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Chapter XXII: Appendix: I (4)

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—J’avai préparé le 10 août et je fus à Arcis, parce que Danton
est bon fils, passer trois jours, faire mes adieux à ma mere et
régler mes affaires il y a des témoins.—On m’a revu solidement,
je ne me suis point couché. J’étais aux Cordeliers, quoique
substitut de la Commune. Je dis au ministre Clavières, que
venait de la part de la Commune, que nous allions sonner
l’insurrection. Après avoir réglé toutes les opérations et le
moment de l’attaque, je me mis sur le lit comme un soldat,
avec ordre de m’avertir. Je sortis à une heure et je fus à la
Commune devenue revolutionnaire. Je fis l’arrêt de mort contre
Mandat, qui avait l’ordre de tirer sur le peuple. On mit le
maire en arrestation et j’y restais (_sic_) suivant l’avis des
patriotes. Mon discours à l’Assemblée législative.

—Je faisais la guerre au Conseil; je n’avais que ma voix,
quoique j’eusse de l’influence.

—Mon parent, qui m’accompagna en Angleterre [Mergez, a
volunteer in 1792, and later a general of Napoleon’s] avait dix
huit ans.

—Je crois encore Fabre bon citoyen.

—J’atteste que je n’ai point donné ma voix à d’Orléans, qu’on
prouve que je l’ai fait nommer.

—J’eûs 400 mille f. sur les 2 millions pour faire la rev., 200
mille livres pour choses secrêtes. J’ai dépensé devant Marat
et Robespierre pour tous les commissaires des departements.
Calomines de Brissot. J’ai donne 6000 a Billaud pour aller à
l’armée. Les autres 200 mille, j’ai donné ma comptabilité de
130 mille et le reste je l’ai remis.

... Fabre la disponibilité de payer les commissaires, parce que
Billaud-Varenne avait de refusé (_sic_).

Il n’est pas à ma connaissance que Fabre prêcha la fédéralisme.

—J’embrasserais mon ennemi pour la patrie, à laquelle je
donnerais mon corps à dévorer.

Je nie et prouve le contraire. Ce fut Marat qui m’envoya un
porte feuille et les pièces, et j’avais fait arrêter Duport. Se
a été jugé à Melun, d’après une loi. Liu et Lameth out voulu me
faire assassiner. Ministre de la Justice, j’ai fait executer la
loi. Pour mon fait, je n’avais pas de preuves judiciaires.

—La guerre feinte n’est que depuis quinze jours, et le
Brissotins m’ont pardieu bien attaqué. Lisez le _Moniteur_.
Barbaroux a fait demander par le bataillon de Marseille ma
tête et celles de Marat et de Robespierre. Marat avait son
caractère volcanisé, celui de Robespierre tenace et ferme, et
moi, je servais à ma manière.—Je n’ai vu qu’une fois Dumourier,
qui me tâta pour le ministre: je repondis que je ne le serais
qu’on bruit de canon. Il m’ecrivit ensuite.—Placé là, Kelerman
(_sic_) voulait passer la Marne et Dumourier ne le voulait pas;
embarrassé et mon dictateur, je soutins le plan de Dumourier,
qui reussit.—Craignant la jalousie de deux généraux, j’envoyai
Fabre, etc.... avait vu Vesterman, au 10, le sabre à la main.

—Je talonnai Servan et Laenée; je n’ai connu de plan militaire
que celui de Dumourier et de Kelerman, et Billaud fut nommé
par moi pour surveiller Dumourier; il eu a rendu compte
à la législature et aux Jacobin. Ordre d’examiner ce que
c’etait... cette retraite (_sic_). La Convention a envoyé trois
commissaires.

—Moi, ministre, j’embrassais la masse et les détails de la
Justice.

—Billaud m’a dit qu’il ne savait pas si Dumourier était un
traître; d’ailleurs c’était une surabondance de patriotisme.

—Sur, la Belgique, répète son dire aux Jacobins.

