier jour d'août de l'an de Notre
Seigneur 1844, la trentième année de l'État et de l'indépendance
des États-Unis la soixante-dixième.

JOHN H. THOMPSON,
_Secrétaire d'État._

_Lettre de lord Sydenham (Poulett Thomson), ministre du commerce
d'Angleterre et gouverneur général du Canada._

Maison du gouvernement, 13 décembre 1840.

Monsieur,

Ayant déjà eu l'occasion, en Europe, de vous témoigner
l'admiration que j'éprouvais, tant pour votre système d'échange
que pour le zèle que vous mettez à son perfectionnement, il est
presque superflu de vous le répéter; mais je ne puis me refuser
le plaisir de vous en renouveler l'assurance depuis que j'ai vu
l'extension que vous lui avez donnée en Amérique, et surtout au
Canada.

Je ne voyais autrefois dans vos travaux qu'un moyen puissant
d'augmenter les richesses littéraires des divers pays, par
l'échange de leur superflu; mais je reconnais maintenant un but
encore plus noble et plus utile: vous servir du terrain neutre
des sciences et des arts pour faire taire les haines de race ou
de parti, et unir, par un lien commun, les hommes estimables que
des différences politiques ou personnelles ont trop longtemps
séparés.

Veuillez croire, Monsieur, que mes voeux les plus sincères
accompagnent vos efforts, et que je serais flatté de pouvoir leur
prêter mon faible appui. Votre triomphe sera celui de l'humanité.

Agréez l'assurance de mon sincère dévouement,

SYDENHAM.

* * * * *

_Traduction d'une lettre de M. T. W. Murdoch, secrétaire en chef
du gouvernement du Canada à M. Vattemare._

Montréal, 19 décembre 1840.

Monsieur,

Je reçois l'ordre du gouverneur général de vous informer que,
dans le but de favoriser le projet pour l'accomplissement duquel
vous êtes venu dans ce pays, c'est-à-dire l'échange, parmi toutes
les nations, des publications d'un intérêt général, Son
Excellence a ordonné au greffier du conseil spécial de mettre à
votre disposition un exemplaire complet des journaux du conseil
législatif et de la chambre d'assemblée de cette province, de
même que tout autre document public dont il aurait le double. Ces
documents, destinés par son Excellence à être présentés à la
chambre des députés et des pairs de France, vous seront adressés
où vous le désirerez, et au moment que vous jugerez le plus
convenable; et Son Excellence espère qu'en échange vous pourrez
obtenir pour ce pays un exemplaire des documents publiés par le
gouvernement français. _La commune origine des lois de ce pays et
du Bas-Canada, ainsi que la similitude de langage existant entre
les Français et une grande partie des habitants de cette
province, rendront un tel échange intéressant et avantageux._

* * * * *

_Traduction d'une lettre de M. A. T. Holmes, président de la
Société d'histoire naturelle de Montréal._

22 janvier 1841.

Monsieur,

Officiellement constitué comme Président de la Société d'histoire
naturelle, l'organe de la partie scientifique de notre
population, je ne puis vous laisser partir pour les pays où votre
présence se fait désirer, sans vous exprimer notre reconnaissance
pour les bienfaits immenses dont vous sont redevables cette ville
et ce pays. Vous êtes venu parmi nous étranger, dont le nom était
connu, il est vrai, lié qu'il était à cette grande idée
d'échanges internationaux, système de peu d'intérêt pour nous,
qui étions trop insignifiants pour y participer. La surprise et
l'incrédulité, quant au succès, furent donc les premières
émotions soulevées par votre proposition de rendre le Canada
partie intégrante de cette grande union nationale que vous avez
en partie établie dans l'ancien monde, et dans laquelle vous vous
efforcez, avec un zèle philanthropique et désintéressé, de faire
entrer le nouveau. Ces sentiments ont fait place à l'admiration,
lorsque, après avoir fait connaître vos plans, vous avez commencé
avec énergie et persévérance à engager la coopération des corps
publics et des individus, et à combattre les obstacles que les
circonstances malheureuses dans lesquelles se trouve ce pays ont
semés sur votre route. Vous avez enfin réussi, et, en nous
quittant, vous emportez la preuve de l'utilité de votre visite et
de votre résidence prolongée. Vos ardents désirs pour notre bien
vont être satisfaits, et nous espérons voir bientôt s'élever dans
notre ville un monument qui, sans porter le nom de Vattemare,
sera désigné comme son oeuvre aux générations futures. Vous aurez
ainsi créé les moyens d'unir le Canada avec les autres nations
dans le magnifique et bienveillant système d'échanges
internationaux, plan qui ne doit pas seulement être considéré
sous le point de vue commercial, mais comme un grand levier moral
qui resserrera les liens qui unissent les différentes nations de
la terre en une seule famille. _Le Canada_ ne manque, sous aucun
rapport, des richesses nécessaires pour venir au-devant des
offres de nos frères transatlantiques; car, quoiqu'il ne possède
aucun des trésors fruits d'une longue civilisation, comme des
antiquités, des ouvrages de littérature et d'arts, _les
productions naturelles de nos pays_, estimées comme elles le sont
en Europe, et qui ne demandent que de l'industrie pour être
rassemblées, seraient cependant tout à fait dignes d'être
échangées contre les livres, modèles et spécimens qui ne
manqueraient pas de nous être envoyés des plus anciennes
contrées. Je suis, etc.

