Chapter XIX: Appendix: B (2)
Pardonnes si le schagrein et le desespoir m’a fais faire la foste à ne
vous point écrire depuis dos jour cant on aÿ dans l’état aux je souis
lon ne saÿ se que lon fais. je commenseraÿ par vous dire que j’aÿ
schangé dos schifres dans nostre Clée, qui ay, j, se marque 31/ i, se
marque 35, u, se marque 53, v, se marque 53, v, se marque 54/ je vous
d’opserver sesÿ; Appraÿ cela je vous diraÿ que vous aves marqué dos
lestres, 10^{me} ainsy que la 14^{me} devraes aistrÿ la 15^{me} mais
continues solement apresan, car j lia poin d’austre mal, que la
segonde, aux premiere 10^{me} auray peus se perdre san que lon eus
seus, solement, que lon en eus perdue unne. J’aÿ éncor à vous dire,
que je vous aÿ écrit dos lestres, adraissé, à 131, que j’aÿ crus à
_Celle_, jl faux savoir si vous les aves reseus; 3 lestres ont été
adraissé, aux _maistre de poste de Celle_ qui son daté le 20^{me} et
aÿ la 9^{me} lestre, le 26^{me} et aÿ la 12^{me} lestre elle aÿ de
_consequense_ le 30^{me} et ay la 14^{me} lestre; j laÿ bong aussÿ de
regarder si vous aves la 13^{me} lestre, je vous prie manques pas à me
repondre ici desu, vous pouves tous voir par la souite car je souis
bien sure que j’aÿ ette exacte saite fois ici. Vous seraÿ surpris de
me voire faire des reflextions pareilje, dans l’état aux je souis, mes
ma schere nous avons tant des malhors, qu’il ne faux pas s’en faire
sois maime; j’aÿ resu la vostre daté le 26^{me} mais vous saves quelle
accidans m’ayt arrivé, en prenan unne boutelje pour laustre, je vous
laÿ mandé dans mes presedantes je vois pourtang, dans vos daté 28^{me}
29^{me} et la 30^{me} se que vous m’aves voulus dire dans la 26^{me},
j’ay unne joÿ tres grande de vous savoir, hor _de crainte_ et je me
vos du mal d’aistre cause, de vostre inquiettude, qui a contribué
_beaucous a votre mal_; presantements que vous aites _hor de crainte_
j’aispaire que _la fievre vous quitera aussi_; Que je vous plain
d’avoir tant soufer, _sis hors l’axaÿ_ je ne comprans pas comme _vous
aves asay_ de _forse_ à _m’ecrire_ éncor, je le reconnaÿ comme je
dois, et je souis persuadé que l’amour vous, en rang; mes a quelle
poin vous souige point obligé pour se marque de vostre tendraisse,
j’amais j’obliraÿ des telles bonté. Si mes _lestres_ avois assaÿ de
_forse_ à _soulajer vos mos_; je feraÿs en sorte que vous _en eusie_,
tous _les hores_, mes je prans se compliment pour un aiffaÿ de vostre
bonté, sepandans je pos vous jurer que les vostres me consolle
beaucoup, et san les trois derniés daté 28^{me} 29^{me} et 30^{me} je
seraÿ aux tombos à lheur qui laÿ. Se seraÿ la plus grande sottise
appraÿ tous que je pouraÿ faire, car quois que cela seraÿ tendre, je
vous perdraÿ; et vous dite forbien dans unne des vostre qu’elle
desespoir de ne se poin voir pour jamais, vivons dons énsembles,
aimons nous éternellement et jurong nous de nouvos, unne constance à
ne jamais finir, et qu’aparÿ le trepas si nous avon le sang, que cela
dois durer aussÿ; Pour vivre énsemble prenes tous les soins
imaginable, à vous _conserver_, sonjes que mon repos en depans; Si
vostre _mal continue_, j laÿ seure que je deviendraÿ fous. La fievre
rainje beaucoup ici, nous avons praÿ de 200 malades, de nos troupes
mes domestique le devienne un appraÿ l’austre, j’aÿ etté obligé,
d’anvojer mon valaÿ de chambre à Zelle, les austres sont à Lunenb: si
cela continue, le tous viendra à moÿ aussÿ.
17
Le 3^{me}
jaÿ pensé tumber en apoplexie can j’aÿ auver vostre lestre, san voir
vostre mains j’aispairaÿ d’attendre _que vous vous porterie mieux_, et
vous faite tous le contraire, j’ay crus du comensemens, que _saitais
fais avec vous_ ne croje pas que je souis fasché que cela ne soÿ de
vostre main, bien loin de la, je vous conjure de continuer, de la
sorte car je ne vos absoluments pas, que vous vous _fa .. ge_. je vous
plein autang q’un ... tendre aÿ passionée, le pos faire, faut il que
le plus parfaist objaÿ de l’univair soufre _si cruellament_, Dieuxs
pour quois aites vous si injuste, mes mon coeur, je saÿ pourquois, _se
malhor tarrive_, pour me randre plus malhoros, le destein te _rang
mallade_, lon _te fais suffrir_ pour me crucifier, L’on j reusit car
on pos pas, m’envojer un plus grans malhors vous m’ordonnes de me poin
_inquietter_, jl faudrois vous gaire aimer, pour ne le pas aistre à la
mors; je souis a tous moments à _genous_ faire _des veux_ pour vostre
éntiere _retablissements_, je me flatte qua la fein on aura pitié de
mois, mes vos son tros devoste, pour ne pas aistre éxhosé, Dieux volje
que _cla sois bintos_ que vous seray _quite ... vos mos_ et moÿ de mes
_crain ... s_ et de mon _inquetude_ avec qu’elle joÿ vous
embrasserage, can j’auraÿ selouis de vous voir je ne saÿ can je le
pouraÿs, mes mon dessien aÿ de _faire en sorte comme si un acsai de
fievre me prenais_, je diraÿ os bon homme, que je vousdraÿ bien allé
pour _tros jour_ à 317 pour éviter que la fievre n’aye poin de prise,
sait a dire prendre des remaides, aux Lieux de demorer à 317 je
_prandray la poste_ et je _voleray_ à _Celle_, je pourais aistre _dos
nuis avec vous_ quelle joÿ qu’elle satisfaction je pouraÿs aistre à
vos pié les beinger de mes larmes, vous voiraÿs dans qu’elle éttas
pitojable, _votre mal ma mis_; Mes je me flatte postaistre envein, car
avan que je pouraÿ _juer_ se _role_ jl faux premierements que le bon
homme se porte mieux ... depans encor de la fortunne de la 9 ... je
n’aÿ rien de bong à Esperer, La rage le desespoir, le schagrein
l’inquiettude la Passions, tous ses schoses énsemble font un aifaÿ sur
moÿ, que je souis comme ses jans que lon voist à Amsterdam dans le
=Dulhaus=, Dieux sait qu’elle feins que cela auras; Les maladie
hogmante de jour en jour, mon vieux Lieute C: et dos Lietenang le song
devenus aujourdoÿ, je ne saÿ comments j’an éschappe, sait un miracle
car avec tous les schagreins, qui m’abastes je le devraÿs avoir;
adieux mon Ange je ne pouis vous Mander davantage, l’expraÿ qui m’a
été envojé, du bon homme par, crojes que vous aves un amang, qui prang
tang de ... r à tous se qui vous tousche que vous le ... ie faire vous
maimes, j laÿ seinsaire vous adore, et à autang de Respect pour vous
que qui que se soit; je merite toute vostre tendraisse, et tous les
soins oblijan que vous aves pour mois, si je ne vous donne pas assaÿ
d’assuranses, de ma passion, et de ma fidelité, se n’aÿ pas ma fostre,
saÿ que j’en aÿ pas l’occasion; je vous annueraÿ avec mes
protestations, car je le repaiste dans tous mes lestres, je me flatte
que vous aite comme mois je ne les sauraÿ trop attendre et tous vos
lestres fusetelles ramplis daustre chose elles me seray toujo ... ...
