Chapter IV: Part 4
L'autre voyageur était arrivé à l'auberge où il avait trouvé un bon feu et un bon dîner qui l'attendait. Mais la pensée de la pauvre femme lui revint à la mémoire. Il regretta beaucoup de ne pas lui avoir donné un peu d'argent, et au lieu de s'asseoir devant le feu et de manger la bonne soupe chaude que le domestique apportait, il lui dit: "Mettez deux couverts; je reviens à l'instant!" et sortit en toute hâte.
Il arriva bientôt à l'endroit où il avait vu la vieille femme et la trouva fouillant dans la neige.
"Que cherchez-vous là, ma bonne femme?"
"Une aumône, qu'un monsieur m'a jetée!"
"Oh! elle est perdue dans la neige. Venez avec moi; nous irons à l'auberge, où un bon feu nous attend, et la soupe aussi."
Le voyageur s'aperçut alors pour la première fois que la vieille femme était aveugle, il la prit donc par le bras et la conduisit à l'auberge, où il l'installa à table, devant le feu, et lui fit manger un bon dîner.
Deux anges ce jour-là prirent la plume, l'un pour effacer la mention de la pièce d'or sur le livre où le maître de la voiture inscrivait tous ses bienfaits, et l'autre pour inscrire sur le livre du piéton le bon dîner de la pauvre mendiante.
L'AMOUR D'UNE MÈRE.[25]
[Note 25: This is a popular tale in Touraine, in Central France. It is merely the French version of the tale told by every nation, and has innumerable counterparts. Tours is the capital of the province of Touraine. The Loire is one of the great rivers in France, which it divides into two almost equal parts.]
Au centre de la France, au bord de la Loire, et tout près de la ville de Tours, demeurait une fois un vigneron appelé Jean Bourdon. Il était bon travailleur, mais il était violent de caractère, et il ne supportait pas patiemment sa pauvreté.
Un jour en rentrant de sa vigne, il se disait sans cesse: "Oh! si mon oncle était seulement mort, je serais riche, bien riche, et je ne serais plus obligé de travailler."
Quelques minutes après il vit son oncle près d'une carrière au bord du chemin. Le démon lui parla, et dit: "Poussez votre oncle; il tombera dans la carrière, et sera mort; tout le monde pensera que c'est un accident, et vous serez riche, bien riche, car vous êtes son seul héritier."
Le vigneron exécuta immédiatement cette mauvaise pensée, et ce fut seulement après que le crime eut été commis, qu'il comprit qu'il était un assassin et qu'il méritait la prison et même la mort. Il regretta amèrement sa violence, et continua son chemin en tremblant, et en regardant sans cesse de tous côtés pour voir si quelqu'un était en vue qui pourrait le dénoncer à la police. Il trembla plus fort encore quand il sentit une main sur son épaule, et quand une voix moqueuse lui dit à l'oreille:
"Eh bien, votre oncle est mort. Vous l'avez tué pour hériter de sa fortune. J'ai tout vu, mais si vous me donnez ce que je vous demande, je ne vous dénoncerai pas."
"Oh oui, je vous donnerai tout ce que vous voudrez, tout. Je vous le promets," s'écria le pauvre homme, qui avait bien peur.
"Très-bien, je demande votre fils. Je le réclamerai dans trois jours à moins que vous ne deviniez mon nom."
En disant ces mots, le démon--car c'était un démon,--disparut, et le pauvre vigneron rentra chez lui. Mais il était si triste à la pensée de perdre son fils, et si tourmenté de remords à la pensée de son crime, qu'il lui fut impossible de manger ou de dormir.
Sa femme, inquiète de le voir si pâle, lui demanda enfin ce qu'il avait, et le pauvre homme lui avoua tout. La femme ne lui reprocha pas sa conduite, mais elle courut toute tremblante à l'église où elle raconta toute l'histoire au curé, qui était un brave homme, et qui avait la réputation d'un grand savant et d'un grand saint.
Le curé lui parla longtemps, et quand elle revint à la maison, elle dit à son mari: "Allez à l'endroit où vous avez vu le démon, et appliquez-vous à deviner son nom en priant Dieu de vous aider." L'homme alla à l'endroit où il avait commis son crime, mais le souvenir de ce crime l'empêcha de concentrer assez ses pensées. Il répétait sans cesse: "Oh! que j'aimerais savoir le nom de ce démon," mais comme il pensait plus à son crime qu'à autre chose, il ne trouva pas le nom du démon.
Le second jour la femme alla à l'endroit. Elle était décidée à sauver son enfant, et elle concentra si bien toute son attention, que bientôt elle entendit une petite voix sous terre, qui chantait tout doucement:
"Dormez, mon enfant, dormez bien. Votre papa, le démon Rapax, est parti pour vous chercher un petit compagnon; dormez, dormez bien."
La femme rentra toute joyeuse, et quand le démon se présenta le lendemain pour réclamer son enfant, elle lui cria joyeusement: "Eh, bonjour, Monsieur Rapax, comment vous portez-vous?"
Le démon, tout surpris, partit sans l'enfant, et quelques minutes après le vigneron faillit mourir de joie en voyant son oncle, qu'il croyait avoir tué, et qui venait l'inviter à souper. Le méchant démon Rapax, sachant que le vigneron était violent et envieux, l'avait trompé pour obtenir l'enfant. Grâce à la bonne petite femme il n'avait pas réussi, mais une chose bien certaine c'est que Bourdon ne fut plus jamais violent, il avait trop peur de commettre un crime, et il savait que le remords n'est pas une sensation agréable.
LE CHEVEU MERVEILLEUX.[26]
[Note 26: This is one of the Servian national tales; different versions of it can be found in Wratislaw's "Folk Tales," and in the "Magasin Pittoresque."]
Il y avait une fois un homme très pauvre, qui avait beaucoup d'enfants. Sa famille était si nombreuse qu'il lui était impossible de trouver assez à manger pour ses enfants. Tous les jours il disait à sa femme: "Ma femme, les enfants ont faim. Il m'est impossible de trouver assez à manger pour eux. Je pense que la meilleure chose à faire serait de me tuer avec eux."
"Patience!" disait la pauvre femme; "patience, mon ami, ne vous tuez pas aujourd'hui."
Une nuit le pauvre homme vit en songe un enfant qui lui disait:
"Pauvre homme, vous êtes bien malheureux; mais écoutez-moi bien, et vous serez heureux. Demain matin vous trouverez sous votre oreiller un miroir, du corail et un mouchoir. Prenez ces trois objets, ne parlez à personne, et allez dans la montagne. Vous trouverez une petite rivière. Suivez le cours de la rivière, et vous arriverez à la source.
"Là vous verrez une belle jeune fille. La jeune fille vous parlera, mais ne répondez pas. Si vous parlez, elle vous changera en poisson ou en un autre animal. Asseyez-vous à côté de la jeune fille. Elle placera sa tête sur vos genoux. Alors vous chercherez avec soin. Quand vous aurez trouvé un cheveu rouge, arrachez-le.
"Sauvez-vous immédiatement avec ce cheveu rouge. La jeune fille vous poursuivra. Jetez le mouchoir, le corail et le miroir, l'un après l'autre, et elle s'arrêtera pour les regarder. Continuez votre route, vous arriverez à la ville, vous vendrez le cheveu à un homme riche pour une grande somme d'argent, et vous serez assez riche pour élever tous vos enfants."
Le lendemain matin, quand le pauvre homme s'éveilla, il mit la main sous son oreiller. Il trouva le mouchoir, le corail et le miroir. Il partit pour la montagne. Il arriva à la rivière. Il suivit le cours de la rivière, et il arriva à la source. Là il vit une belle jeune fille, qui lui dit:
"D'où venez-vous, brave homme?"