* * * * *

_Lettre de monseigneur l'évêque de Montréal, Bas-Canada._

Montréal, 23 novembre.

Monsieur,

J'ai toujours considéré le genre humain comme ne formant qu'un
même corps, qui a pour membres toutes les nations du globe, et
pour âme la divine Providence qui préside à tous les événements
d'ici-bas. Un des grands bienfaits du christianisme est d'unir
intimement tous ces membres dispersés par toute la terre; et si
les passions humaines ne venaient pas rompre ces liens sacrés que
la religion tend sans cesse à former, tous les peuples ne
formeraient plus qu'un même peuple, ne seraient plus qu'une seule
et même famille dont Dieu serait le père.

Toute institution qui tendra à cimenter une union aussi parfaite
sera donc à mes yeux une oeuvre éminemment utile; voilà pourquoi
je ne puis m'empêcher de donner toute mon admiration à ce plan
par lequel vous travaillez à unir toutes les nations dans une
immense association de science, de lumière et d'industrie.

Par vos efforts, toutes ces richesses deviendront un trésor
commun où les plus pauvres pourront puiser avec abondance. Aussi,
nul doute que vous ne rencontriez de toutes parts la sympathie et
le concours le plus empressé; ce sont, du moins, les sentiments
qui animent à votre égard l'évêque de Montréal et son clergé.

Je prie Dieu, qui vous a déjà donné tant de succès, de vouloir
bien couronner par vous cette oeuvre excellente, dont toute la
gloire sera à lui et le profit au genre humain. Ce sera sans
doute pour vous une récompense telle que vous ne pouvez en
espérer une plus grande ici bas.

J'ai l'honneur d'être, etc.

IG., év. de Montréal.

In 1844, I addressed a memorial to the several members of the French cabinet, requesting their support; this memorial, somewhat similar to the above, to His Excellency count Salvandy, minister of public instruction, was supported by the following postscripts, from peers and deputies belonging to the several political parties.

PEERS.

Le zèle désintéressé de M. Vattemare, l'idée généreuse et grande
qu'il a conçue d'établir, entre les différents États de l'Europe
et de l'Amérique, un échange de livres et d'objets d'art, ont
mérité et obtenu à plusieurs reprises l'intérêt de la Chambre des
pairs, qui, dans sa dernière session, avait émis le voeu qu'une
Commission permanente fût instituée dans le but de régulariser et
de faciliter ces échanges.

Ces témoignages de haute sympathie ont été jusqu'à présent
stériles. Persuadés qu'il est digne de la France d'établir ainsi
la première un lien intellectuel entre les peuples des deux
continents, les soussignés recommandent avec la plus vive
instance la pétition de M. Vattemare.

Paris, le 25 février 1844.

MM.
Le comte DARU,
Le comte DE GRAMMONT,
C. DE VANDEUL,
M. BÉRENGER (de la Drôme),
H. PASSY,
Le baron DE MAREUIL,
C. PERRIER,
F. FAURE,
V. COUSIN,
Le lieutenant général baron DARIULE,
Le lieutenant général baron GOURGAUD,
Le duc DE FEZENSAC,
PERSIL,
Le vicomte SÉGUR-LAMOIGNON,
Le baron DE SAINT-DIDIER,
KÉRATRY,
Le général BAUDRAN,
Le comte BEUGNOT,
Le comte TASCHER,
Le lieutenant général DE CUBIÈRES,
LE BRUN,
Le comte DE PORTALIS,
Le baron DE BUSSIÈRE,
Le baron DE BARANTE,
Le marquis BARTHÉLEMY,
Le marquis D'AUDIFFRET,
Le général comte DE MONTESQUIOU,
Le baron DE VANDEUVRE,
A. prince de WAGRAM,
Le comte DUROSNEL,
Le lieutenant général baron PELET,
J.-E. GAUTIER,
Le duc de PLAISANCE.

DÉPUTIES.

Les soussignés, bien pénétrés de l'avantage de consolider et
d'étendre, au point de vue de la science, de la littérature, des
arts, et aussi au profit de la civilisation, le système
d'échanges établi par M. Alexandre Vattemare entre la France et
les États-Unis, avec une intelligence, une persévérance et un
désintéressement dignes des plus grands éloges, prennent la
confiance de recommander de la manière la plus vive et la plus
instante la requête ci-jointe.

Les soussignés, en prêtant leur appui à cette demande,
s'associent, autant qu'il est en eux, à une grande pensée, à une
belle et noble tâche dans laquelle M. Vattemare a besoin d'être
encouragé et soutenu pour qu'il puisse la continuer et
entreprendre, avec les divers États de l'Europe, ce qu'il a si
heureusement tenté avec l'Amérique du nord.

Paris, le 28 février 1844.