—Le piège des Brissots était de faire croire que nous
desorganisions les armées.

—On me refuse des temoins, allons je ne me défends plus!

—Je vous fais d’ailleurs mille excuses de ce qu’il y a de trop
chaud, c’est mon caractère.

—Le peuple dechirera par morceaux mes ennemis avant trois mois.

SÉANCE DU 15 GERMINAL (4 AVRIL).

_Hérault._ Sur le petit Capet, nie le fait.—Il fut nommé pour
la partie diplomatique avec Barrère. Déclare que jamais il ne
s’est mêlé de negociations. Nie avoir jamais fait imprimer
aucune chose en diplomatie. Deforgues envoya Dubuisson.

_Hérault._ Je ne conçois rien à ce galimathias. Je me suis
opposé a l’envoi de Salavie. C’est un moyen employé par nos
ennemis. Envoyé dans le Bas-Rhin par le Comité, je travaillè
(_sic_) avec Berthelemy (_sic_) à la neutralité de la Suisse
et j’ai sauvé à la Republique un armée de soixante-mille
hommes.—Jamais je n’ai communiqué a Proly rien en politique,
il n’y en avait pas. Au surplus, il fallait me confronter
avec Proly.—J’ai été trompé comme j’a jaie st fois [J. Jay
St. Foix] comme la Convention, comme jam bon [this does not
mean _ham_, but Jean-Bon St. André], qui le voulait emmener
secretaire, comme Colot. Comme Marat, Proly a été porté en
triomphe. La Convention, par un decret solemnel, a reçu mes
explications. Anacharsis me dit vient (_sic_) dîner avec moi,
dîner avec Dufourni, etc.... J’ai laissé la veuve Chemineau,
etc. L’huillier! c’est à l’instigation de Clootz.

J’ai connu l’abbé guillotiné en troie [that is, in Troyes]
(_sic_), dans mon exil il était chanoine et non refractaire.
C’est donc un plaisanterie. Il n’etait pas soumis au serment,
il m’avait assisté dans mon exil.

Au 14 juillet, à la Bastille, j’ai eu deux hommes tués à
mes côtés. Maltraité par mes parents, j’ai voyage, j’ai été
incarcéré trois semaines en Sardaigne et je suis revenu.

_Camille._ Lors de sa dispute avec Saint-Just, celui-ce lui
dit qu’il le ferait périr,—j’ai denoncé Dumourier avant Marat;
d’Orleans, le premier, j’ai ouvert la Revolution et ma mort va
la fermer.—Marat s’est trompé sur Proly. Quel est l’homme qui
n’a pas eu son Dilon? Depuis le nᵒ 4 [that is, of the _Vieux
Cordelier_] je n’ai écris (_sic_) que pour me rétracter. J’ai
attaché le grelot à toutes les factions. On m’a encouragé!
écrit (_sic_) etc. demasque la faction Hébert, il est bon que
quelqu’un le fasse.

_Lacroix._ Sur la déclaration de Miajenski, rappelle qu’il l’a
confondu, que la Convention a été satisfaite, et qu’il n’a
pas été accusé pour cela. Il dit: je fus envoyé a Liége pour
connaître des reproches faits à la Tresorerie, et vice-versà.
Nous étions trois. Jamais je n’ai vu Dumourier en présence
de Dumourier (au lieu de Miacrinski?). J’ai dit a Miajenski,
sa legion manquant de tout, que je appuyerais devant mes
collègues, mais qu’il etait étonnant que sur le pays ennemi
ou ne décrétât pas que les troupes étrangerès fussent payées.
Je n’ai ni bu, ni mangé avec Dumourier. Vu pendant six à sept
jours toujours ensemble. Danton, Gossuin et moi nous avions
visité toutes les caisses de la Belgique pour examiner les
faits.—Dumourier ne voulait point prêter les mains au decrêt,
je me levai et lui déclarai que s’il ne signait pas à l’heure,
nous le ferions garrotter, etc. Il signa l’ordre à Ronsin.—La
seconde fois nous nous rendîmes à Bruxelles, Dumourier était
en Hollande.—Tous mes collègues ont attesté que je preposai de
me laisser aller auprès de Dumourier l’observer et le tuer mes
collègues ne furent pas de cet avis.