Il ne répondit rien. Elle répéta la question, mais il ne parla pas. Il s'assit à côté d'elle sans parler. Elle plaça sa tête sur les genoux de l'homme. L'homme chercha avec soin et bientôt il trouva un cheveu rouge. Il arracha le cheveu rouge et partit en courant. La jeune fille poursuivit l'homme. Elle courait plus vite que lui. Quand il vit qu'elle allait l'atteindre, il jeta le mouchoir. La jeune fille, qui n'avait jamais vu de mouchoir, s'arrêta pour l'examiner, et l'homme continua à courir.
Quand la jeune fille eut assez examiné le mouchoir, elle continua la poursuite. Quand l'homme vit qu'elle allait l'atteindre, il jeta le corail. La jeune fille s'arrêta pour examiner le corail avant de continuer la poursuite. Quand l'homme vit qu'elle allait l'atteindre, il jeta le miroir. La jeune fille s'arrêta pour s'admirer, et l'homme arriva chez lui et raconta toutes ses aventures à sa femme.
Le lendemain l'homme alla à la ville. Il se plaça sur le marché, et commença à crier: "J'ai un cheveu rouge à vendre. J'ai un merveilleux cheveu rouge à vendre." Quelques minutes après un homme arriva et dit: "Je vous donnerai un sou pour votre cheveu rouge. "Ce n'est pas assez!" dit l'homme. Un autre homme arriva: "Je vous donnerai le double, deux sous," dit-il. "Ce n'est pas assez."
Les autres acheteurs arrivèrent, et ils commencèrent à dire l'un après l'autre: "Je vous donnerai le triple, trois sous."
"J'en donnerai quatre."
"J'en donnerai cinq."
Ils continuèrent ainsi et un homme dit enfin: "Je donnerai vingt sous, un franc."
Les enchères continuèrent, et la foule augmentait toujours. Le prix du cheveu rouge augmentait rapidement aussi. Enfin le roi arriva et dit: "Je vous donnerai dix mille francs." L'homme accepta cette somme et alla à la maison, où il se trouva assez riche pour élever ses enfants. Le roi porta le cheveu merveilleux dans son palais, le coupa dans sa longueur et trouva une inscription, qui racontait les choses importantes qui s'étaient passées depuis le commencement du monde, et il ne regretta jamais d'avoir payé dix mille francs ce cheveu merveilleux.
UN CONTE DE MA MÈRE L'OIE.[27]
[Note 27: This is one of the folk tales told along the banks of the Danube. It forms part of the Slavonic folk lore.]
Dans une contrée traversée par le Danube il y avait une fois un roi qui se trouva forcé, peu de temps après son mariage, de quitter la reine, sa femme, et de partir pour la guerre. Son absence fut longue, très longue, et la reine attendait son retour avec impatience. Elle voulait lui montrer son fils qu'il n'avait jamais vu, car l'enfant était né après son départ.
C'était dans les temps où il n'y avait ni poste, ni téléphone, ni télégraphe, ni chemins de fer, ni bateaux à vapeur, et la pauvre reine n'avait pas de nouvelles de son mari, et le roi n'avait pas de nouvelles de sa femme. Enfin la guerre fut terminée, et le roi se mit en route pour son royaume. Un jour il se trouva en grand danger de périr dans un torrent, et il dit:
"Oh! ma chère femme, je vais périr ici, sans vous revoir!"
Un corbeau arriva et dit: "Roi, promettez-moi que vous me donnerez la chose que vous avez de plus chère au monde, mais que vous ne connaissez pas, et je vous sauverai."
Le roi pensa; "La chose qui m'est la plus chère au monde c'est, sans doute, ma femme. Pour le plaisir de revoir ma femme, je donnerais volontiers une chose que je ne connais pas!"
Le roi accepta donc la proposition du corbeau, qui dit: "Je suis généreux, ô mon roi, et je vous laisserai cette chose pendant sept ans avant de la réclamer."
Le corbeau sauva donc le roi, qui arriva à la maison, où il vit la reine, et où sa surprise fut grande de trouver un joli petit enfant, qui était son fils. Mais son chagrin fut presqu'aussi grand que sa surprise, quand il pensa à la promesse qu'il avait faite au corbeau.
Le temps passa vite, trop vite, et quand le petit garçon eut sept ans, le corbeau arriva, et disparut aussitôt avec l'enfant royal.
Le corbeau transporta le petit prince dans une vallée profonde, inconnue, solitaire, et le donna à un pauvre homme qui demeurait là avec sa femme et sa petite fille, qui n'avait que cinq ans, mais qui était très avisée.
Les deux enfants étaient très heureux ensemble. Le père et la petite fille aimaient beaucoup le petit prince, mais la mère ne l'aimait pas, et elle le maltraitait beaucoup, car elle était méchante et un peu sorcière.
Un jour cette femme dit à son mari: "Jean est trop avisé; il faut nous débarrasser de lui."
L'homme protesta en vain; la femme appela Jean, et dit: "Jean, vous êtes grand maintenant, mais vous ne travaillez pas assez. Il faut que vous abattiez cette forêt, d'ici à demain, et que vous bâtissiez un pont qui chantera quand je passerai dessus."
Le pauvre Jean était très triste. Il appela sa petite amie Catherine, et dit: "Catherine, votre mère est bien cruelle! Elle dit qu'il faut que j'abatte la forêt, d'ici à demain, et que je bâtisse un pont qui chantera quand elle passera dessus."
"Oh!" dit la petite Catherine; "allez vous coucher, mon cher Jean. Cette tâche n'est pas difficile. Je vous aiderai, mais faites bien attention de ne pas boire le lait que ma mère vous donnera demain matin."
Jean alla se coucher tranquillement, et la petite fille, qui était un peu sorcière aussi, courut à la forêt, évoqua les esprits, leur commanda d'abattre la forêt et de bâtir un pont qui chanterait quand sa mère passerait dessus.
Le lendemain matin Jean se présenta devant la femme, et dit: "C'est fait!"
"Ah! très-bien, mon bon enfant; voici du lait; buvez-le," dit la femme. Mais Jean, qui n'avait pas oublié la recommandation de Catherine, ne but pas le lait.
La femme était fâchée, et elle dit à son mari: "Mon mari, Jean est trop avisé; il faut nous débarrasser de lui."
L'homme, qui aimait Jean, protesta, mais en vain, et la femme dit à Jean:
"Cette nuit vous irez dans l'écurie, où vous trouverez six chevaux. Sellez et bridez ces chevaux, et faites-les trotter."
Jean était très content parce qu'il croyait (pensait) que c'était très facile, mais Catherine dit: "Jean, ce n'est pas facile, car un de ces chevaux est ma mère elle-même. Mais si vous prenez ces six brides magiques, la chose sera facile."
Jean prit les brides que Catherine lui donna; il brida et sella les six chevaux, il les fit trotter toute la nuit, et avant de rentrer il les conduisit à la forge où il les fit ferrer.
Le lendemain matin quand la méchante femme se réveilla, elle poussa des cris terribles, car elle avait des fers aux mains et aux pieds. Elle était furieuse, et elle dit avec rage: "Ce misérable Jean périra, ce misérable périra!"
Catherine, en entendant ces menaces, dit à Jean:
"Partons, fuyons, ma mère est furieuse. Si nous restons ici, elle nous tuera tous les deux!"
Avant de partir Catherine s'arracha trois cils. Elle jeta un cil dans la chambre, elle jeta un autre cil dans la cuisine, et elle jeta le troisième cil sur le perron.
Quelques minutes après le départ de Jean et de Catherine, la mère cria: "Catherine, ma fille, que faites-vous?"
Le premier cil, que Catherine avait jeté dans la chambre, répondit aussitôt: "Ma mère, je suis très occupée, je fais le lit."
Une deuxième fois la mère demanda: "Que faites-vous donc, Catherine, ma fille?"
Le deuxième cil répondit: "Maman, je fais la cuisine."