reable et plus que comme si j liavois rien.
18
Je suis bien aise, que vous aites unnefois contemps de moÿ, mais jl me
semble que cela vous rejouis poin car vous me donne toujours des
mattiere, à vous faire des reprojes; et par la vous m’oté la joy
d’aistre satisfait de vous, vous vous plainjé que vostre passion vous
trouble vostre repos, je le vos croire mes saite passion vous tient
pas tang aux coeur, que vous retranjeraÿ les moindre plaisirs pour
cela, non non sait a moÿ a me blaindre, ma passion me trouble poin
solement, mais me desespaire, Dieux comme je fie les éndrois aux je
saÿ que les divertissemens song, je vousdraÿ bien vous voir à la Porte
de Brusels, aux de Gens sans j maistre le pie, plustos de faire cela
vous m’abandonnerie, et dis austre galang, vous trouve vostre conduite
bonne, moÿ aussÿ, mais je seraÿ hors deséspoir que la mienne ne fus
pas meljor je suis bien aise que vous ne s’ajé, tombé malade, jen
aurais etté inconsolable, quoÿ que je ne suis poin contente de vous,
vous aves étté contente de ma lettre, j’en aÿ de la joÿ, vous j aves
veus les santimens de mon coeur, sans faintes; je vous remersie bien,
humblement, que vous me promaistes, de ne poin donner vostre portraÿ,
à la personne connue Pourquoÿ me flatté vous tang dans vos lettres,
can vous sonjes si pos a me tenir vos promess, vous m’assurés que rien
vous seras dificille et que vous feraÿ tous pour me plaire, saÿ for
bien dis mes for mal tenus; helas vous me dite flattong nous le temps
nous poura randre horos, mais saschés que le temps me rendra le plus
malhoros de tous les hommes, je naÿ poin la hardiesse à vous dire se
que je saÿ deja, mais ma chaire je crois, que lon moblijera a vous
quiter, je ne pos finir saite lettre, de schagrein, tristesse et
collaire adieux, ne me haijsé dumoin pas, car sur mon dieux je ne le
merite en fason du monde.
19
14^{me}.
Assurement san la vostre du 12^{me} le Bastement de Coeur que 127
m’avois causé, mauraÿt aschevé, mais Pour mon bonhor, je laÿ resu dans
le temps que mon coeur allais craiver, et comme j’ÿ vois que sa
nouvelle aÿ traÿ fose, je commense aussi à me remaistre, jl me disaÿ
pour tres assuré, que _votre fievre_ vous aves, _repris_, assurement
je n’auraÿ peus passer la nouit, avec saite inquiettude san mourir, et
alor que je vous écris, j’aÿ encor lohs de la Raine d’hongrie sur le
née, je crois pourtang que cela se passera, je me san Pourtang
alterré, et éschofé, si cela se passe pas la nouit je me seinjeraÿ
pour prevenir le mal, qui pouraÿ m’en arriver; M. de sporque Mourera
selon tous les apparance encor aujourdouis, j’aÿ 3 Captaine, 5
Lieutenans, et 4 Enseinges mal à lamors, plus de 300, fantasein aÿ
Dragons, de nos troupes sol, son sur les dans, sait un air infecté,
les plus sain j deviene malade, toustefois je me flatte de ne le poin
devenir _vous saschang, hor daffaire_. Vous auraÿ veus par ma lestre
daté le 12^{me} combien je souis contemps de vous, ne prene pas mal
que je vous aÿ prié de me marquer dos mos par vostre main, je savois
que vous vous portié unpos mieux san cela je ne l’auraÿ pas fais, mais
mon incomparable coeur vous en faite tros, car vous m’écrives dos
foiljes éntieres, se que je vous prie très instament de ne poin faire
plus, ni plustos que vous aites tout à fais bien. Le _sieje_ de
_Scharleroi_ feras que _Prince électoral_ seras pas si tos ici, gran
Dieux fais que se _sieje_ nous _delivre_ des _faschos_. Lon dis pour
sertein que les affaires s’acomode, mais les ordres que lon donne pour
soinjer les malades, me fong trambler de pur, que nous quiteron pas
sitos se poste; je souis agité du maime desespoir que vous, de passer
ma vie avec des jans pour les quelles j’aÿ unne aversion et de la
passer si pos avec selle que j’adore, sepandans vous aites plus à
plaindre car je pos forsouvang m’en dispensér, et vous poin, austre
les _embrasades_ que vous aites obligé à essujer, jl me semble si
j’aÿtais obligé a soufrir la maime schose, je ne pouraÿ m’énpescher de
vosmir tous les fois que cela m’ariveraÿt, ah qu’elle horor de
_caraisser_ se que lon hait mortellement, je crois fortement que le
pourgatoire ne donne poin tans de tourments, que des pareiljes
_caraisses_. si j laÿ vraÿ que _Électeur de Hanovre_ vas pas a 308, je
pouraÿ bein j venir, mes nous pouvons pas prendre des mesures avang,
que lon sasche, se que deviendra _Prince électoral la Dujais d’Hanovre
n’arrivera_, que _ver la fein du mois_ qui _vient_ et allors _Prince
électoral_ sera deja de retour, et les _schases_ finÿ. Dieux volje
solement que nous les comension bientos, et que _vous_ fusies _en etas
de vous rendre_. Je vous plains que vous _aites_ tan _maigri_ mes
(avec vostre permission) je trouve redicule, et absourde, la question
que vous me faite, si je n’aimes en vous que vostre bosté je vous le
pardonneraj mes vous aites persuadé, que se n’aÿ pas solement cela que