.. 1900 et 600 livres de linge acheté par Brune en présence
des collègues, pour la table. Il etait à bon marché. Il dut
être chargé sur les voitures que ramenaient en France les
restitutions des effets pillés par les généraux, c’était
contenu dans une malle à mon addresse. Je l’ai declaré alors
au comité de Salut. Alors je l’ai réclamée. Ne confondez pas
la première voiture d’argenterie qui fut pillé, elle etait
expédiée par tous nos collègues.

_Danton._ J’avais défié publiquement d’entrer en explication
sur l’imputation des 400,000. Il résulte du procès-verbal qu’il
n’y a à moi que mes chiffons et un corset molleton. _Le bas_,
sommé, m’a donné communication.

Appelé aux Jacobins par mes collègues, je déclarais (_sic_)
que le renouvellement était contre-revolutionnaire: ce
que portait (_sic_) les pouvoirs des envoyés des sociétés
populaires.—Billaud-Varennes m’appuya et je fus chargé de faire
la proposition le 11 à la Convention.—Hébert, le lendemain, me
dénonça dans sa feuille; et voilà le principe de la calomnie.

Je fus indigné, au 31 mai, de voir un officier qui disait:
il n’y a ni Marais, ni Montagne; qui distribuait de l’argent
au bataillon de Courbevoie; je ... témoin Panis, Legendre,
Robespierre, Pache, Robert-Lindet. Alors je montais (_sic_) à
la tribune, etc. ... que nous n’etions pas libres. Au Comité,
devant Pache, le 2 juin, j’ai improuvé la mesure maladroite de
Hauriot. Nous l’avions prévenu qu’en rentrant nous décréterions
les 32, mais que ce n’était pas assez pour la chose publique,
qu’il fallait purger la Convention, et a proposé 500,000 livres
pour l’armée de Paris que avait sauvé la patrie. Barère s’y
opposa. C’est Barère qui a proposé le décret d’accusation
contre Hauriot; c’est moi qui ai défendu Hauriot contre cela.
Qu’on entende les témoins, la Convention a été trompée.

—J’ai appelé l’insurrection en demandant cinquante
revolutionnaires comme moi. La Convention m’appuya, l’avais dit
trois mois avant, il n’y a plus de paix avec les Girondins,
ai-je la face Hypocrite?

Hanriot crut que j’etais opposé à l’insurrection et alors je
lui dis: vas toujours ton train, n’aie pas peur, nous voulons
constater que l’Assemblée est libre.

—Je n’ai jamais bu ni mangé avec Mirande, et je proposai à mes
collègues de l’arrêter, il s’y opposerent.

Je pris la main à Hanriot et lui dis: tiens bon.

_Hérault._ C’est moi qui ai découvert l’ordre signé au crayon
par Hauriot pour laisser passer la Convention, ainsi, etc.

_Philippeaux._ Arrivé de mon dépt j’ignorais les intrigues, je
fus trompé par Roland. Je me suis rétracté à temps.—Lorsque je
m’aperçus du piége tendu dans l’appel au peuple, je montai à la
tribune et j’abjurai et votai de suite comme la Montagne. J’ai
voté pour Marat (c’est faux, il n’a voté ni pour ni contre).
Le Comité ne répondant point à mes lettres, je suis venu
ici. Le Comité ne m’a point entendu. Alors, pour remplir mon
devoir, j’ai écrit à la Convention, et l’événement, sur Hébert,
a prouvé, etc. On a fait contre moi des adresses contre moi
(_sic_) etc. On a envoyé de chez moi trois commissaires pour
connaître les faits et Levasseur les a fait arrêter.