Enfin la mère cria une troisième fois: "Catherine, que faites-vous donc?"
"Ma mère, je balaie le perron!" répondit le troisième cil.
Les deux fugitifs étaient déjà loin quand la mère s'aperçut de leur fuite. Elle ne pouvait pas les poursuivre, car elle avait des fers aux mains et aux pieds, mais elle dit à son mari: "Allez chercher les enfants; ils sont partis."
L'homme obéit; il poursuivit les enfants.
Catherine s'arrêta tout à coup écouta attentivement, et dit à Jean:
"Jean, mon père arrive. Je vais me changer en un champ de blé; vous serez le gardien du champ!"
Quand les deux enfants furent déguisés ainsi, le père arriva. Il ne reconnut pas Jean, et dit: "Gardien, avez-vous vu passer un jeune homme et une jeune fille?"
"Oui," dit le gardien, "je les ai vus passer quand on semait ce champ de blé!"
Alors le père courut plus vite. Quand il fut parti, Jean et Catherine reprirent leur forme naturelle et continuèrent leur fuite. Mais bientôt le père s'approcha d'eux une seconde fois, et Catherine dit à Jean: "Vite, vite, Jean, changez-vous en prêtre; je serai l'église, et mon père ne nous trouvera pas."
Le père arriva aussitôt que le déguisement eut été accompli. Il s'adressa au prêtre, et dit: "Avez-vous vu passer un jeune homme et une jeune fille?"
"Oui!" répondit le prêtre, "je les ai vus passer quand on bâtissait cette église!"
L'homme, fatigué et découragé, abandonna la poursuite. Mais la mère, qui avait soif de vengeance, monta sur un manche à balai et partit rapide comme l'éclair.
Catherine dit à Jean: "J'entends ma mère qui arrive. Changez-vous en étang; je me changerai en canard." La mère arriva. Elle s'aperçut de la métamorphose, et elle ne pensa qu'à punir les enfants. Elle commença donc à boire l'eau, mais elle but si avidement qu'elle mourut.
Alors Jean et Catherine continuèrent leur route. Ils arrivèrent dans une forêt, où ils rencontrèrent le roi et toute sa cour à la chasse. Le roi regarda le jeune homme et la jeune fille. Il les questionna, et bientôt il reconnut son fils, et l'embrassa avec des transports de joie.
Le jeune prince finit par épouser la jolie Catherine, qui continua à l'aider comme par le passé, et ils furent toujours très heureux.
GODEFROI, LE PETIT ERMITE.[28]
[Note 28: One of the stories in the collection of Canon Christopher Schmid, the German writer, who was born in 1768 and died in 1854. These stories were translated into French by the tutor of the Comte de Paris in 1842, and have been the delight of French as well as of German children. In the original version this story is very long indeed, as the worthy Canon used his stories as vehicles for his religious teachings. This is a complete outline of the story.]
Il y avait une fois un pauvre homme qui avait une très grande famille. Cet homme était pauvre, mais il était toujours occupé, il était très industrieux. Cet homme avait une petite maison, et comme sa femme était aussi très industrieuse, la maison était toujours en ordre.
L'homme, qui s'appelait Pierre, avait aussi un petit jardin. Dans ce jardin il cultivait quelques arbres fruitiers, et il y cultivait aussi beaucoup de légumes. Au printemps, en été, et en automne, cet homme industrieux travaillait dans les champs de ses voisins qui étaient plus riches que lui, et qui le payaient bien.
Il travaillait aussi pour les pêcheurs, car sa maison était près de l'eau. En hiver, quand il ne pouvait pas travailler dans les champs, et quand le temps était trop mauvais pour aller à la pêche, il restait à la maison, où il fabriquait des filets ou des paniers, qu'il vendait aux pêcheurs ou aux fermiers.
Les enfants de cet homme étaient très industrieux et très intelligents. Le plus intelligent était Godefroi, qui avait douze ans, et qui était assez grand pour aider son père aux champs, au jardin, à la pêche, et à la fabrique de paniers et de filets. Mais Godefroi n'était pas toujours sage. Il aimait mieux jouer que de travailler.
Un jour le père dit à Godefroi: "Mon fils, tu as été sage pendant une semaine, et maintenant tu mérites une récompense. Demain matin, si le temps est beau, nous irons à l'Île Verte que tu vois en mer à une grande distance d'ici. C'est une île où demeurait mon père. Sur l'île nous trouverons beaucoup d'osier pour faire nos paniers, et nous trouverons aussi un grand noyer. Nous cueillerons les noix, et nous les apporterons à la maison, où tu pourras les manger cet hiver."
Godefroi était naturellement enchanté. Il se leva de bonne heure le lendemain matin, et quand il vit que le temps était superbe il s'habilla vite, et courut déjeuner. Après déjeuner le père dit: "Maintenant, Godefroi, aide-moi à faire les préparatifs de départ. Voici une quantité d'objets. Porte-les au bateau."
Godefroi vit deux petites haches, un grand manteau d'hiver, deux paniers, une corde, une marmite, un pot de lait, cinq pains, et de la viande, et il dit à son père:
"Toutes ces choses ne sont pas nécessaires. Un pain est assez. Il fait chaud; pourquoi prendre ce manteau d'hiver?"
"Oh!" dit le père, "c'est plus prudent. Je suis allé à l'île une fois. Une grande tempête est arrivée. J'ai été obligé de rester trois jours sur l'île. Je n'avais pas assez de provisions et j'avais froid. Maintenant, si une tempête arrive, nous aurons assez de provisions, et nous aurons un bon manteau d'hiver pour nous couvrir."
Le petit Godefroi répondit: "Le temps est magnifique aujourd'hui; il n'y a pas de signe de tempête; c'est vraiment absurde de charger le bateau ainsi!" car Godefroi pensait qu'il était aussi sage que son père.
Mais le père insista, et Godefroi porta tous les objets dans le bateau. La soeur de Godefroi dit: "Voici un chapeau neuf pour toi, Godefroi, un chapeau que j'ai garni moi-même. Regarde, j'ai mis un beau ruban vert à ton chapeau, et je l'ai attaché avec des épingles, car je n'avais pas le temps de le coudre."
Godefroi dit adieu à sa soeur, à ses six frères et à sa bonne mère, et partit joyeusement avec son père.
L'Île Verte était à une grande distance; elle était à une si grande distance qu'elle paraissait bien petite. Mais bientôt l'île parut de plus en plus grande, et la maison qu'ils avaient quittée de plus en plus petite.
Quand ils arrivèrent à l'île, Godefroi dit à son père:
"Regarde, mon père. Notre maison paraît si petite maintenant. Elle paraît aussi petite qu'une toute petite pierre blanche!"
"Oui," dit le père, "nous avons été trois heures en bateau; nous sommes à une grande distance de la maison. Maintenant, Godefroi, prends une hache et suis-moi."
Le père attacha le bateau avec la corde, puis il prit une hache, et alla couper une grande quantité d'osier. Godefroi coupa de l'osier aussi. Il arrangea les branches en fagots, et il les porta l'un après l'autre dans le bateau. A midi la provision d'osier était toute faite, et le père dit: "Godefroi, j'ai faim, allons dîner."
Le père et le fils allèrent au bateau. Le père s'assit sous un grand arbre, et dit à Godefroi:
"Va chercher le pain, le lait, la viande, et le beurre."
Godefroi alla chercher les provisions. Le père fit du feu. Il mit du pain, du beurre, et du lait dans la marmite. Il mit la marmite sur le feu, et dit: "Nous aurons une bonne soupe au lait." Quand la soupe fut prête, Godefroi et le père dînèrent de bon appétit. Alors le père dit: "Godefroi, porte toutes ces choses au bateau, et alors nous irons cueillir les noix."
"Oh! mon père," dit Godefroi, "allons maintenant cueillir les noix. Je porterai les choses dans le bateau plus tard."