j’adore, se son vos merites vostre humor, je vous avoue que de vous
voire belle cela aÿ scharmang pour la veus, mes je vous proteste que
fusie vous laide comme Mad: Kopstein, je vous aimeraÿ pas un brein de
moin; du degous pour vous, ah postong faire unne question pareile à
selle ici, à un amang qui vous aime tendrement, non non Leonis vous
n’aite pas persuadé de ma sainsaire passion, que fostil que je fasse
pour vous en bien conveincre je n’auraÿ du repos, que j’usques à se
que je sache que vous laite toust à fais; croje vous q’unne passion
pareilje à la mienne, saÿ formée sur unne schose si passaschaire que
la bosté, quois que vous en aje beaucoup, et plus coqunne de vostre
sexe, je vous pos dire que se n’ay pas elles qui ma mis dans l’estas
aux je souis, j laÿ vraÿ que la Bosté que vous possedé, mas énflame,
et sans elles je n’auraÿ postaire pas étté si huros que je souis, mes
se qui ma randu comme je souis saÿ vostre ésprit, vostre seinserité,
vos maniere de vivre, et a lafein saÿ saite ame si bien née, et si
juste, la quelle prodouit en vous unne dousor non pareilje, unne
jenerosité sans égale, de la Clemanse, au dela de l’imagination, se
son saÿs vertues qui mon mis dans saite aimable Esclavage dans la
qu’elle je me fois à sait hors, et dans la quelle je pretans mourir
aussÿ. En verité Leonis vous me schagrines beaucoup, avec vos
questions, vous crainjes que je deviendrays invidelle à la plus grande
Boté du siecle, et à la vertue maime, pour qu’elque gose de
_preinsaises_ qui n’aurong poin d’austre merite que selle de _venir de
Paris_ encore unne fois, je vois que tros que vous n’aite pas éncor
bien persuadé de mon amour, je me flatte qu’a la fein je vous en
donneraÿ tans de marques que vous n’en saurie plus douster. Pour
prendre des messures juste jl faux se parler, nous avon du temps
jusques à _la fein_ du _moi_ qui _viens_ et avang se temps nous avons
point à craindre le _retour_ de _Prince électoral_ et de _la Dujaiÿse_
vous entames encor des _preinsai_ crojes vous postaitre que j’aime
tans la nouvosté, le schangementes, et les jans qui vienne de _Paris_
comme vous, vous vous trompes beaucoup, je porte mes schaines avec
beaucoup de plaisir, et je ne les janjeraÿ pas, pour le Raujome du
grand mogol. La lestre de la Lieutenan Colonelle ay for sotte mes la
personne aÿt assaÿ resonable, elle à randus un for galant homme aux
baÿ bas, de grande Calité, fort amouros, jl sapelle le marquis de
Spinosa, saÿt un des galans de se paÿ la; mais pouis que je vous aÿ
énvojes unne tres sotte lestre, je le recompenseraÿs par unne qui aÿ
forbien écrit; si elle n’aitois écrit d’un livre, on la doist, admirer
particoulierement venan de saite personne, mes sasche qu’elle se
trouve mot en mot dans un livre, sepandans elle ne laisse pas, que
d’aistre tourné assaÿ aprospos, je vous prie de me la ranvojé, je vous
l’envois parse que jè crois que cela vous divertiras adieux.
20
je vois que le plaisir que je maitait fais à vous émbrasser s’évanuit
entieremens puisque l’incomode à paru si brusquement, je vous avoue
que se visaje m’a bien deplus can je lay appersu, un cous de foudre
m’auray pas plus pus surprendre, mais jl faux qui lÿ aÿe toujor des
faschos visajes qui empesche, un doux éntretien comme celuÿ que nous
devien croir, selong tous épparance devray aître, ouÿ j’an nay eus
l’idé si remplis de joÿ, que je naÿ pus dormir toute la nuit, mais
helas tout est vanuis, et il faux que je passe la seconde nuit sans
dormir, et avec du jagrein aux lieux que la premiere me rejouissay, j
laÿ sur qu’a moin que vous n’aje la bonté de me consoler, je me
beinjeray dans mes larmes, consolé moy dong divine bosté, et soulajes
un homme qui se mor pour vous, et qui est si éntesté de vos merite que
la servelle luy en tourne.
Pour unné joué merveilje
je brule d’un fos si beaux
que ma raison ma conseilje
De l’aimer jusques aux tombos
Voila ma maxime, et vous me le vairreraÿ éxecuter éxactement, ma plus
grande satexfaction seras de vous montrer, que la mort sol est
sollement capable d’éfasser mon amour. mais pour l’amour de Dieux
sonjes à la divise, rien d’inpure mallume, adieux.
21
à 6 heurs.
je ne sauraÿ partir dici sans vous remersier, de l’ambaras aux vous
maves tiré, assurement j’aitois un homme fricassé sans la conversation
d’hier aux soir, je pars aussi contemps, q’un homme qui laisse ce qui
addore, le pos faire, mais se qui me consolle, ces que je suis bien
persuadé de vôtre amitié, et que mon absance me fais poin de tors,
j’ay lame si reposé que je suis tout autre que je naÿs étté; je vous
prie, poin de tait à tet, avec personne, particulierment avec M. R: je
sauraÿ tout, car j’ay des bons amÿ ici que vous soupsonne poin. adieux
Bella dea, sonjé autang à moy que je sonje à vous, je vous émbrasse
les jenous un million de fois, et suis eternellement vôtre esclave.