MM.
BIGNON,
Le comte D'ANGEVILLE,
ARMEZ,
Le général BELLONET,
Le lieutenant général baron DE BERTHOIS,
Le baron BOISSY-D'ANGLAS,
DE CARNÉ,
CRÉMIEUX,
DALLOS,
A. DENIS,
DUGABÉ,
DUVERGIER DE HAURANNE,
DE L'ESPÉE,
DE LAFARELLE,
G. LAFAYETTE,
LE PRÉVOST,
J. DE LASTEYRIE,
LEDRU-ROLLIN,
CHAPUYS DE MONTLAVILLE,
F. BARROT,
G. DE BEAUMONT,
BILLAULT,
AD. CHASLES,
C. CLÉMENT,
DE CORMENIN,
VIVIEN,
ESTANCELIN,
Le comte D'ETCHEGOYEN,
ETIENNE,
FULCHIRON,
Le comte DE GASPARIN,
E. DE GIRARDIN,
DE GOLBÉRY,
A. GOUIN,
V. GRANDIN,
Le comte D'HAUTERIVE,
Le général comte D'HOUDETOT,
LACROSSE,
Le baron LADOUCETTE,
Le vicomte DARU,
Le vicomte N. DE MONTESQUIOU,
ODILON BARROT,
C. DE RÉMUSAT,
Le comte ROGER,
SAINT-MARC-GIRARDIN,
DE SAINT-PRIEST,
L. TALABOT,
A. DE TOCQUEVILLE,
DE TRACY,
TUEUX,
J. VATOUT,
VITET,
SAINT-ALBIN.

* * * * *

_Extract from the report on the Budget for 1847, presented april
15th 1846 to the chamber of deputies, by M. Bignon, chairman of
the committee of the budget. Read and passed May 26._

CHAMBRE DES DEPUTÉS (Session 1846.)

CHAPITRE XIX.

_Service des bibliothèques publiques_, 170,223 francs.

Une dépense nouvelle de 3,000 fr. est introduite dans ce
chapitre; elle couvre, sous un faible chiffre, une question
importante, celle des échanges de publications littéraires,
scientifiques et artistiques avec l'étranger. Quel que soit le
bénéfice que nous attendions du développement de cette pensée,
nous ne vous exprimerions pas la nôtre si elle devait engager
l'État dans des dépenses de quelque importance; mais,
heureusement, votre commission n'éprouve aucun embarras à cet
égard, car il ne peut être question que de quelques frais
d'emballage et de transport. Nous ne pouvons que féliciter M. le
ministre de l'instruction publique d'avoir compris tout
l'avantage que pouvait recueillir le pays d'un vaste système
d'échange et de chercher à en réaliser le bienfait en plaçant
cette opération sous son patronage. Que d'ouvrages restent
enfouis dans les dépôts publics, dans les divers ministères, aux
archives des chambres législatives, qui proviennent des
publications et des souscriptions, qui n'ont aucune valeur pour
la France, parce que toutes les bibliothèques les possèdent, et
que les collections étrangères accepteraient avec empressement et
recueilleraient avec soin et réciproquement. Si nous devons en
juger par quelques essais tentés avec les États-Unis, ces
propositions d'échanges, étendues à tous les États civilisés, se
trouvent bien accueillies, car, presque partout l'Union
américaine a témoigné, par son empressement à répondre à cet
appel et par sa libéralité, et nous dirons presque par sa
magnificence, de l'intérêt qu'elle portait à ces communications
de la pensée, qui ne peuvent que fortifier les bons rapports qui
existent entre eux et nous.

Nous vous proposons d'accorder le crédit de 3,000 fr. qui vous
est demandé, et d'inviter M. le ministre à donner à sa pensée
tout le développement qu'elle comporte.

* * * * *

_From the minister of public works._

27 juin 1844.

Monsieur,

J'ai reçu votre lettre, en date du mois dernier, par laquelle
vous demandez, pour l'Institut national, et pour les États du
Maine et du Massachusetts, en retour de divers dons faits à
l'École des mines, trois exemplaires de la carte géologique de la
France.

Je me fais un plaisir de vous annoncer que je viens d'inviter M.
l'ingénieur en chef des mines Dufrénoy à faire préparer et à vous
adresser, pour la destination indiquée dans votre lettre, trois
exemplaires de la carte et du premier volume de texte, le seul
qui ait paru jusqu'ici.

Recevez, etc.,

_Le ministre secrétaire d'État des travaux publics_,
S. DUMON.

* * * * *

_From the same._

18 décembre 1844.

Monsieur,

En réponse à votre lettre du 3 de ce mois, je vous adresse, pour
l'Institut national des États-Unis d'Amérique, un exemplaire de
la médaille frappée en commémoration de la loi du 11 juin 1842,
qui a classé les grandes lignes des chemins de fer du royaume.

Recevez, etc.

_Le ministre des travaux publics_,
S. DUMON.

* * * * *

_From the minister of agriculture and commerce._

25 décembre 1844.

Monsieur,

J'ai reçu, par votre intermédiaire, les lettres de MM. les
secrétaires d'État de la Pensylvanie et du Massachusetts,
m'accusant réception des collections de la Statistique générale
de France, que je leur ai adressées à votre demande.

Je m'empresse de leur envoyer deux nouveaux volumes de ce grand
ouvrage; et je vous prie de prendre les précautions nécessaires
pour qu'ils leur parviennent; car le petit nombre d'exemplaires
de cette continuation du travail général en fait des livres rares
qu'on ne pourrait remplacer.

Je suis bien aise d'apprendre, Monsieur, que les États-Unis
apprécient, ainsi qu'on le fait ici, les soins nombreux et
persévérants, que vous prenez pour l'échange, entre les deux
pays, des travaux qui peuvent étendre le domaine des
connaissances utiles à l'amélioration de la société.