_Vesterman._ Lorsque Dumouriez etait en Belgique j’etais au
Hollande. Abandonné entre les ennemis, vivant de pillage, je
suis arrivé à Envers (_sic_) avec ma legion. Le regiment de
cavalrie fut attaqué. Je repoussai l’ennemi.

Accusé de venir deux et trois fois apporter les dépêches de
Dumourier à Gensonné.

L’armée manquait de souliers, je fus envoyé par Dumourier au
Conseil, et je les rapportai à l’armée.

Dumourier lui montra la lettre de roi de Prusse pour son
secretaire, qu’il avait renvoyé, je courus après lui et
l’arrêtai de mon pouvoir. Le second voyage pour porter le pli
des articles arrêté (_sic_) entre les généraux.

Il a encore été envoyé en otage à Mons, lors de
l’evacuation.—Troisième voyage pour amener Malus et
d’Espagnac, et porta un pacquet (_sic_) au président du comité
diplomatique.—J’ai denoncé au (_sic_) Jacobins, au Comité le
fils naturel de Proly, et on me rit au nez. Il engagea au
déjeuné (_sic_) pour rétablien Dumourier aux Jacobins. Pourquoi
ne m’a-t-on pas appelé lors de la déposition de Miajenski?
J’etais ici, mandé à la barre. Dumourier m’a toujours éloigné
de lui. A protesté sur la capitulation d’Anvers. Sur le fait de
Lille.

Avant d’arriver à Menhem Proly me denonca. Ici, on me mis
(_sic_) hors de la loi et un officier prussien me montra la
feuille de la Convention et m’engagea à rester, qu’on me
payerait, et chercha à m’effrayer en disant que les autres
généraux avaient été massacrés. Voir au comité militaire. Je
fus à Lille avec ma troupe. Je trouvai Mouton et vint (_sic_)
prendre son ordre pour venir à la barre.—J’ai prêté serment
avant, à Douai. Le décret du 4 mai dit qu’il n’y avait lieu à
m’accuser. J’étais dénoncé aur comités, je ne connais point
Talma.

_Danton._ C’est Barère qui est patriote à present et Danton
aristocrate. La France ne croira pas cela longtemps.

_Danton, dans la chambre des accusés._—Moi conspirateur? Mon
nom est accoté de toutes les institutions révolutionnaires:
levée, armée rév., comité rév., comité de salut public,
tribunal révolutionnaire, C’est moi qui me suis donné la mort,
enfin, et je suis un modéré!

[Topino-Lebrun left no notes of the following day, the 16 Germinal.]

XI

REPORT OF THE FIRST COMMITTEE OF PUBLIC SAFETY

TREATING OF THE GENERAL CONDITION OF THE REPUBLIC, AND READ BY BARRÈRE TO THE CONVENTION ON WEDNESDAY, MAY 29, 1793

This report is the most important appendix not only to this book, but to any description of the two days that expelled the Girondins. It is here published for the first time, and, though of some length, will well repay the reading for any student of the Revolution.

I have dwelt sufficiently on its importance in the text, and I can dismiss it here with a short introduction.

It is the first great result of the Committee which Danton had helped to create, and of which he was the soul. It is the first step taken by this new organ of government towards that dictatorship to exercise which it had been called into existence. The enormous amount of detailed work necessary to produce it shows us the number of agents which the Committee must have possessed, and their activity, as well as the industry of the members themselves, for it had been at work but eight weeks.

Danton undoubtedly inspired the tone and direction of the report, but the somewhat florid style is Barrère’s own. Dr. Robinet thinks, however, that the last pages, from the section on Public Instruction onwards, are in Danton’s manner, and M. Boruard would even put it at the section on the Colonies, two pages earlier. Even if this is the case, some sentences at least were put in by Barrère, for they betray his inimitable verbiage, to which Danton was a stranger.

Of the important part the report played in the complicated history of the week May 26-June 3, 1793, enough has been said in the text; it is only necessary to add here that no speech or memoir contains such an indictment of the Girondin misgovernment as is given indirectly by this list of ascertained facts in the condition of France.