22
ce 25 aoust
4 septembre
Je prens tant de plaisir a vous entretenir que dabord que jai un
moment de liberté je lemploȳe a vous assurer de ma tendresse je vous
aȳ escrit hier mais jl me semble que ie ne vous aȳ pas assez marqué
linquietude ou je suis sur ce que vous me dites je nen aȳ pas dormi
toute la nuit j aȳ repassé toute mes actions et plus ie mexamine et
moins je deuine ce que vous pouuez auoir contre moi il est seur que
vous deuez estre content de ma conduite ma passion la regle et cela
suffit je vous conjure encore une fois de me mander tout le plus tost
que vous pourrez ce que ce peut estre jl me sera fort aisé de me
justifier puis que ie naȳ jamais pense qua vous plaire et je vous
feraȳ auec plaisir tous les sermens les plus affreus sur mon jnnocence
mais je vous demande jnstamment de me dire qui sont ceus qui vous
disent de semblables Calomnies jls ont sans doute leurs raisons pour
nous brouiller et selon toutes les aparences ils nen demeureront pas
la soȳez persuadé je vous en conjure que je suis jncapable de rien
faire qui vous déplaise mes manieres vous lont fait voir jusques icȳ
et jen feraȳ encore plus a lauenir je suis au desespoir de ne pouuoir
vous faire connoistre au tant que ie le voudrois mon attachement pour
vous les occasions me manque et point la volonté et je ne seraȳ point
contente que ie naȳe fait voir a toute la terre que vous me tenez lieu
de grandeurs de plaisirs et de tous les agremens du monde le seul que
je souhaitte est celuj de posseder vostre coeur je nen demande point
dautre et ce seul bonheur me rendra toujours tous les autres
jndifferens je suis persuadée que si jestois a han. on me feroit bien
des histoires de vous mais je me fie trop a vous pour croire
legerement ce que lon me pourroit dire faites en de mesme et croȳez
fortement que rien nest capable de me faire changer je suis dans un
chagrin mortel on dit quil sest donné un combat depuis peu et je ne
saȳ encore ce qui en est je tremble que vous ne vous exposiez sans
necessité et quil ne vous soit arriué quelque accident conseruez vous
je vous en conjure sil vous reste encore quelque tendresse moȳ que
deuiendrois je si japrenois que vous fussiez blessé ie croȳ que ien
mourois.
23
ce 2 septembre
12
Il estoit si tard quand ie vous aȳ escrit que ie naj peu repondre a
tout ce que uous me dites jaȳ releu plusieurs fois vostre lettre cest
un mélange de tendresse et dairs railleurs que ie trouue fort plaisant
et jl me parroist quelque mine que uous fassiez que mon uoȳage ne uous
plaist point uous auez cependant tous les torts du monde car selon
toutes les aparances ie repartiraj dicȳ sans auoir ueu une personne
raisonable et je le souhaitte de tout mon coeur. Je ne croȳ pas aller
a la foire de jllifrancjllifortjlli et ie ne dirai pas un mot pour ȳ
contribuer il me semble que cela uous doit persuader que ie ne cherche
pas le monde et que ie suis jncapable de songer aus plaisirs quand ie
ne uous uoȳ point jespere partir dicȳ en quinze jours le peda. a pris
aujourdhui cette resolution ie men retourne auec elle trouuer le
grondeur et je me rendrai à Han. un peu auant le retour du Reformeur
ie ne saurois encore uous dire rien de positif pour ce qui regarde le
_jlligörjlli_ ie ne croj pourtant pas ȳ aller car la saison sera trop
auancée pour que le Reformeur en puisse estre et je me flatte pourueu
que rien ne vous retienne ou vous estes que ie pourraȳ vous voir
bientost je jugerai de uostre tendresse par uostre empressement mais
je uous conjure de prendre si bien uos mesures que ie uous uoje en
particulier la premiere fois. Jl me seroit jmpossible de soustenir
uostre ueue en public et mon transport me trahiroit, on dit que les
françois pourroient nous enleuer aisément cela fait que ie souhaitte
fort de men aller car je naȳmerois point du tout a estre prise et ie
ueus uous conseruer uostre conqueste je suis charmée de uostre Careme
et je uous en fais tous les remerciemens que uous meritez jen suis
surprise et je ne mȳ attendois point cest en quoi la chose est plus
obligeante jl nȳ a point de sentinelle au monde que uous deuiez
craindre et le prisonnier doit Conter sur la prison qui sera toujours
ouuerte pour luý et fermée pour toute la terre cest dequoi ie uous
réponds et dune passion qui seruira dexemple ie ueus uous en persuader
malgré que uous en aȳez et que ie ne trouue de bonheur nÿ de
satisfaction qua vous aimer et la Estre aimée uous me paroissez si peu
seur de cette uerité que ien suis sensiblement touchée dites moÿ ce
quil faut faire pour que uous nen puissiez plus douter il nȳ a rien
que ie ne fasse auec joȳe pour vous faire uoir que vous me tenez lieu
de toutes choses et que tous mes desirs et mon ambition sont bornez a
uous plaire sil ne faut que cela pour vous rendre heureus vous lestes
plus que personne du monde car ie ne ueus viure que pour uous seul et
ie renonce auec plaisir a toute la terre pour nestre jamais qua uous.