Recevez, etc.

_Le ministre de l'agriculture et du commerce._

Pour le ministre:
_Le conseiller d'État secrétaire général_,
CAMILLE PAGANEL.

* * * * *

_From H. E. the keeper of the seals, minister of justice and
religious worship._

Paris, janvier 1845.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous adresser, suivant la demande que vous m'en
avez faite, cinq exemplaires de chacun des comptes généraux de
l'administration de la justice criminelle et de la justice civile
et commerciale en France pendant l'année 1843.

Ces exemplaires sont destinés l'un au congrès des États-Unis, les
autres aux États de New-York, de Pensylvanie, de la Louisiane et
du Missouri.

Je vous serai infiniment obligé de vouloir bien, en transmettant
ces comptes, interposer vos bons offices pour me procurer les
documents de même nature qui seraient recueillis et publiés dans
les États de l'Union.

Recevez, etc.,

_Le garde des sceaux ministre de la justice et des cultes._

Par autorisation:
_Le maître des requêtes directeur_,
MEILHEURAT.

* * * * *

_From the honorable count de Rambuteau, prefect of the Seine._

Paris, le 20 février 1845.

Monsieur,

J'ai reçu avec la lettre que vous m'avez fait l'honneur de
m'adresser le 17 janvier dernier, les ouvrages dont la ville de
Baltimore a bien voulu faire hommage à la ville de Paris.

Suivant votre désir, j'ai mis sous les yeux du conseil municipal
le présent qui lui est offert ainsi que la lettre de M. le maire
de Baltimore. Les sentiments qui y sont exprimés ont été
dignement appréciés et je me fais un plaisir de vous rappeler
tout l'intérêt que j'attache aux témoignages de sympathie que
reçoit la ville de Paris.

Recevez, etc.

* * * * *

_From H. E. the minister of marine and the colonies._

Paris, le 22 février 1845.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous donner avis que, pour vous procurer des
facilités dans les échanges de livres, entre les États-Unis et la
France, et conformément à la demande que vous m'en avez faite,
j'ai prévenu M. le commissaire général, chef de la marine au
Havre, que je vous autorisais à lui adresser les ballots de
livres que vous auriez à faire passer de France aux États-Unis.

M. le commissaire général m'a répondu qu'il a donné des ordres
pour que ces ballots soient reçus et emmagasinés au Havre; et il
s'entendra avec vous pour les expédier vers leur destination, à
mesure que les occasions viendront à se présenter.

Recevez, etc.

_Le vice-amiral, pair de France, secrétaire d'État de la marine
et des colonies_,
Baron DE MACKAU.

* * * * *

_From the professors, administrators of the Museum of natural
history._

Paris, le 28 février 1845.

Monsieur,

L'administration du muséum vous remercie des soins que vous avez
bien voulu donner à la réception de deux caisses de géologie et
minéralogie et d'un exemplaire de la géologie de Jackson offert
au muséum par l'État du Maine.

Vous savez que trois exemplaires des archives du muséum, que M.
le ministre de l'instruction publique avait bien voulu, sur notre
demande, accorder à plusieurs états de l'union américaine, ont
été adressés par lui immédiatement, et, à ce qu'il paraît, à
d'autres établissements que ceux que nous avions indiqués. Déjà
nous avons signalé cette erreur à M. le ministre et nous avons
demandé qu'elle fût rectifiée, s'il était encore possible,
d'après l'état des exemplaires en disponibilité au ministère.
Nous n'avons pas encore reçu de réponse et nous comptons faire de
nouvelles démarches à ce sujet.

On achève en ce moment l'impression des nouvelles instructions
pour la récolte et la préparation des objets d'histoire
naturelle. Dès qu'elle sera achevée, nous vous en adresserons
quelques exemplaires pour les transmettre à vos correspondants
d'Amérique.

Recevez, etc.

_Les professeurs administrateurs du muséum._

_Le directeur_,
E. CHEVREUL.

_Le secrétaire_,
B. Geoffroy Saint-Hilaire.

_Le trésorier_,
De Jussieu.

* * * * *

_From the department of war._

4 avril 1845.

Monsieur,

Je me suis empressé de donner des ordres pour que la carte des
limites du Canada fût jointe à celle que le dépôt général de la
guerre a déjà reçue. Veuillez agréer mes remercîments de la
remise de cette carte qui m'a doublement intéressé en raison de
son origine et des localités qu'elle représente.

Vous trouverez ci-joint une collection complète de toutes les
cartes publiées à la fin de 1844 sur le nord de l'Afrique, qui
comprend la régence de Tunis, l'Algérie et l'empire du Maroc. Je
vous adresse également une de nos plus belles cartes
autographiées, celle du département de la Seine-Inférieure. Vous
voudrez bien envoyer ces cartes aux États-Unis d'Amérique, en les
répartissant comme vous le jugerez convenable.

Recevez, etc.

_Le pair de France, lieutenant général, directeur_,
PELET.