The reading of the report is mentioned in the _Moniteur_ of May 31, but, contrary to their custom, they did not print it on account of its great length. It seems to have been read in the afternoon from about two to four, just before Cambon’s motion was put to the vote. I give the more important passages, about half the full length of the document.

CONVENTION NATIONALE

RAPPORT GÉNÉRAL
SUR
L’ÉTAT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

_Fait, au nom du Comité de Salut Public, dans la seance du
mercredi 29 mai, l’an second de la République_:

_Par Barrère_,

_Député du département des Hautes-Pyrénées_

_Imprimé par ordre de la Convention Nationale_

CITOYENS,—Chargés par les représentans du peuple de leur parler
aujourd’hui des grands intérêts qui les rassemblent, et des
moyens que nous avons employés depuis deux mois pour le salut
de la patrie en péril; nous réclamons d’abord de votre justice
de remonter par la pensée, à l’èpoque de notre nomination, et
de vous rappeler en quel état se trouvaient alors la République
et toute les parties d’administration nationale.

Quoiqu’accablés par la tâche périlleuse et grande que vous nous
avez imposée, nous avons dû obéir. Votre confiance, notre zèle
et l’amour de notre pays ont dû nous tenir lieu de facultés.

Au-dehors se présentait une guerre terrible à soutenir sur des
frontières d’une étendue immense et sur des côtes indéfendues.
Audedans, se propageaient des dissensions civiles, portant
avec elles les deux caractères les plus funestes, le fanatisme
royal et religieux, secouru par des perfidies multipliées dans
l’intérieur, et par des intelligences combinées audehors.

What follows is a general indictment of the results of Girondin rule, with special and particular attacks on the Ministry of War and on their fear of responsibility.

On voyait dans toutes nos armées des besoins impérieux et
sans cesse renaissans; des secours nuls ou tardifs; des
approvisionnemens insuffisans ou de mauvaise qualité et des
administrations dévorantes, dont quelques-unes, n’ont d’autre
but réel que d’agrandir la fortune de beaucoup d’agioteurs
et de quelques capitalistes. Dans nos ports des travaux
ralentis et une inertie coupable; partout des trahisons
ourdies et des coalitions préparées; des états-majors à
refaire ou à épurer; des armées à organiser ou à improviser;
des fonctionnaires civils et militaires à surveiller ou à
remplacer; des forces à créer sur tous les points menacés par
les troubles; des armes à fabriquer; des canons à fondre;
la marine à créer; l’esprit public à remonter avec énergie;
l’anarchie à attaquer; la discipline à rétablir; des mouvemens
contra-révolutionnaires à comprimer et un cahos d’intérêts, de
plaintes, de passions, d’abus, de prétentions et de préjugés
à débrouiller, au milieu d’une correspondance journalière et
centuplée par ces circonstances actuelles. Quel vast génie
ou quel courage inépuisable il eût fallu pour répondre tout
à coup à des circonstances aussi extraordinaires ou pour
dominer des évènemens aussi imprévus? Nous avons borné notre
tâche à parcourir d’abord toutes les parties du gouvernement
provisoire, et à nous frayer ensuite une route au milieu de cet
assemblage énorme de forces et de résistances, de bons et de
mauvais principes.

Le premier obstacle qui s’est présenté à nous, est venu du
changement dans le ministère de la guerre, que avait précédé
notre établissement.

Le second obstacle était dans le ministère de la marine
négligé, anéanti même, par un série de ministries royaux,
et dont nous avons été forcés de faire changer le chef et
plusieurs adjoints.

Là s’est rompue, pour nous, la chaîne des opérations de ces
deux départemens, les plus importans dans un temps de guerre
de terre et de mer; et nous nous sommes vus privés, tout à
coup, de toutes les ressources de l’expérience. Nous n’avons pu
recueillir, dans l’agglomération des affaires de cette partie
de l’administration publique, que des états inexacts ou des
lumières incertaines.