24
ce 13 septembre
23
au lieu de lextresme plaisir que me donnent toutes uos lettres celle
que Jaý receue ce soir ma percé le cœur Lon ne peut rien jmaginer de
plus offensant que ce que uous mescriuez ie ne le repeteraȳ point ie
croȳ que uous uous en souuiendrez bien encore et ie donnerois tout
au monde pour pouuoir loublier par quel endroit de ma uie aȳ je peu
meriter lopinion que uous me tesmoignez auoir de moȳ si ie croyois ȳ
auvoir donné Lieu ie uoudrois estre morte mais plus ie mexamine et
plus ie me trouve esloignée de pareils sentimens et graces a dieu je
me sens le coeur aussi noble que ie le dois auoir ie ne ueus plus
uous rien dire sur ce suiet ie pourrois me facher et ie hais fort
laigreur mais pour repondre aus quatre points qui uous ȳ tiennent si
fort ie suis bien trompée si ie ne uous aȳ mandé ȳ que
jliisparrjllii a esté a L. et si je ne laȳ point fait cest
assurément par oublȳ et par ce que ie naȳ pas trouué quil ualust la
peine que ie me souuinsse de luj. je puis uous faire tous les
sermens quil uous plaira quil nȳ a aucune raison que celle la et de
plus ie ne luj aÿ pas dit deus mots pour la joye que uous me
reprochez dauoir eue de trouuer jliiguljlljdenjllyleujlii icȳ ie ne
uous ȳ repondrez point car cest une opinion ridicule, et rien au
monde n’est si mal jmaginé a lesgard de la foire ie uous assure que
ie naȳ pas dit un mot pour ȳ aller mais comme ie suis de bonne foȳ
ie ueus bien uous _’auouer_ et pour mon nouuel amant uous estes fou
de uous jnquieter pour luj car jl est loin dicȳ et selon toutes les
aparences ie ne le uerraȳ point et ses soeurs nȳ personne du monde
ne me feront jamais faire aucune demarche contre la tendresse dont
jaȳ le coeur si rempli ie uous aȳ déia mandé que ie suis persuadée
quil ne uiendra point a han. mais si cela arriuoit pourueu que ie
sois plus contente de uous que ie ne la suis ce soir ie brutaliseraȳ
plustost que de soufrir ces uisites ie suis bien sotte de uous
rendre raison sur toutes uos uisions uous qui en auez peu sur tout
ce qui me regarde et qui mauez desesperée par uos tre belle lettre
jl est uraȳ que uous uoulez ensuitte reparer uostre faute mais cela
ne suffit point et ie ne suis pas contente car ie ueus uostre estime
et uous ne temoignez pas en auoir pour moȳ, la Confidente en a receu
hier une de laimé jlliketjllilerjlli qui lui escrit par lordre du
jlljlandjlljgrajlliuejlli pour faire ses complimens a Leonisse puis
que uous uoulez lappeller ainsi et pour lassurer quil fera son
possible pour la uoir icȳ ou a la foire ie ne croȳ pourtant pas que
cela se puisse par ce que nous partons demain et lon nȳ sera quun
seul jour ie uous escriraȳ dabor, que ie seraȳ arriuée et ie uous
rendrai un conte sincere et fidelle de tout ie ne uous diraj rien de
tendre pour ce soir car uous ne le meritez point ie crains bien que
ie nauraj pas la mesme force demain et que ie ne me souuiendrai plus
de ma colere car Jai furieusement du tendre pour uous et quoi que ie
ne uous le dise point ie sens bien que ie uous aime auec une passion
qui neut iamais desgale.
25
fra ce 14/24
je suis ici depuis deus heures le peda. a esté descendre chez la p.
jllitajllirenjllitejlli ou ie naý ueu que de soste figures de la nous
auons esté a la foire ou ie naý pas ueu une personne de qualité la
Marionette est icȳ et sa belle soeur ie ne les uerraȳ que demain dont
ie suis bien aise car ie pourraȳ me reposer dont jaȳ grand besoin
naȳant pas fermé loeil toute la nuit un aȳ passé la moitié a uous
escrire et lautre a me chagriner sur ce bel endroit de uostre lettre,
ie nous prie bien fort de ne me plus donner de pareils suiets dennuý
car ie suis fort delicate sur le chapitre dont il est question hors ce
uilain endroit que ie ne saurois oublier et qui gaste tout uostre
lettre est charmante et rien nest si dous que tout ce que uous me
dites. raccomodez cette affaire si uous uoulez estre bien auec moȳ car
elle me tient fort au coeur le mien est si rempli de uous que quoi que
jaȳe suiet de men plaindre ie ne saurois mempecher de uous dire que ie
me suis faite une uiolence horrible hier au soir pour ne uous point
parler de ma tendresse jamais on nen a tant eu et jamais lon a moin
merité de reproches que ie le fais uous estes le plus jnjuste de tous
les hommes dauoir la moindre défiance sur ce qui me regarde je suis
trop ueritablement auous pour que uous aȳez rien a craindre toute mes
actions uous en persuaderont car jl est certain que ma passion pour
uous ua jusqua lexces je uous conjure destre bien persuadé de cette
uerité et quil nȳ a rien au monde que ie ne fasse pour uous faire uoir
que ie suis plus a uous qua moi mesme iespere que ie ne uerraȳ nȳ le
Land. nȳ personne et ie le souhaitte de tout mon coeur si uous trouuez
quelque chose qui ne nous plaise point dans ce que ie uous aȳ escrit
hier nen accusez que le dépit ou uous mauez mise. Il a esté jusqua me
faire pleurer et tous les charmes de vostre lettre nont peu me faire
pardonner larticle ofensant soȳez en repos sur ma conduite elle sera
diuine ie uous en repons et pour le Riual.
26
au nom de dieu menagez vous ma uie est unie a la vostre jl me vient
mille pensée desesperante dans lesprit et je suis accablée de douleur
jaurois peine a vous parler dautre chose jaȳ tout loisir de nourrir
mon chagrin et je suis auec une veritable joȳe dans cette solitude Jai
oublié hier a vous rendre graces de ce que vous me dites au suiet de
la boule rien nest si obligeant je consens a cette condition quelle
deuienne ma riuale car je vous auoue que jaime le triomphe et quil est
fort de mon goust adieu rien nest capable de me faire changer ie suis
née pour vous aimer vous estes ma seule passion je nen aȳ jamais en
auant de vous Connoistre et je mourraȳ en vous aȳmant plus que lon na
jamais aime.
27
mecredi 24.
Il faut vous rendre conte de ce que jaȳ fait hier jai esté tout le
jour seule il est venu un envoȳé du maistre de ce lieu faire
compliment au peda. il sest si fort embarassé dans sa harangue que iaȳ
eu peine a mempecher den rire jl en a fait un aussi au coeur gauche et
sen est allé dabord lon sest promené a pied au retour lon a soupé et
je me suis entretenue auec la Confidente cest le seul plaisir que jaȳe
car nous parlons toujours de vous.