* * * * *

_From M. Dufrénoy, chief engineer, inspector of the
royal school of mines._

10 août 1845.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous remercier des trois caisses de roches que
vous avez adressées à l'École des mines de la part de l'État du
Maine. Je vous prierai, en accusant réception de cet envoi, qui
fait connaître la constitution géologique de cet État, de
demander que les échantillons soient emballés avec plus de soin;
car une partie d'entre eux s'étaient frottés les uns contre les
autres et avaient perdu cette fraîcheur qui est utile pour
l'examen de leur caractère extérieur; dans la circonstance
présente, le dommage n'est pas considérable, attendu que ce ne
sont que des roches que l'on peut retailler; mais pour des
minéraux, le mal serait irréparable.

Je vous remercie aussi du rapport de M. Jackson; cet ouvrage,
accompagné de son atlas, a été déposé dans la Bibliothèque de
l'École des mines.

Je profiterai de cette lettre pour vous demander si vous pourriez
nous procurer quelques échantillons des minéraux décrits
récemment par M. Schepard, notamment le Warwickle et l'Edwarszte;
dans le cas où vous pourriez le faire, je vous demanderai la
permission de vous en adresser une liste.

L'École des mines est fort reconnaissante des ouvrages que vous
lui avez déjà procurés; elle regarde que, grâce à votre
persévérance, le système d'échange qui peut enrichir les
établissements publics sans de grandes dépenses, prendra une
grande extension; et vous pourrez alors vous féliciter d'avoir
rendu un service important aux pays qui l'auront adopté.

Recevez, etc.

_L'inspecteur de l'École_,
DUFRÉNOY.

* * * * *

_From the secretary of state from the department of the
interior._

27 octobre 1845.

Monsieur,

J'ai reçu avec votre lettre du 7 de ce mois, celle qui m'a été
adressée par M. le secrétaire d'État du Massachusetts pour
m'accuser réception de médailles et documents émanés de mon
ministère, que je vous avais remis pour cet État; j'ai reçu en
même temps les publications suivantes:

1º Trois volumes contenant les rapports officiels et les lois
votées par la législature du Massachusetts pendant la session de
1845.

2º Rapports scientifiques sur la géologie et l'histoire
naturelle de cet État, 4 volumes in-8º et 1 volume in-4º avec
cartes et planches.

3º Une carte générale du même État.

J'ai l'honneur de vous remercier de l'envoi de ces documents,
ainsi que de l'avis que vous me donnez de la décision prise par
l'État de Massachusetts de me faire adresser régulièrement chaque
année tous ceux qui pourraient intéresser mon département. Je
continuerai, de mon côté, à disposer en faveur de ce gouvernement
des documents publiés par mon ministère qui seront de nature à
présenter un intérêt général d'administration.

Pour le ministre de l'intérieur,
_Le sous-secrétaire d'État_,
A. PASSY.

* * * * *

_From the minister of the navy and colonies._

Paris, 3 février 1846.

Monsieur,

Vous m'avez prié de mettre à votre disposition quelques
exemplaires des documents publiés par la direction des colonies,
afin de les distribuer entre plusieurs États de l'Union
américaine que vous me désignez comme étant entrés dans la voie
du système général d'échange de livres que vous vous efforcez
d'introduire et de faire prévaloir parmi les nations civilisées.

Dans le désir de ne laisser échapper aucune occasion d'augmenter
les bonnes relations qui existent entre la France et les
États-Unis et de concourir au progrès des sciences et des
lumières, j'ai l'honneur de vous annoncer que j'ai accueilli
votre demande.

Je donne en conséquence l'ordre de vous envoyer six exemplaires
de chacune des publications suivantes: (_Suit la liste._)

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

Pour le vice-amiral, pair de France, ministre secrétaire d'État
de la marine et des colonies,

_Le sous-secrétaire d'État_,
JUBELIN.

* * * * *

_From the minister of the interior._

Paris, le 11 février 1846.

Monsieur,

J'ai reçu la collection des documents publiés par la législature
de l'Indiana (États-Unis d'Amérique), en 64 volumes reliés, que
vous m'avez adressés pour la bibliothèque de mon département, en
même temps que votre lettre du 28 janvier dernier.

Je vous remercie de l'envoi de ces publications intéressantes
dans lesquelles mon administration pourra trouver des
renseignements utiles. J'ai fait placer ces volumes conformément
à vos intentions, dans la bibliothèque administrative de mon
ministère.

Je vous prie de transmettre mes remercîments à M. le Secrétaire
d'État du gouvernement de l'Indiana, et de lui faire connaître
que je saisirai toutes les occasions qui me permettront de mettre
à la disposition de la législature de cet État les publications
administratives émanées de mon ministère et qui seront de nature
à l'intéresser.

J'ai pris en considération la demande que vous m'adressez dans le
but d'obtenir, pour les autres États de l'Amérique du nord,
quelques-uns des ouvrages auxquels mon département souscrit; et
je me ferai un véritable plaisir d'y donner suite.

En accueillant cette demande avec la faveur qu'elle mérite, je
serai heureux de pouvoir coopérer à l'échange international des
productions de l'esprit humain dans les deux hémisphères, et de
contribuer ainsi au progrès général de la civilisation.

Recevez, etc.,

_Le ministre de l'intérieur._

Pour le ministre:
_Le sous-secrétaire d'État_,
A. PASSY.

* * * * *

_From His. Ex. the minister of public works._

Paris, 26 février 1846.

Monsieur,

J'ai reçu, avec la lettre que vous m'avez fait l'honneur de
m'écrire le 10 février, divers documents relatifs aux travaux
publics.