"Non," dit le père, "porte les choses maintenant. Un garçon devrait avoir de l'ordre. Et ce n'est pas de l'ordre, c'est du désordre de laisser ces pains, ce beurre, ce lait, cette marmite, cette pierre à feu, et ce manteau ici sous un arbre."
Godefroi obéit à regret. Quand tous les objets furent à leur place, le père dit: "C'est bien, mon fils; maintenant prends les paniers et suis-moi." Le père alla vers le centre de l'île, et arriva enfin à un grand noyer tout chargé de noix.
Le père grimpa sur l'arbre. Il secoua l'arbre, et les noix tombèrent en grande quantité. Godefroi remplit ses paniers. Il porta les paniers pleins de noix au bateau, les vida, et revint les remplir une seconde, et une troisième fois.
Le père était dans l'arbre, occupé à faire tomber les noix. Godefroi était très occupé à remplir ses paniers. Il ne remarqua pas l'approche d'une tempête. Son père ne la remarqua pas non plus. Godefroi était dans le bateau.
Il vidait ses paniers pour la quatrième fois, quand une grande vague arriva et enleva le bateau. Godefroi saisit les rames pour ramener le bateau à terre, mais les vagues emportèrent les rames. Alors le pauvre garçon commença à crier.
Son père arriva au rivage, juste à temps pour voir disparaître le petit bateau, qui était emporté par les vagues avec une grande rapidité. Le pauvre homme pensa: "Mon enfant, mon pauvre enfant est mort. Il a péri dans les vagues!" Et il pleura beaucoup. La mère de Godefroi avait vu la tempête, et dit: "Oh, voici une tempête terrible! J'espère bien que mon mari et Godefroi sont restés sur l'île." Elle pria toute la nuit.
Le lendemain la mer était calme, mais le père et Godefroi n'arrivèrent pas. Alors la pauvre femme alla chez un riche voisin appelé Thomas et lui dit que son mari et son fils n'étaient pas revenus de l'Île Verte.
Le voisin, compatissant, dit: "Ne pleurez pas, pauvre femme. Il est probable que la tempête a emporté le bateau. Mais votre mari et Godefroi sont, sans doute, sur l'île. Je vais partir immédiatement pour aller les chercher."
Le brave homme partit immédiatement, et avant la nuit il revint avec le pauvre père, qui raconta, en pleurant, que le bateau avait été emporté par la tempête et que le pauvre Godefroi avait sans doute péri. Toute la famille pleura beaucoup, et la mère resta inconsolable.
Mais Godefroi n'avait pas péri. Le vaisseau, emporté rapidement par la tempête, avait disparu dans l'obscurité. Le pauvre petit Godefroi, pâle d'effroi (de terreur), commença à prier avec ferveur: "Bon Dieu, sauvez-moi!"
Après avoir voyagé quelque temps dans l'obscurité, le vaisseau fut jeté sur un rocher. Le choc fut terrible, et Godefroi sortit vite du bateau, et tomba sur le rocher. Quand la tempête fut finie, le pauvre garçon s'aperçut qu'il était sur une île. Son bateau avait été jeté dans une petite anse (baie) entre deux grands rochers.
Il regarda de tous côtés, et ne vit rien que les rochers, et l'immensité du ciel et de la mer. Après quelques minutes, cependant, il aperçut l'Île Verte à l'horizon, mais elle était à une grande distance et ne paraissait pas plus grande qu'une petite plante.
Godefroi courut à son bateau, en disant: "L'Île Verte est là, il faut que je retourne à l'Île Verte!" Mais au bout de quelques minutes il vit que c'était impossible. Le bateau était brisé (cassé). Il vit que les rames étaient parties aussi. Alors Godefroi commença à pleurer. Mais il n'y avait personne pour le consoler, personne pour l'aider, et Godefroi essuya enfin ses larmes.
Il alla prendre du pain et des noix dans le bateau, mangea tristement son souper, et quand la nuit arriva, il s'enveloppa dans le grand manteau d'hiver de son père, se coucha sur le rocher, et s'endormit en pleurant. Le lendemain matin il se réveilla. Le soleil était chaud, bien chaud. "Oh!" dit Godefroi, "j'ai soif! J'ai bien soif; où y a-t-il de l'eau?"
La mer était là, mais l'eau de mer est très désagréable. Elle est très salée, et il est impossible de la boire. Le pauvre Godefroi regarda de tous côtés. Enfin il se décida à quitter le rocher où la tempête l'avait jeté, et à aller chercher une fontaine dans l'île. Il prit du pain et des noix dans sa poche, il mit son chapeau sur la tête, il prit une des petites haches et un bâton et partit.
Il marcha longtemps, longtemps, et découvrit que l'île était formée d'une grande masse de rochers. Au centre de l'île il y avait deux pics très élevés. Les rochers de l'île étaient chauffés par le soleil, et la soif du pauvre Godefroi était toujours plus ardente. Il souffrait beaucoup. Enfin il tomba à genoux en pleurant, et dit:
"Mon Dieu, faites-moi trouver de l'eau, ou je mourrai de soif!"
A cet instant il entendit un petit murmure, et en descendant dans un petit ravin il trouva une source d'eau claire. Quelle joie pour Godefroi! Il but avec plaisir, et alors il tomba à genoux, et remercia Dieu qui lui avait montré cette source d'eau fraîche.
Alors Godefroi mangea son pain et ses noix, et quand il eut fini ce dîner frugal, il gravit (grimpa) la plus haute des deux montagnes.
Du sommet de la montagne il vit la vaste mer, et près de l'horizon l'Île Verte, qui paraissait si petite. Godefroi vit aussi beaucoup de vaisseaux qui suivaient la ligne de l'horizon, mais qui ne s'approchaient pas de son île, qui était vraiment dangereuse parce qu'elle était entièrement composée de rochers.
Godefroi descendit de la montagne, il retourna au bateau, il mangea du pain et des noix, il s'enveloppa dans son manteau, et passa une seconde nuit sur l'île déserte, après avoir pensé à ses parents et après avoir récité sa prière du soir.
Quand le matin arriva, Godefroi vit avec détresse que sa provision de pain était bien petite: "Oh!" dit-il, "je n'ai que peu de pain. J'ai examiné toute l'île hier, depuis le sommet de la montagne, et je n'ai pas vu une seule plante ou un seul arbre fruitier. J'ai vu de la mousse et des sapins, mais il est impossible de manger de la mousse ou du bois de sapin. Je suis sûr que je mourrai de faim ici sur cette île déserte, car mon père m'a souvent dit que l'Île Verte était la seule île sur nos côtes. Il ne sait donc pas que cette île existe, et il ne pensera pas à venir me chercher ici!"
Le pauvre Godefroi mangea aussi peu que possible, mais hélas! son pain diminua bien rapidement. Il alla dans toutes les directions pour trouver des provisions, mais il ne trouva rien, absolument rien. Enfin Godefroi mangea son dernier morceau de pain, et ses dernières noix, et s'assit tristement au bord de la fontaine, en pensant qu'il serait bientôt mort de faim.
Son attention fut bientôt attirée par les poissons qui nageaient dans l'eau limpide: "Oh!" dit-il, "si j'avais seulement une ligne, des hameçons, et un filet, je pourrais prendre des poissons!"
Tout à coup il vit son chapeau. Le ruban vert que sa soeur avait attaché avec des épingles attira son attention. Il prit une épingle, et la courba. Puis il effila le ruban. Il tressa les fils avec beaucoup de soin et fit une ligne. Il attacha l'épingle à une extrémité de la ligne. Il attacha une branche d'osier à l'autre extrémité. Alors il chercha et trouva un ver. Il attacha ce ver à son épingle, et jeta son hameçon à l'eau. Quelques minutes après Godefroi dansait de joie, car il avait attrapé un poisson!