28
Quo que je vous aÿ ecrit hier aux soir je ne pos m’empescher, de vous
dire que j’aÿ passé la plus meschante nuit du monde, j’ay sonjé a vous
mais je vous aÿ veus infidelle, voila le sonje, il me semblais, que je
vous avois prie de ne poin voir un sertain grant homme, et que malgre
vos promesse vous lavie fais entré ché vous pour luÿ dire adieux, j’en
fus avertis, ne pouvan énduré cette infidelité, je feinjis d’avoir une
lettre de Mad: vot̂re maire pour vous donner j’entraÿ prusquement dans
vostre schambre, et je vis le spectacle le plus affros du monde, ces
grans M. vous tenais émbrassé, et que pis aÿ, vous aitié sol dans
vostre schambre. vous faisie unpos la vasché contre vostre adonus en
luÿ disant qui laitois impertinent, je voulus aussi me retire mais
vous m’apellaté, je fus ravis de cela parce que cela me donna lieux de
vous dire en oreilje que vous aitié la plus ingrate de tous les dames,
et que ce seraÿ la dernierefois que je vous parleraÿ, en éffaÿ je fus
trouver M. de Pude, pour luÿ prier de m’envojer en Hongrie, ce qu’il
fit. je vous demande pardong du sonje criminel, mais je me croirais
bien plus criminel si je vous en avertissaÿ poin, ne croje pas que je
l’invante non j lay surmondieux vraÿ, pourlamour de tous ce qui vous
aÿ le plus schaire, aje soin de me fortifier l’esprit, et tiremoÿ de
ma crainte, j’ay por que ce sonje saÿ qu’elque pressage funeste, et
qui ne vos dire rien de bong. Il seraÿ injuste q’un tendre amour
m’attiras des infidellites, je ne l’éspaire pas car pourquoÿ
voudrievous abandonner un coeur qui vous adore, et qui vous jure de
vous aistre fidelle, si des telles vos vous pove attascher uniquemens
à moÿ, je vous proteste devan Dieux, que jamais je vous serraÿ
infidelle, et que je vous aimeray toute ma vie avec la maime passion
que je fais astor. Can j’auray l’honnor de vous éntretenir de la
debeausche faite hier vous riraÿ bien, la baronne si aÿ sinjales et
les grande barbe suedoise, on faite le meljor ... du monde, elle a
tens aites fro ... os que la planjer de song tei ... turel, à commensé
à paraistre se qui à fais le plus plaisans spectacle de monde; Elle ma
demande pourquoÿ je me divertissaÿ poin je luÿ respondis que j’aitois
venus faire ma cour à M. Bil. et non pour me divertir, en me quitans
elle ma donné le non de traiter, surquoÿ je louÿ ai repliqué, que je
ne laistas pas encor mais que je le pouraÿ bien devenir. M. le Duck, a
joué à l’homber hier au soir sches Elle, voila le Diable, je finiraÿ
en vous prians de vous preparer à me tirer de l’inquiettudes aux je
suis, et de me croire, inviolablement attasches à vous et à tous sos
qui vous regarde, je vous émbrasse de tous mon coeur, et je paise un
milion defois vostre portrais, adieux.
29
venes sur un vendredis au soir ici, et attandes que l’Elector vient
ici, si lon oste pas _Prince Max_ vous vous pouves retourner, et cela
vous servira de pretexte aupraÿ _Duc de Celle_ et _Prince électoral_
mande mois si vous agrees, ma pense, si vous le pouves faire faite que
je vous vois car franjement je ne puis plus vivre de la sorte, pour la
mour de mois de vous faite que je vous vois et que je vous embrasse,
car san saite satisfaction la vie may rien.
30
La joÿ de voir le Ref: partÿ a étté interrompu par le schagrein de
vous voir malade, j’aispaire pourtang que cela ne sera pas grans
schose, car san cela je n’en pouraÿ dormir toute la nouit, j’aispaire
a vous émbrasser demain aux soir, j’attemps le sinjal ordinaire, et le
meschang temps m’enpescheras pas de gouter du plaisir, de vos
scharmantes émbrassades, amoin que vous me l’ordonnié austrement je me
flatte du contraire et j’aispaire que vostre émpressement reponderas
aux mien; si vous ne sorte pas demain, sisi souffira pour vous assuré
que les momens me durerong des siecles, et que le temps que je suis
éloinjé de vous sont sos que je posse inutilement dans le monde et que
je suis prait a venir demain aux lieux connus, j’áttemps le sinjal et
je suis vostre tres-obeissant valet.
31
Lon ne pos aistre plus contemps de vous que je le suis vos mamire
obligante d’hiair, vostre tres-schere lestre, enfein tous me scharme,
je commense à revivre, et la journé d’hiaire et unne de sos quil fos
que je marque dans mon livre; pour bien en profiter je vous prie que
je vous vois se soir, j’attendraÿ le sinjal avec bien de l’impatiance
car je mor d’anvie de vous temoinger ma joÿ elle ait axsaissive, et ne
se post exprimer, pour lamour de vous de moÿ, et de tous se qui vous
aÿ schaire, continue _de la_ sorte, vous pouraÿ allors me persuader
que je n’aÿ rien à craindre, que je seraÿ toujour horos et contemps,
voila le plaisir de l’amour, son la les scharmes d’un attaschement
seinsaire et veritable; L’avos du Grond: me donne encor beaucoup
d’ésperanse tasché de l’attendrir, vous le pouraÿ si vous voules, mais
il faux vous j appliquer, et bien prendre vostre temps saye avec cela
persuadé, que si le siel me destinne le bonhor de vous posseder, que
j’auraÿ les maniere tous austre, que vous vous les immaginée, et je
vous jure que je le regleraÿ sur les vostre, ajouté fois a set avos
car j laÿ seinsaire et par d’un amme san fosseté, et san finesse;
Comme le temps aÿ bos je me flatte à vous voir a la volerie,
j’aispaire de vous j trouver tendre, et contemps adieux jusque la,
vous me diraÿ bien un petit mos, du quel je pos voir que vous accorde
ma priaire.