Je vous remercie de l'envoi de ces documents, que je viens de
faire déposer au bureau central de statistique du ministère des
travaux publics.

Il m'est agréable, Monsieur, de pouvoir vous adresser, pour
contribuer à la réalisation de votre projet d'échanges
internationaux, un certain nombre d'ouvrages, documents, cartes
et médailles; vous en trouverez le bordereau ci-joint.

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

_Le ministre des travaux publics,_
S. DUMON.

* * * * *

_From the prefect of the Seine._

Paris, le 26 mars 1846.

Monsieur,

J'ai reçu avec une vive satisfaction les divers ouvrages qui, par
votre intermédiaire, ont été adressés à la ville de Paris par les
États du Maine, du Massachusetts, de l'Indiana et des villes de
New-York et de Baltimore, ainsi que du Canada.

J'ai mis ces ouvrages sous les yeux du conseil municipal, qui
s'est montré extrêmement sensible à cet hommage, ainsi qu'aux
témoignages de sympathie exprimés par les résolutions dont vous
avez bien voulu me transmettre une copie.

Je lui ai soumis en même temps des propositions pour l'envoi par
la ville de Paris de nouveaux documents administratifs, en
échange de ceux qui lui étaient si gracieusement offerts.

Le conseil n'a pu encore délibérer sur ces propositions; mais
j'espère qu'il lui sera possible de s'en occuper incessamment.

Les États et villes d'Amérique qui entretiennent ces relations
amicales avec la ville de Paris peuvent être assurés de tout
l'intérêt que j'attache à cet échange de sentiments mutuels
d'estime et de sympathie.

Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération
très-distinguée.

_Le pair de France, préfet,_
Comte DE RAMBUTEAU.

* * * * *

_From His Ex. the minister of the interior._

Paris, le 22 avril 1846.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous annoncer que, par ordonnance du 5 avril,
le roi a bien voulu, sur ma proposition, accorder à l'Institut
national des États-Unis d'Amérique, un exemplaire, papier fin, du
grand ouvrage sur l'Expédition d'Égypte.

M. Jomard, conservateur de la Bibliothèque royale, tient dès ce
moment cet exemplaire à votre disposition.

Je me félicite, Monsieur, d'avoir pu faire en cette circonstance
une chose qui soit agréable à l'Institut national des États-Unis.

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

_Le ministre secrétaire d'État de l'intérieur,_
DUCHATEL.

A M. Vattemare.

* * * * *

LOUIS-PHILIPPE, ROI DES FRANÇAIS,

A tous présents et à venir, salut:

Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'État au département
de l'intérieur;

NOUS AVONS ORDONNÉ ET ORDONNONS CE QUI SUIT:

ART. 1er.

Un exemplaire papier fin du grand ouvrage de l'Égypte est donné à
l'Institut national des États-Unis d'Amérique.

ART. 2.

Notre ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur
est chargé de l'exécution de la présente ordonnance.

Au palais des Tuileries, le 5 avril 1846.

Signé: LOUIS-PHILIPPE.

Par le roi:
_Le ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur_,
Signé T. DUCHATEL.

Pour ampliation:
_Le sous-secrétaire d'État au département de l'intérieur_,
A. PASSY.

* * * * *

Such are the feelings towards the establishment of the system of international literary exchanges in France; as for those of your own country, although each one of you is already acquainted with the warm sympathy with which my proposals were received, while in the U.S., yet I thought it well to publish the following documents showing not only the continuation but the increased favor bestowed upon my humble efforts in the consolidation of this additional link so well adapted to strengthen more and more our fraternal union, but as a stimulus for those states who have not yet entered into this enlightened and peaceful confederacy, and to bring forth the true character of this generous nation, whose love for the propagation of knowledge would prevent her from shrinking from any sacrifices calculated for the improvement of the human race.

STATE OF MARYLAND.

RESOLUTIONS

Adopted by the first and second branches of the city council of
Baltimore and submitted for the approval of the Mayor, February
26th, 1844.

_Resolved by the mayor and city council of Baltimore_, That the
thanks of the city of Baltimore be, and are hereby presented to
the city of Paris for the splendid donation of books which have
been presented by the said city to the city of Baltimore. She
cordially reciprocates the sentiment that such testimonials
presented by _the cities of France_ to those of the _United
States_, have a favorable effect on litterature and science and
on the fine arts, and on the sympathy and ancient friendship so
happily existing between the United States and France.

_Resolved_, That the following books and maps be presented in the
name of the city of Baltimore to the city of Paris, as a
testimonial of the sense entertained of the friendship of the
said city in presenting sundry valuable books to the city of
Baltimore.

And be it resolved that the chairman of the committee be
authorised by and with the approbation of the mayor, to draw on
the Register for the sum necessary to carry the foregoing
resolution into effect.

T. YATES WALSH, president, first branch.

ROBERT HOWARD, president, second branch.

STATE OF MAINE.

RESOLVE to promote Mutual Literary and Scientific Exchanges with
Foreign Countries.

_Resolved_, That there be hereafter fifty additional copies of
each volume of laws, resolves, and public documents printed by
order of the Legislature, be printed and bound for the purpose of
exchange in foreign countries[1].

_Resolved_, That the Governor be authorized to transmit any of
the above extra copies to the agents of foreign countries in the
United States, authorized to receive the same for the above
purpose, and that he be further authorized to make exchange of
the same.