Il courut au bateau, chercha sa pierre à feu, ramassa de la mousse sèche, et en quelques minutes il eut un bon feu. Alors il suspendit la marmite sur le feu. Il mit de l'eau fraîche de la fontaine dans la marmite, et il mit aussi son poisson dans la marmite.
"Oh!" dit-il, "quelle bonne chose que j'aie porté toutes les choses dans la barque (bateau) après notre dîner. Si j'avais laissé le pain, le beurre, la viande, la marmite, la pierre à feu, les haches et le manteau sous le grand arbre, où j'ai dîné avec mon père, je serais mort de faim sûrement. Mon père avait bien raison; l'ordre est une bonne chose!"
Quand le poisson fut prêt, Godefroi le mangea de bon appétit. Le poisson n'était pas très bon, cependant, car Godefroi n'avait pas de sel, mais bientôt il trouva du sel sur les rochers, du sel laissé par les vagues. Godefroi passa dès lors une grande partie de son temps à pêcher.
Il fabriqua un gros hameçon avec un clou. Cette opération fut très difficile. Godefroi aiguisa (fit une pointe) le clou sur une pierre. Il le courba aussi sur une pierre. Il effila sa cravate pour faire une ligne solide, et enfin il attrapa de gros poissons de mer.
Un jour il arriva une grande tempête. Le pauvre Godefroi était malheureux. Il ne pouvait pas pêcher, car les vagues étaient terribles. Les poissons ne venaient pas à la surface. La pluie tombait, et Godefroi était très inconfortable. Le vent était froid, très froid.
Le pauvre Godefroi pleura beaucoup, et quand la tempête fut dissipée, et quand il eut satisfait son appétit, il dit:
"L'automne arrive. Il est certain que l'hiver arrivera bientôt aussi. Il faut que je trouve une grotte, ou je mourrai de froid!" Godefroi chercha longtemps parmi les rochers, et enfin il trouva une grotte, près de la fontaine. Cette grotte était si bien cachée par deux sapins qu'il ne l'avait pas vue.
La grotte était sèche. Godefroi sécha une grande quantité de mousse sur les rochers. Il porta cette mousse sèche dans la grotte et en fit un bon lit. Il sécha le manteau de son père, et il le porta aussi dans la grotte. Il y porta aussi la marmite, les cruches, les haches, la pierre à feu, la corde, et même les clous et les planches du bateau, car la dernière tempête avait complètement démoli le pauvre bateau.
Alors Godefroi dit: "Si j'avais un réservoir, je pourrais y mettre mes poissons, et même quand le temps est mauvais, je pourrais avoir à manger."
Godefroi chercha beaucoup, et il trouva enfin une bonne place. Il fit une bonne digue avec des pierres, il conduisit l'eau de la fontaine dans ce bassin par un petit canal, et il mit dans le bassin une partie des poissons qu'il attrapait.
Il coupa aussi des sapins avec sa hache, fit des fagots des petites branches, et des bûches des grandes branches. Il porta ce bois dans le ravin où était sa grotte, pour y faire du feu en hiver.
L'hiver arriva bientôt. Le pauvre Godefroi fit une porte pour sa grotte en tressant les branches d'osier qu'il avait apportées de l'Île Verte. Il ferma toutes les ouvertures avec de la mousse, et il attacha la porte à deux grands arbres placés de chaque côté de l'entrée de sa grotte.
La neige commença à tomber, et Godefroi, qui ne pouvait pas faire de feu dans sa grotte à cause de la fumée, construisit une petite cuisine dans la vallée. Il prit des pierres et fit un mur. Ce mur et un grand rocher formaient trois côtés de la cuisine. Le quatrième côté était ouvert, et le toit était formé des planches du bateau.
Godefroi y passait une partie de la journée, assis près de son feu. Pour s'occuper, il fabriqua une table et un banc des planches du vaisseau. Il arrangea d'autres lignes. Il arrangea un autre hameçon. Il prit un clou, il le chauffa dans le feu comme il avait vu faire au forgeron du village. Il fit une bonne pointe au clou, car il avait une pierre comme enclume, et sa hache comme marteau. Il fit aussi deux barbes à l'hameçon.
Enfin le printemps arriva. Godefroi, qui espérait toujours être sauvé, vit beaucoup de vaisseaux, qui, hélas! passaient toujours loin de l'île, trop loin pour voir ses signaux désespérés.
Godefroi trouva une petite anse où il y avait du sable fin, et là il trouva aussi des moules et des huîtres. Il mangea les moules et les huîtres avec plaisir, et il trouva des perles dans les coquilles.
"Oh!" dit-il, "mon père m'a dit que les perles étaient précieuses. Je vais trouver autant de perles que possible, et si j'arrive jamais chez mon père, je lui donnerai ces perles, et il ne sera plus pauvre." Godefroi trouva beaucoup de perles; et il trouva aussi des branches de corail, de corail rouge. Il plaça les perles et le corail dans un petit panier qu'il tressa lui-même.
Une année s'était passée depuis que Godefroi était arrivé dans l'île, une année entière. Les habits du pauvre enfant étaient usés, entièrement usés. Godefroi coupa le manteau de son père, et en fit une espèce de robe, comme celle que portaient les moines qui passaient dans le village.
Tout l'été Godefroi pêcha, et coupa du bois, car il voulait avoir une grande provision de bois pour l'hiver, qui arrivait rapidement. Un jour il dit, "Aujourd'hui j'irai de l'autre côté du ravin couper du bois."
Il partit, mais quand il arriva à midi dans son ravin, il leva les mains d'horreur. Le ravin était en feu! Il avait laissé un peu de feu dans la cuisine. Le vent avait attisé le feu. La provision de bois était toute en flammes. Le toit de la cuisine était brûlé. Les lignes à pêche étaient brûlées. La porte de la maison, sa table, le banc, tout, tout était détruit!
Le pauvre Godefroi tomba à genoux, et dit: "Hélas! maintenant il faudra bien mourir. Voici l'hiver, je n'ai plus rien que ma hache et ma robe. Ma provision de bois que j'ai obtenu par mon travail, mes lignes, mes pauvres lignes, tout est perdu!" Et il regarda tristement la fumée noire, qui montait vers le ciel. Pauvre petit Godefroi, il était en effet bien malheureux.
La veille, le père de Godefroi avait dit à sa famille: "Il faut que je visite l'Île Verte. Ma provision d'osier est épuisée." Il partit donc avec deux enfants, et il promit à sa femme qu'il ne permettrait pas aux enfants d'entrer dans le bateau sans lui. La pauvre femme les laissa partir à regret, car elle pensait toujours au pauvre petit Godefroi.
Le père et les enfants arrivèrent à l'Île Verte sans accident. Ils coupèrent l'osier, et quand la provision fut finie, la petite fille dit à son père:
"Papa, viens avec nous sur la montagne. J'aimerais tant gravir une montagne!"
Le père consentit. Ils arrivèrent bientôt au sommet de la montagne, et ils regardèrent leur maison, qui paraissait bien petite. Alors ils se tournèrent et regardèrent la mer. Tout à coup la petite fille dit: "Papa, regarde là-bas. Voilà quelque chose qui ressemble à de la fumée." Le père regarda, et dit:
"C'est de la fumée. C'est probablement un vaisseau en feu!"
"Non," dit le petit garçon, "ce n'est pas un vaisseau, papa, je suis sûr que c'est un volcan, comme j'ai vu dans ma géographie à l'école!"
Le père regarda attentivement, et dit enfin: "C'est curieux, mais je crois distinguer deux montagnes. On dirait une île. Je n'ai jamais entendu parler d'une île dans cette direction-là!"
"Oh, papa," dit la petite fille, "s'il y a une île là, peut-être qu'elle est habitée. Peut-être que notre frère Godefroi est là, sur cette île, car c'est dans cette direction-là que la tempête a emporté le bateau."