32
le 2^{me}
Vous me faite mourir can vous faite des complimens, parseque vous ne
me reponde poin sur tous les poin des miennes je vous aÿ prié de ne
poin écrire de tous, et à me fair solement savoir par _Mlle. von dem
Knesebeck l’etas de votre santé_ je le repaite éncor ici, et vous
conjure de ne le poin faire si cela vous donne la moindre fatigue, jl
soufit pourvos que vous me marques dos mos, affein que je voje saite
devinne écriture la quelle aÿ capable a bannir tous les craintes que
je me forme. La resolution que je dois prendre selong l’avis de tous
mes amis, me mait à l’hasar, que can _joray quité_, je feraÿ resonner
tous le monde, et postaistre me feraitong dire par un troisiemme, que
_lon souhaite_, que _je me retire_, que deviendrage allors, crojé moy
quil fos penser a toust avan que de prandre unne ferme resolution, la
schose m’aÿ de tros grande consequence; _Duc de Hanovre_ trouvera
mille jans comme _Königsmarck_ mais je me flate que _Princesse
héréditaire_ n’én trouveras jamais qui sois si fidelle, et que aime
avec plus d’ardor que moÿ, L’exaÿ de ma passion vas à la follie, helas
ma très schaire vous merites bien d’autres que _Königsmarck_, je souis
tres persuadé que si lon vous devraÿ avoir donné un galang selong vos
merite, je n’auraÿ pas eus le bonhor d’aistre vostre Esclave, mais si
qu’elcun d’unné passion Extraordinaire d’une constanse sans Egalle
auraÿ dus aistre vostre galang j lay juste que se soÿ mois, car je le
desputeraÿs non pas oh Mortels, mais aux dieux maime, et je leur defie
d’en faire un qui m’égalise; Que les sermans on daifaÿ cant on aÿ dans
l’estas, _aux vous aites_, jamais je naÿs etté plus contemps de vous,
jamais je vous aÿ plus crus, qu’a presang, vous m’aimeraÿ dong toujour
jan pos aistre assuré, car vous me iuré que tan que je vous aimeraÿ,
vous feraÿ demaime je vous aimeraÿ touste ma vie, et vous me jures la
maime schose, que poje plus pretandre, tous mes vos sont éxhausé, je
souis l’homme du monde le plus horos; _gerisse_ vous, et je pos aistre
aux comble de may joÿ, je souis poin contemps, que vous preferais á
m’ecrire, plus qu’a prendre du repos, je vous conjure sonjes à
_prendre vostre repos_, et pouis à vostre _amang_. Que je vos du mal à
vostre coeur, de son mauvaÿ gous, vous quiter pour venir sché moÿ, jl
ne connais pas la diferance, laisse cela aux mien, jl faux pas
schanger en mal mes en bien. Vostre resit me fait tramblé, et je
crains que _la fievre_ laustre _accidans_ ne vous _abate tang_ que
vous _ne saurie vous remaitre si tos_. je ne saÿ mon coeur me dis que
vous _aite hor de danje_ je naÿ plus tans d’inquiettude que j’aÿ eus
du comensements, je pran cela pour un traÿ bon sienge, dumoin je m’én
flatte et je souhaite ardaments que cela soit einsÿ, j’espaire que mes
vos sont éxhausé, et qu’a lor qui laÿ vous vous _portes mieux_. La
resolution que vous aves prisse, de prandre _se que je vous avois
laise_ aÿ _grande_, je vous avoue que si je l’avois seus auparavang,
j’an auraÿ tramblé, mais comme toust aÿ bien allé, je souis enrepos, j
lia que le schagrein, _daitre caus_ que vous _soufres bien plus_ et si
vous vous _trouvie astor plus mal_ je serais inconsolable. je souis
obligé d’avouer que les marques de vostre tendraise surpasse à presan
beaucoup les miennes rien nay si touschang, que se que vous m’écrives
... de _devenir malade_ je ne trouveraÿ pas _locasiong_ à vous faire
voire combien de tendraisse j’aÿ pour vous. Atil possible que _Duc de
Hanovre_ soit assaÿ _baite de vous avoir refuser la pose_ je feray
plustos, mourir 20 _feltmarescho_ que de _refuser_ unne fois à
_Princesse héréditaire_ pareilje schose. Quois que _Prince
héréditaire_ ne _revienne_ pas si tos et sur les ordres que lon avois
devulgué con avois envojé, nous somme pourtang _deja dans le mois_ de
_septembre et la campanjeay bintos finnis_ faite reflextion la desu
adieux.
33
se tienne à 8 heure du soir aupres la porte de la grande salle, aux la
Pr: à cutume de jouer, jla poura recevoir la en toute sureté, puisque
personne j passe, Demain éstang le Dimange.
34
j lÿ sera à leur sudite ne doute pas de sa fidellite. Adieux
inconparable Deesse je vous donne le bonsoir, et souhaite que vous
sonjé autang à moy comme je fais à vous, appres avoir relus éncor une
fois votre lettre, je m’endormiray, avec l’esperane de songer d’autre
schose que de vous. je vous émbrasse un Million de fois, et suis votre
tres-obeissant ser.
CORRESPONDENCE OF SOPHIA DOROTHEA
AND COUNT KÖNIGSMARCK
F 3
[FROM KÖNIGSMARCK TO SOPHIA DOROTHEA]
[_Spring of 1692._]
What sufferings one has to bear when it is necessary to separate from
you! All the torments in the world cannot cause such suffering! But I
recover from my trouble, since you are of opinion that I ought not to
have any feeling of jealousy. I must avow to you that it is difficult
to feel none when one is far away from the object one adores. But, my
angel, you have made me so many promises of behaving well that I place
confidence in you; and I can assure you that at the present moment I
am free from jealousy, but not without feeling troubled; and your
departure troubles me more than ever. I cannot understand what is to
become of me in the end; I well know that I cannot always be in sight
of you, and yet I feel [only] too much that I cannot separate from
you. See in what condition your beautiful eyes have put me. I send you
a copy of the letter of which I spoke to you, word for word like the
original; and I ask your pardon for the scrawling hand of which I have
made use; I had it copied by my page, who does not know what he
writes.
M. Gor brought me a complimentary message from the Duchess of
Eisenach;[197] she sent word to me that, though I had avoided speaking
to her, she would show that she takes more thought of me than I take
of her. I will swear to you that not only did this compliment give me
no pleasure, but, on the contrary, it vexes me that she ordered it to
be delivered to me. I have not left my room all to-day, and I think
that I shall do the same thing to-morrow. Let me know, by way of
consolation, how you are faring and when you will return. I shall die
with vexation and trouble if I do not see you soon. Good-bye, my
beloved heart; think of your faithful lover, and do not forget him [?]
among all this crowd of people. Once more, adieu!
_Thursday, at 12 o’clock after midnight._
My pain in the chest continues, but I have had no fever....
-----
Footnote 197:
Amalia, Duchess of Saxe-Eisenach, a born Princess of Nassau-Dietz. Cf.
as to her visit to Celle in March 1692, Colt _ap._ Wilkins, p.
163.—Königsmarck mentions a “M. de Goritz” as a brother-officer in the
Flemish campaign, ib. pp. 216, 232; he appears to be identical with
Count Frederick von Schlitz-Goertz, who afterwards became Marshal of
the Court and President of the Chamber, and, after accompanying George
I to England, died as Prime Minister at Hanover. See Vehse, _Gesch. d.
Höfe d. Hauses Braunschweig_, Part I. pp. 116, 187, and Part II. p.