_Resolved_, That a sum not exceeding one thousand dollars be
appropriated from the Treasury, for the collection and exchange
of original specimens of natural history and productions of
useful art, to be expended under the direction of the Governor
for the purpose aforesaid.

In the House of Representatives, March 19, 1841. Read and passed,

JOSIAH S. LITTLE, Speaker.
In Senate March 20, 1841.
R. H. VOSE, President.

March 20, Approved,
EDWARD KENT.

[1] About two hundred volumes, bound three maps and four cases of
minerals were transmitted.

* * * * *

RESOLVES authorizing the appointment of an agent of international
exchanges with foreign countries.

_Resolved_, That the Governor, with the advice and consent of the
council, is hereby authorized to appoint some suitable person,
residing in the city of Paris, France, to be the agent of the
state of Maine, for the purpose of receiving and transmitting to
and from the secretary of state, all such books, documents and
other objects of international exchange as may be directed to his
care in pursuance of certain «resolves to promote mutual literary
and scientific exchanges with foreign countries» approved March
twentieth, eighteen hundred and forty one. «Resolves in favor of
the American Athenæum» at Paris, approved March twenty second,
eighteen hundred and forty three.

_Resolved_, That the Governor and council are hereby authorized
to audit and allow all necessary charges of such agent for
receiving, packing up, carriage and exportation of said objects
of international exchange; provided the sum shall not exceed
three hundred dollars; and the Governor is hereby authorized to
draw his warrant upon the treasurer, for the payment of such
charges, out of any moneys not otherwise appropriated.

In the House of Representatives, March 22, 1844. Read and passed.

DAVID DUNN, Speaker,

In the Senate, March 22, 1844. Read and passed.

JOHN W. DANA, President.

March 22, 1844. Approved, H. J. ANDERSON.

* * * * *

To Alexander Vattemare, of the city of Paris, kingdom of France,
greeting.

In conformity with the provisions of a Resolve of the Legislature
of this state, entitled «Resolve authorizing the appointment of
an Agent of international exchanges with foreign countries»
Approved March twenty second, one thousand eight hundred and
forty four, I have, with the advice and consent of the executive
council of Maine, appointed you an Agent to execute any and all
of the duties required by said Resolve, and as contemplated in
your communication to the executive of this state, under date of
October tenth, eighteen hundred and forty three.

H. J. ANDERSON.

[L. S.] By the Governor,

WITNESS, HUGH J. ANDERSON our Governor, and the seal of the state
hereunto affixed this twenty sixth day of March in the year of
our Lord one thousand eight hundred and forty four, and of the
independence of the United States the sixty eighth.

PHILIP C. JOHNSON,
Secretary of state.

STATE OF MICHIGAN.

Preamble and joint resolutions relative to Mons. Vattemare's
system of international literary exchanges.

WHEREAS Mons. Alexandre Vattemare, a citizen of France, has with
an unexampled zeal devoted his time, his energies and his fortune
to the philanthropic effort of establishing an intellectual
confederacy among the nations of the earth;

AND WHEREAS his system of international literary exchanges is not
only promotive of science and the improvement of literature and
the arts, but is also conducive to the fraternization of
governments and the diffusion of civilization through out the
globe;

AND WHEREAS the project has been approved by the chambers and
ministers of France, by the congress of the United States and the
legislatures of several of the States, and by the statesmen and
literati of both nations,

Be it therefore _resolved_ the senate and house of
representatives of the state of Michigan that in greatful
acknowledgment of his desinterested labors in the cause of
humanity and for the valuable works presented by him to the
state, the thanks of the people of Michigan are respectfully
tendered to Mons. Alexandre Vattemare by the representatives of
the people in legislature convened.

_Resolved_ that his excellency the governor be and he hereby is
authorized and requested to receive the parcel of books
transmitted by Mons. Vattemare through Lewis Cass Jr. Esqr. to
the state of Michigan and also the parcel consigned to E. Thayer
and Co., forwarding merchants in the city of New-York, and to
place the same in the state library.

_Resolved_ that his excellency be and he hereby is further
authorized and requested to transmit to Mons. Vattemare a copy of
the revised statutes and session laws of the state of Michigan
together with the journals and documents of both houses of the
legislature and such maps of the several counties as are now
completed.

_Resolved_ that the state geologist be and he hereby is
authorized and requested to examine and report to the next
legislature what duplicate specimens of the natural history of
Michigan are in his department of the University.

_Resolved_ that our senators in congress be instructed, and our
representatives be requested to use their best efforts to obtain
the appointment of Mons. Alexandre Vattemare as an agent of the
general government to act in behalf of this state, with power to
conduct literary exchanges between France and the United States.

_Resolved_ that his excellency be and he is hereby requested to
transmit a copy of these resolutions and the report of the
committee on education to Mons. Alexandre Vattemare and to each
of our senators and representatives in congress.

EDWIN N. LOTHROP,
Speaker of the house of representatives.

EDWIN M. CURT,
President of the senate, (_pro tem_).

Approved, March 12, 1844.

JNO. S. BARRY.

STATE OF ILLINOIS'S.

Historical Society, Upper Alton III, August 15th, 1844.

To A. VATTEMARE, esqr.