Le père, qui avait eu la même pensée, commença à trembler. Enfin il dit: "C'est possible, mon enfant, c'est possible. Rentrons vite à la maison. Je parlerai au bon voisin Thomas. Il me prêtera peut-être son bateau à voile, et j'irai à cette île!"
Les enfants descendirent la montagne, et s'embarquèrent vite. Arrivés à la maison, les enfants et le père racontèrent ce qu'ils avaient vu, et le coeur de la pauvre mère battit plus fort de joie.
"Va vite chez le voisin Thomas," dit-elle à son mari. "Il a un bateau à voile. Il est compatissant; il nous aidera, j'en suis sûre!"
Le père alla chez Thomas, et lui raconta tout. "C'est possible," dit Thomas. "Et demain matin, si le temps est favorable, nous partirons, vous et moi, et mon voisin Jean, et nous irons à cette île."
Le lendemain ils partirent par un temps magnifique, et avant le coucher du soleil, ils arrivèrent tout près de l'île. L'île paraissait déserte. Il n'y avait pas un signe d'habitation. Il n'y avait plus de fumée.
"L'île est déserte!" dit Thomas tristement. "Elle est complètement déserte."
Le père de Godefroi regarda aussi tristement ces rochers inhospitaliers, mais il dit: "Il est tard; débarquons, et nous chercherons dans l'île. Peut-être que le corps de mon pauvre enfant a été jeté ici."
Ils débarquèrent et commencèrent à chercher. Enfin ils arrivèrent dans la petite vallée, toute noircie par le feu de la veille (jour avant). Là ils virent un moine à genoux. Le père s'approcha, et dit d'une voix tremblante: "Mon père, mon brave ermite, avez-vous vu un petit garçon nommé Godefroi..."
Le père ne put finir, car le moine s'était précipité dans ses bras. Ce moine, cet ermite, c'était Godefroi lui-même!
Après quelques minutes de grande émotion Godefroi raconta ses aventures à son père. Il lui raconta comment il était arrivé à l'île, comment il avait fabriqué des lignes et des hameçons, comment il avait passé le long hiver. Il lui dit combien il avait travaillé pour faire une grande provision de bois pour son second hiver, et il décrivit son désespoir quand il découvrit que le feu avait tout détruit.
"J'ai pensé que Dieu m'avait abandonné," dit Godefroi.
"Oh! mon fils," dit le père, "au contraire! Car, sans cet accident, ta petite soeur n'aurait pas remarqué cette île, nous n'aurions pas pensé que peut-être la tempête t'y avait jeté, et nous ne serions pas venus ici aujourd'hui pour te trouver!"
Le lendemain Godefroi s'embarqua avec Pierre, Thomas et Jean, et avant le soir il arriva à la maison où il fut reçu avec une joie que je vous laisse imaginer, car il est impossible de la décrire en quelques mots.
Thomas était si content du succès de son entreprise qu'il invita toute la famille et tout le village à dîner chez lui. Au dessert Godefroi raconta toutes ses aventures, et tout le monde admira le courage qu'il avait montré. Godefroi donna à son père les perles et le corail, les seules choses que le feu avait épargnées, et le père, heureux et fier de son fils, les montra à tout le monde.
Un marchand de corail offrit d'acheter le corail et les perles, et lui donna une bonne somme d'argent. Cet argent permit à Pierre de donner une excellente éducation à tous ses enfants, et surtout à Godefroi qui en profita bien.
Godefroi alla à l'école et apprit beaucoup de choses, mais les leçons de patience, de persévérance et de foi, qu'il avait apprises tout seul dans son île déserte, étaient les plus précieuses de toutes. Il ne les oublia jamais, et même quand il fut très âgé il disait souvent à ses petits-enfants: "Il ne faut jamais désespérer. Dieu fait notre fortune de nos infortunes. Les choses qui paraissent impossibles à l'homme sont possibles à Dieu, car rien ne Lui est impossible."
LE GRAIN DE MOUTARDE.[29]
[Note 29: This is one of the Hindu legends. Buddha is one of the principal Hindu gods and teachers. Those who follow his precepts are called Buddhists.]
Il y avait une jeune femme dans l'Inde qui avait un petit enfant. Un jour le petit enfant tomba dangereusement malade, et bientôt le pauvre petit mourut. La pauvre mère prit le petit enfant dans ses bras, et alla de porte en porte, demandant si personne ne pouvait lui donner de remède pour son fils.
Les voisins dirent: "La pauvre femme est folle de porter son enfant mort d'une maison à l'autre!"
Un vieillard vit la pauvre jeune mère, et pensa: "Oh, la pauvre femme n'a jamais vu la mort. Elle ne sait pas que son petit enfant est mort. Il faut que je la console."
Le vieillard s'approcha de la pauvre femme, et dit: "Ma pauvre femme, je n'ai aucun remède pour votre enfant, mais je connais un médecin qui vous donnera un remède."
La jeune mère dit: "Dites-moi, je vous en prie, où est le médecin qui peut me donner un remède pour mon enfant malade."
"Allez trouver le dieu Bouddha; il vous donnera un remède!" dit le vieillard.
La pauvre femme remercia le vieillard, et partit en toute hâte pour aller trouver Bouddha. Quand elle arriva dans le temple, elle dit:
"Seigneur et maître, avez-vous un remède pour mon enfant malade?"
"Non, ma bonne femme, mais je sais un remède."
"Quel est ce remède?" dit la mère vivement.
"C'est un grain de moutarde. Allez me chercher un grain de moutarde. Mais le grain de moutarde doit venir d'une maison où personne ne soit jamais mort."
La pauvre femme partit, en toute hâte, avec son enfant mort dans les bras. Elle alla de porte en porte, demandant un grain de moutarde. Tout le monde lui donna ce qu'elle demandait, et quand on lui avait donné le petit grain, elle disait:
"N'est-il mort personne dans la maison? ni père, ni fils, ni serviteur?"
Et dans chaque maison on lui disait: "Beaucoup de personnes sont mortes ici, car les morts sont beaucoup plus nombreux que les vivants."
La pauvre femme visita beaucoup de maisons, mais elle reçut toujours la même réponse. Sa fatigue était grande, et elle dit tristement: "Dans chaque maison que j'ai visitée il est mort quelqu'un, ou un père, ou un fils, ou un serviteur. Je ne suis pas la seule mère au monde qui ait perdu un fils."
Alors elle porta son pauvre petit enfant mort dans une forêt, où elle creusa une tombe, et l'enterra. Puis elle alla au temple, et tomba à genoux devant Bouddha.
"Avez-vous trouvé le grain de moutarde?" demanda-t-il à la pauvre jeune mère.
"Non," dit-elle, "tous les gens du village ont perdu un membre de leur famille. Ils m'ont tous dit: 'Les morts sont beaucoup plus nombreux que les vivants.'"
"Oui," dit Bouddha, "cela est vrai. Sur la terre tout passe. C'est la loi universelle."
La pauvre femme demanda alors la permission de rester dans le temple, et elle passa le reste de sa vie à faire du bien. Enfin elle mourut aussi et passa dans l'endroit immortel des Hindous, dans le Nirvana,[30] où elle ne souffrit plus jamais, et où elle trouva le bonheur complet et le repos qu'elle cherchait depuis si longtemps.
[Note 30: Nirvana is the Hindu heaven, for the Buddhists imagine that the virtuous after death pass into a negative state of bliss, while those who have not yet reached the necessary state of perfection undergo various transmigrations of soul.]
* * * * *
VOCABULARY
a, _has_.