10.
-----
F 6
[FROM KÖNIGSMARCK TO SOPHIA DOROTHEA]
_Sunday [Spring of 1692]._
Yes, Madam, I will suffer for your sake, as you command me to do so;
but when shall I be fortunate enough to find myself at the point to
which I aspire—I mean in your arms? But when shall I have this
satisfaction? I lose all hope, for in the way in which things go on, I
cannot flatter myself that it will come about. My mind gives way over
it all, and, if I write to you without rime or reason, do not find
fault with me on that account—it is [because of] the despair to which
I find myself reduced. If you disbelieve me, I beg you to look at
these [gray] hairs which I had pulled out of my head this morning: I
cannot declare to you that they turned last night; but I can swear to
you that a week ago I had none. Believe me that my despair is great,
and that my trouble is extreme. I stay on for the love of you; I risk
honour, reputation, and ambition; for, since I do not join in the
campaign, what will they say of me; and why do I risk this, without
seeing you after all? I have reached this extremity that I must either
conquer [?] or die. Use therefore your force [influence] with the
_Gro[ndeur]_; it is he who alone can save us, and I call this to
conquer. I absolutely must have your commands as to what I am to do.
To stay on in this way at Han[over] is out of the question; for after
three weeks you will go [away] with the _Gron[deur]_. What shall I
then do in a place from which you are absent? I beg you to reflect on
that, and after that give your commands; I am ready to show you by my
obedience that my love does not listen to reason. You see to what
state you have reduced me, for I sacrifice to you my ambition, which
is the single thing that up to this time I had preserved. See to what
length my passion goes; judge in what state I find myself; do not ruin
me utterly—be more ambitious than I am, and encourage a lover who no
longer has any [ambition]! You would pity me if you quite understood
the troubles that oppress me. I see clearly that it is your trouble
which is killing me; for although we actually are together we never
have anything but trouble; and this is an ill beyond cure. The only
consolation is to play [cards] with you; but the pleasure of looking
at you is never allowed me; for at one time the _Schwartz gesicht_
[black face], at another the Innocent One, at another some one else
among the maids [of honour], comes to watch us. All this is enough to
make me die of it. Console me, I entreat you, or I shall despair; and
my despair may drive me to seek remedies unworthy of a man of honour.
You wait for me, certainly; but, Madam, when one is in the Labyrinth
as I am, honour and trust come to an end. It is well to come to a
close, or I shall be still more enraged.
F 1
[FROM SOPHIA DOROTHEA TO KÖNIGSMARCK]
On the Brockhausen journey.[198]
_Tuesday [1 June 1692]._
The Hereditary Princess is very impatient to know whether Königsmarck
has arrived safely. Many things have happened which the Hereditary
Princess has written on a quite clean half-sheet. I cannot console
myself for having lost Königsmarck so soon; this makes his absence a
thousand times harder to bear. I am worn out to the point of being
unable to keep up any longer. The excess of enjoyment and the sorrow
at seeing no more what I love reduce me to this condition. How hard it
is to take oneself away from you! You are the most amiable of men. The
more one sees you the more charm one finds in you. How happy I am to
be loved by you, and how well I know all my happiness! All my bliss
depends on the continuance of this tender affection. If I am deprived
of it, I no longer wish to live. You take the place of everything else
for me, and I care nothing for the whole of the world besides. I wish
that you may be as pleased with me as I am with you. You have
enchanted me, and I feel fonder of you than ever. Be you the same, and
nothing will be wanting to my happiness. I need not tell you that all
the actions of my life shall declare my attachment to you; for you
must be convinced of this, and time will show you that I do not wish
to live except for you. The Hereditary Princess leaves to-morrow.
I have instructed 220 to send me your letter by [way of] Nienb[urg].
-----
Footnote 198:
_Voyage de Brockhausen_ may mean ‘during the journey from’ or ‘to
Brockhausen.’ This and the following letters appear to belong to the
dates here assigned to them; but it is possible that they belong to
June 1693. The Princess left Hanover for Brockhausen on June 21, 1692,
see Wilkins, p. 180; as to her movements to and from that place in
June 1693, see ib. pp. 256-76. After a careful consideration of dates,
as well as of the general contents of the letters, I have come to the
conclusion that the 1692 date is the more probable. Brockhausen, or
Bruchhausen, was a country-seat of the Duke of Celle, situate, like
the town of Nienburg, mentioned at the end of this letter, in the
division of the old countship of Hoya, which had from the middle of
the sixteenth century onwards belonged to the Celle branch of the
House of Brunswick-Lüneburg. Brockhausen is about 18 miles N.W. of
Celle.
-----
F 2
[FROM SOPHIA DOROTHEA TO KÖNIGSMARCK]
Brockhausen,
_Thursday, June 22nd {1692}_.
The Hereditary Princess arrived yesterday evening. She is pleased with
the Duchess of Celle. I have no doubt but that she will do everything
that one wishes. The Duke of Celle is far more difficult [to manage].
I have as yet heard nothing of you, which makes me very sad. I flatter
myself, however, that nothing has happened, inasmuch as I have heard
nothing. The Duke of Hanover goes on Monday to Hanover. This
resolution was taken yesterday; if I had known it sooner, I should not
have started, and I might have been able to see you for some days
more. I am convinced that he waited on purpose, and this truly vexes
me; for I hate worse than death whatever seeks to separate me from
you. It is a great unhappiness to have to pass one’s life as I now
pass mine. I cannot, however, see the end of my woes. Yesterday I had
a thousand thoughts in the chaise which drove me into despair. I could
not think of waiting a whole month before seeing you without mortal
grief; all the measures which I must take ... me. I cannot do without
you; I do not care to see anybody in the world except you; yet I do
not see you; and at every moment I have to be deprived of [the sight
of you]. I can no longer exist in this constraint, it drives me to
despair; my passion increases day by day; I do not know what you have
done to me, but you bewitched me the last time that I saw you, and I
have never loved you with so much ardour as I do. It is certain that
you will [completely] turn my head. Yesterday I wrote a song, and this
makes it clear to me that love works miracles. I cannot keep myself
from telling you my song; it goes to the air ‘_Dans mon malheur_’:
‘Without my ... I loathe all company:[199]
He is my only bliss, my sole content,
The one enchantment of this life to me,
On whom the wishes of my heart are spent.’
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The Electress Sophia and the Hanoverian successionChapter XIX: Appendix: B (2)
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