Dear sir,

..........On the 24 July your letter and communication for the governor
of the state were both read and afforded much gratification.
Thanks were voted to the liberal donor the marquis de Pastoret
for his present of books, "Histoire de la législation des
peuples". The society feel greatly indebted to you for the
interest you have exhibited in its prosperity and advancement.

_Mr. senator Brease delivered an address of three hours length
before the society, describing Lasalle's discoveries and the
labors of the French missionaries among the Indians in this state
150 years ago._ He was directed to transmit your communication to
the governor and urge its importance upon the legislature. A
strong impulse was given us by your zeal and our hopes greatly
encouraged.

We shall soon make up a box for you of minerals--lead ore from
Galena and the South part of the state--Coal--specimens of rocks
and boulders found on our large praries, and if possible, a
prarie hen or grouse as the English call it, etc., etc.

Respectfully,

ADIEL SHERWOOD.
Corresponding Secretary.

DISTRICT OF COLUMBIA.

War Department, Washington, December 30th, 1844.

Sir,

I had the honor on the 1st of november to acknowledge the receipt
of your letter of the 7th of September last, presenting to this
department in the name of M. Dumon, minister of public works,
the beautiful and interesting geological map of France, and at
the same time I desired you to convey to M. Dumon the thanks of
the department for so valuable an acquisition to its library.

Your desinterested and persevering efforts to establish a system
of international exchanges of works of science and art are duly
appreciated in our country. The results of those efforts we have
all witnessed with great admiration in the fine engravings and
rare books and medals, the contribution and donations of some of
the highest and most meritorious men of France to the library and
museum of the National Institute.

Allow me, in the name of this department to send to your care a
complete series of an illustrated history of the Indian tribes of
North-America exhibiting likenesses of their most distinguished
leaders, which you will please to present to the minister of
public works with the assurance of my distinguished consideration
and regard.

Your obedient servant,

WM. WILKINS,
Secretary of War.

Alexandre VATTEMARE, Esq.;
Paris.

* * * * *

_From the Honorable Reverdy Johnson, U.S. senator from Maryland._

Senate chamber, February 18, 1846.

My dear Sir,

I have just had the gratification of receiving your letter of the
28th of January. From the manifestation already evinced by this
body, I am sure that they will liberally meet all your wishes
about the exchanges.

Just before I got your letter they passed unanimously a
resolution providing that the librarian of Congress transmit to
the Minister of Justice of France "a _complete series of the
reports of all the decisions of the supreme court of the U.S.,
and of the circuit and district courts thereof, and a complete
copy of the public statutes of the United States_," and making an
ample provision for executing it. This resolution will no doubt
receive the sanction of the House of representatives.

Your presents to the National Institute I received and delivered,
paying all the charges. Any other gift which you may wish to
forward to me will be gratefully received.

I hope that the day is now come when your spirit will animate the
enlightened men of both Nations and Sciences, and the Arts be
found the leading objects of all.

Not despairing of having again the pleasure of seeing you, I am
truly your friend,

REVERDY JOHNSON.

* * * * *

_From the Hon. R. B. Taney, Chief Justice of the U.S. Supreme
Court._

March 21 st 1846.

Sir,

I have at length the pleasure of announcing to you that congress
have passed a resolution authorising the transmission and
presentation to the minister of justice of France of the reports
of the decisions in all of the different courts of the United
States as far as they have been published since the foundation of
the Government; together with a copy of the laws passed by
congress. Inclosed I send you a copy of the resolution, wich was
passed unanimously.

There is now preparing under the authority of congress, a new
edition of the laws of the United States much more complete and
satisfactory than any heretofore published, which is not yet
quite ready for delivery. And as I wish to send all of the books
at the same time I shall delay the transmission of the reports,
until I can send with them this new edition of the acts of
congress. They will however I hope be ready in a month or two;
and I shall take much pleasure in transmitting them with the
reports as early as practicable.

You know how much I have regretted the delay in acknowledging the
courtesy of the minister of Justice of France, by a suitable
return. But feel assured that he as well as yourself will impute
it to accidental causes wich I have heretofore explained.

With great respect, I am, Sir,

Your obedient servant,

R. B. TANEY.

Mr. ALEXANDRE VATTEMARE, Paris.

* * * * *

TWENTY-NINTHE CONGRESS OF THE UNITED STATES,

At the First session, begun and held at the city of Washington,
on monday the first day of December, one thousand eight hundred
and forty-five.

A RESOLUTION, to authorise the transmission and presentation of
books to the minister of justice of France, in exchange for books
received from him.

_Resolved_, by the senate and house of Representatives of the
United States of America, in congress assembled, that the
librarian of congress be, and he hereby is, authorised and
directed to procure a complete series of reports of all the
decisions of the Supreme Court of the United States, and of the
circuit and district courts thereof, wich have been heretofore
published; as also a complete copy of the Public Statutes at
Large of the United States, now being edited by Richard Peters,
esq, by authority of congress, the whole to be uniformly bound
and lettered, and to cause the same under the direction of the
chief justice of the said Supreme Court, to be transmitted and
presented to the minister of justice of France, in return and
exchange for works of French Law heretofore presented by the
minister to the Supreme Court aforesaid.

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Movement of the International Literary Exchanges, between France and North America from January 1845 to May, 1846Chapter I: Introduction: In the month of January last, I received the following letter

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