à, _to_, _at_, _with_.
abandonn-a, _forsook_;-é, _forsaken_;-er, _to abandon_.
abatt-e, _cut down_;-iez, _should_ _cut down_;-re, _to cut down_.
abîme, m., _abyss_;--sans fond, _bottomless pit_.
abord, d'--, _at first_.
absolument, _absolutely_.
accept-a,-é, _accepted_;-e, _accepts_;-erait, _would accept_.
accompagn-é,-ée,-és, _accompanied_;-er, _to accompany_.
accompl-i, _accomplished_;-irai, _will accomplish_;-isse, _may accomplish_.
accord, bon----, _good understanding_.
accord-a,-é,-ée,-és, _granted_;-erai, _will grant_.
achet-a,-é, _bought_;-er, _to buy_;-erait, _would buy_.
acheteur,-s, m., _buyer_.
adieu, m., _farewell_.
admir-a,-é,-ée,-és,-ait, _admired_;-er, _to admire_.
adress-a,-é, _addressed_.
affair-é,-ée,-és, _busy_.
affaire,-s, f., _business_.
affreu-x,-se, _frightful_.
afin, _so as_.
âge, m., _age_.
âg-é,-ée,-és, _aged_.
agenouiller, s'----, _to kneel_.
agneau, m., _lamb_.
ai, _have_.
aid-a,-é,-ées,-és, _helped_;-erai,-eras,-era,-erez, erons, _will help_.
aie, aient, _may have_.
aiguille, f., _needle_.
aiguisa, _sharpened_.
ailleurs, _elsewhere_; d'----, _besides_.
aim-a,-é,-ée,-es,-ait,-aient, _loved_;-e, _loves_;-erais, _would love_ or _like_.
aimable, _amiable_.
aîné, _eldest_.
ainsi, _thus_.
aise, _ease_; bien----, _very glad_.
ait, _may have_.
ajout-a, _added_;-er, _to add_.
all-a,-ait,-aient,-èrent, _went_;-é,-ée,-és, _gone_;-er, _to go_;-ez, _go_.
allons, _let us go_;----donc, _come now_, _nonsense_.
allumez, _light_.
alors, _then_.
alouette, f., _lark_.
amèrement, _bitterly_.
améthyste, f., _amethyst_.
ami,-e,-s, _friend_, _dear_.
Amour, m., _Love_.
amputé, _amputate, cut off_.
amus-a,-ait,-é,-ée,-es, _amused_;-er, _to amuse_;-ant, _amusing_;-ons, _let us amuse_.
an, m., _year_.
ancre, f., _anchor_.
ange, m., _angel_.
animaux, m., _animals_.
année,-s, _year_.
annon-ça,-ce,-cée, _announced_;-cez, _announce_.
anse, f., _bay_, _cove_.
anxieu-x, _anxious_;-sement, _anxiously_.
août, m., _August_.
aper-cevoir, _to perceive_;-çut,-çue,-çu, _perceived_.
apparence, f., _appearance_.
appartement, m., _apartment_.
appartenir, _to belong_.
appar-ut, _appeared_;-aître, _to appear_.
appel-a,-ai,-ait,-é,-ée, _called_;-le,-lent, _call_;-er, _to call_.
appétit, m., _appetite_.
appliquez, _apply_.
apport-a,-ait,-èrent,-é, _brought_;-era, _will bring_;-er, _to bring_.
apprentissage, m., _apprenticeship_.
appri-s,-t, _learned_; apprendre, _to learn_.
approch-a,-ait,-èrent, _drew near_;-e,-ent, _approach_;-er, _to approach or draw near_.
appuy-a, _leaned_;-er, _to lean_.
après, _after_.
après-midi, m. and f., _afternoon_.
arbre,-s, m., _tree_.
archiduchesse, f., _archduchess_.
ardente, _burning_.
argent, m., _silver_, _money_.
arrach-a, _pulled out_;-ez, _pull out_.
arrang-e,-ez, _arrange_;-ea, _prepared_;-era, _will arrange_.
arrêt-a,-é,-ée,-èrent, _stopped_;-er, _to stop_;-ez, _stop_.
arrière, _back_.
arriv-a,-ait,-èrent, _came_;-er, _to come_, _happen_;-era,-erez, -eront,-erons, _will arrive_;-é,-ée,-es, _come_.
as, _have_.
assemblé,-s, _assembled_.
ass-eoir, _to sit down_;-eyez,-eyons, _sit down_;-is,-irent,-it, _seated_.
assez, _enough_.
assiette,-s, f., _plate_.
assiste, _help_.
attach-a,-é,-ée, _fastened_;-er, _to fasten_.
attaque, f., _attack_.
attein-dre, _to reach_;-t, _reached_.
attel-a,-é, _harnessed_.
attend,-ez, _wait_;-re, _to wait_;-ait,-aient,-it,-u, _waited_.
attentivement, _attentively_.
attir-é,-ée, _attracted_;-er, _to attract_.
attis-a,-é, _poked_, _kindled_.
attrait, m., _attraction_.
attrap-e, _catches_;-ez, _catch_;-a,-ait,-é, _caught_;-er, _to catch_.
auberge, f., _inn_.
aubergiste, m., _innkeeper_.
aucun,-e,-s, _none_, _not any_.
augment-ait, _increased_;-er, _to increase_.
aujourd'hui, _to-day_.
aumône,-s, f., _alms_.
auprès, _near_.
aur-a,-ai,-as,-ez,-ont,-ons, _will have_;-ais,-ait,-aient,-ions,-iez, _would have_.
aussi, _also_, _as_.
aussitôt, _as soon_, _immediately_;----que, _as soon as_.
autant, _as much_, _as many_.
automne, m., _autumn_.
autour, _around_.
autre,-s, _other_.
autrefois, _formerly_.
aux, _to the_, _with the_.
av-ais,-ait,-aient,-ions,-iez, _had_;-ez,-ons, _have_.
avan-ça,-ce,-cée, _advanced_.
avant, _before_; en----, _forward_.
avare, m., _miser_.
avec, _with_.
avenir, m., _future_.
aventure,-s, f., _adventure_.
avertissement, m., _warning_.
aveugle, _blind_.
avidement, _eagerly_, _greedily_.
avis-é,-ée, _smart_.
avoir, _to have_;----... ans, _to be... years old_.
avou-a,-é, _acknowledged_, _confessed_.
avril, _April_.
ay-ant, _having_;-ez,-ons, _have_, _let us have_.
bague, f., _ring_.
baguette, f., _wand_.
baie, f., _bay_.
bailli, m., _bailiff_.
bain, m., _bath_.
baiss-a,-é, _lowered_, _stooped_.
balai, m., _broom_.
balaie, _sweeps_;-ayer, _to sweep_.
banc, m., _bench_, _bank_.
baquet, m., _tub_.
barbe,-s, f., _beard_, _barbed points_.
barbouilla, _smeared_.
barque, f., _skiff_.
bas, m., _stocking_.
bas,-se, _low_.
bassin, m., _basin_.
bateau,-x, m., _boats_; à voile, _sailboat_; à vapeur, _steamboat_.
bât-i,-issait,-issiez, _built_;-ir, _to build_.
bâtisse, f., _building_.
bâton, m., _stick_.
batt-ait,-aient,-it, _beat_;-u, _beaten_;-re, _to beat_.
battement,-s, m., _pulsation_.
beau, _beautiful, fine_; avoir----jeter, _to throw in vain_.
beaucoup, _much_, _many_.
beau-frère, m., _brother-in-law_.
beauté, f., _beauty_.
belle,-s, _beautiful_; belle-fille, _step-daughter_ or _daughter-in-law_; belle-mère, _step-mother_ or _mother-in-law_.
bénédiction,-s, f., _blessing_.
berger, m., _shepherd_.
besoin, m., _need_; j'ai----, _I need_.
bête, f., _beast_.
beurre, m., _butter_.
bien, _well_, _very_;-aimé,-aimée, _beloved_;----que, _although_.
bienfait, m., _good deed_.
bienfaiteur, m., _benefactor_.
bientôt, _soon_.
bizarre,-s, _odd_.
blanc,-he,-s, _white_.
blé, m., _wheat_.
bleu,-e,-s, _blue_.
blond,-e,-s, _blond_.
bloqué, _blocked_.
boeuf, m., _ox_.
boi-rait, _would drink_;-re, _to drink_.
bois, m., _wood_.
bon,-ne,-s, _good_; pour de----, _for good_.
bonheur, m., _happiness_, _good luck_.
bonhomme, m., _fellow_, _little man_.
bonjour, m., _good day_.
bonnement, _simply_.
bonté,-s, f., _kindness_.
bord, m., _edge_.
bouche, f., _mouth_.
bouchée, f., _mouthful_.
bougea, _stirred_.
bouill-ait, _was boiling_;-ant,-ante, _boiling_.
boulet, m., _bullet_.
bourse, f., _purse_.
bout, m., _end_.
bouteille, f., _bottle_.
branche,-s, f., _branch_.
bras, m., _arm_.
brave, _brave_, _worthy_.
bravement, _bravely_.
Bretagne, f., _Brittany_.
brid-a,-é, _bridled_;-er, _to bridle_;-ez, _bridle_.
bride, f., _bridle_.
brin, m., _bit_.
brisé, _broken_.
bruit, m., _noise_.
brûl-é,-ées, _burned_.
brun,-e,-s, _brown_.
brusquement, _suddenly_, _roughly_.
bu, _drunk_;-t, _drank_;-vez, _drink_.
bûche, f., _log_.
bûcheron, m., _woodcutter_.
ça, _that_.
cabane, f., _hut_.
cach-a, _hid_;-e, _hides_;-er, _to hide_;-erai, _will hide_;-ez, _hide_;-é,-ée, _hidden_.
cadeau, m., _present_.
cadet,-te, _youngest_.
cadre, m., _frame_.
calciné, _burned_.
califourchon, à----, _astride_.
calme, _calm_.
camarade, m., _comrade_.
campagne, f., _country_.
canard, m., _duck_.
capitaine, m., _captain_.
capuchon, m., _hood_.
car, _for_, _because_.
caractère, m., _character_.
cargaison, f., _cargo_.
carotte,-s, f., _carrot_.
carrefour, m., _cross-road_.
carrière, f., _quarry_.
cass-a, _broke_;-é,-ée, _broken_;-er, _to break_.
caus-a,-é,-ée,-èrent, _caused_ or _talked_;-er, _to cause_ or _to talk_;-erai, _will talk_ or _cause_;-ons, _let us talk_.
ce, _this_;-ci, _this_;-la, _that_.
célébré, _celebrated_.
céleste, _heavenly_.
celui, celle,----ci, _this one_.
cendre,-s, f., _ashes_.
cent,-s, m., _hundred_.
centre, m., _center_.
cependant, _however_.
cérémonie, f., _ceremony_.
certainement, _certainly_.
ces, _these_.
cess-a,-é, _ceased_;-er, _to cease_;-erait, _would cease_.
cesse, f., _ceasing_.
cet,-te, _this_.
chacun,-e, _each_, _every_.
chagrin, m., _grief_.
chair, f., _flesh_.
chaise,-s, f., _chair_.
chambre, f., _room_.
champ, m., _field_.
chang-é,-ée,-ea,-èrent, _changed_;-er, _to change_;-ez, _change_;-era, _will change_.
changement, m., _change_.
chant-a,-ait,-aient,-èrent, _sang_;-é,-ée, _sung_;-er, _to sing_;-era, _will sing_.
chant,-s, m., _song_.
chapeau, m., _hat_.
chaque, _each_.
char, m., _cart_.
charge, f., _load_.
charg-é,-ée, _laden_;-ea, _took charge_;-er, _to load_, _to take charge_;-e, _load_ or _take charge_.
charmant,-e,-s, _charming_.
charmé, _charmed_.
charpentier, m., _carpenter_.
chasse, f., _hunt_.
chasse, _drive away_.
chat, m., _cat_.
château, m., _castle_.
chaud,-e, _warm_, _hot_.
chauff-a,-é,-ées, _warmed_;-er, _to warm_;-ez, _warm_.
chaumière, f., _thatched roof cottage_.
chef, m., _cook_.
chemin, m., _road_;----de fer, _railroad_.
cheminée, f., _chimney place_.
chemise, f., _shirt_.
cher, chère, _dear_.
cherch-a,-é,-ée,-ait,-èrent, _sought_;-er, _to seek_;-erez, _will seek_;-ant, _seeking_;-ez, _seek_.
chev-al,-aux, m., _horse_; à----, _on horseback_.
chevelure, f., _head of hair_.
cheveu,-x, m., _hair_.
chez, _at_, _at the house of_;----lui, _at home_.
chien,-s, m., _dog_.
choc, m., _blow_.
choeur, m., _chorus_.
chois-i,-ie, _chosen_;-ir, _to choose_;-irai,-irons, _will choose_; -issez, _choose_.
choix, m., _choice_.
chose, f., _thing_.
chou, m., _cabbage_.
chute, f., _fall_.
ciel, m., _sky_.
cil,-s, m., _eyelash_.
cime, f., _peak_.
cinq, _five_.
citron,-s, m., _lemon_.
clair,-e,-s, _light_, _clear_, _transparent_.
claquer, _to crack_; fit----, _cracked_.
clou, m., _nail_.
cocher, m., _coachman_.
coeur, m., _heart_; de bon----_willingly_.
coin, m., _corner_.
colère, f., _anger_; en----, _angry_.
combien, _how much_ or _many_.
command-a,-é,-ée,-èrent, _ordered_;-er, _to order_;-ez, _order_.
commandement, m., _order_.
comme, _like_, _as_.
commen-ça,-cèrent, _began_;-cez, _begin_;-cer, _to begin_;-cerais _will begin_;-cé,-cée, _begun_.
comment, _how_, _what_.
commettre, _to commit_.
commis, _committed_.
commission, f., _errand_, _message_.
commun,-e, _common_.
compagn-e, f.,-on, m., _companion_.
compatissant, _compassionate_.
complet, _entire_, _complete_.
complètement, _completely_.
compos-é,-ée, _composed_.
compr-endre, _to understand_;-it, _understood_.
compt-a,-ait,-é, _counted_;-ez, _count_.
compte, m.,----juste, _right amount_.
concentr-a, _concentrated_;-er, _to concentrate_.
condui-re, _to lead_;-sit,-sirent, _lead_.
conduite, f., _conduct_.
confia, _confided_, _confessed_.
confirmez, _confirm_.
congé, m., _dismissal_.
congédié, _dismissed_.
conn-ais,-aissez, _know_;-aître, _to know_.
conseille, _advise_.
consent-ir, _to consent_;-irait, _would consent_;-it, _consented_.
consol-a,-é, _consoled_;-er, _to console_;-erait, _would console_.
construisit, _built_.
consulta, _consulted_.
consumer, _to consume_ or _burn_.
conte,-s, m., _tale_.
contenait, _contained_.
content,-s,-e,-es, _contented_.
continu-a,-èrent,-é, _continued_;-er, _to continue_.
contrainte, f., _constraint_.
contraire, _contrary_.
contre, _against_.
contrée, f., _country_.
convenable, _suitable_.
coquille,-s, f., _shell_.
corail, m., _coral_.
corbeau, m., _crow_.
corde, f., _rope_.
cordons, m., _strings_.
corps, m., _body_.
côte à côte, _side by side_.
côté, m., _side, direction_.
côtes, f., _shores_.
cou, m., _neck_.
couch-a (se),-èrent, _lay down_;-é,-ée,-es, _lain down_.
couche, f., _layer_.
coucou, m., _cuckoo_.
coudre, _to sew_.
couler, _to flow_.
couleur, f., _color_.
coup de pied, m., _kick_.
coup-a,-èrent,-ait,-é, _cut_;-era,-erez, _will cut_.
coupe, f., _cup_.
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Contes et légendes. 1re PartieChapter IV: Part 4
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