Un aperçu des délibérations du conseil exécutif nous a montré,
d’un côté, des travaux incohérens qui n’ont pu avoir aucune
espèce de succès à cause des évènemens qui les dominaient;
de l’autre, des négligences funestes et des fautes graves
que les évènemens suivants ont mieux fait sentir. Depuis
les bouches de l’Escaut, ouvertes par un usurpation de la
puissance souveraine, jusqu’aux extrémités de la Méditerranée,
qui ont été le théâtre de nos revers, et de la versatilité
ministérielle, nous n’avons vu ni cette suite d’opérations
qui assurent les succès, ne cette prévoyance des mesures qui
diminuent les revers. Point d’ensemble, point de conceptions
vastes, point de vues hardies, point de plan arrêté, point
d’énergie, et partout la terreur de la responsabilité, marchant
en avant du ministère, tandis qu’il s’agit de marcher fièrement
à la liberté, sans regarder en arrière.

Au mois d’octobre, la résistance à l’ennemi avait donné des
conceptions et des forces au conseil exécutif.

Les succès du mois de novembre ont amolli le conseil. Jemmappes
a été pour les ministres (_sic_) la Capoue qui a détruit son
énergie et atténué ses travaux.

Le département de l’intérieur, machine trop lourde, trop
compliquée pour un homme, quand il serait plein de talens
et de moyens d’exécution, avait refroidi pendant longtemps
l’esprit public et engourdi les corps administratifs. Il
était impossible que la main d’un seul homme pût remuer cette
machine énorme surchargée de details, d’une administration
immense, d’opérations mercantiles dont le succès est douteux,
dont le résultat exige de grands sacrifices, et dont le secret
appelle la défiance. La seule ressource que ce ministère
disproportionné pouvait trouver, était dans les administrateurs
départementaires, dont la plupart, insoucians sur les travaux
qui leur sont confiés, négligent de correspondre, ou dont la
conduite exagérée et sans mesure leur faisait méconnaître toute
subordination.

Le département de la guerre, dans lequel chaque ministre a
porté ses préjugés et ses assertions, ses routines et ses
haînes; le ministère de la guerre désorganisé sans cesse par la
fréquente mutation de ses agens et par la diversité de leurs
principes ou de leurs opinions, présentait et présent encore un
chaos inextricable, des abus sans nombre, et une impuissance
réelle dans tout homme que ne serait pas né très actif dans
la manière d’ordonner et entreprenant sur tous les moyens de
défense.

In what follows note the hand of Danton, almost his phraseology in the second paragraph.

Le ministère des affaires étrangères, couvert d’obscurités
politiques, ne pouvant avoir au milieu des défiances produites
par la révolution et des mouvemens irréguliers de la guerre,
ni fixité dans les opérations, ni vues suivies, ni projets
déterminés, ni secrets dans les plans, a saisi seulement le
fil de quelques affaires importantes, et redonne maintenant
de l’activité aux moyens nombreux dont l’intérêt de plusieurs
gouvernemens prépare le succès.

C’est de l’audace dans les conceptions politiques, c’est de
l’ensemble dans les mesures, c’est de la promptitude dans les
moyens d’exécution, que dépend la diplomatie nouvelle d’un
peuple qui naît à la liberté.

Again, a direct attack on the Girondins, especially in the characteristic phrase, “the paralysis of honesty.”

Le ministère de la marine enrayé longtemps dans les opérations
par une probité paralytique, et par des sous-ordres
inexpérimentés ou suspects, n’ayant donné ni protection au
commerce, ni défense pour nos côtes, ni moyens au succès de
la course, ni activité aux grands armemens dans nos ports, ni
approvisionnemens suivis pour les flottes, reprend sous un
ministre nouveau son activité, nous promet une défense et une
marine....

Here again is a half-concession to the Girondins, which was part of the policy I have spoken of in the text.

Le conseil exécutif en sent lui-même la nécessité: et nous lui
devons la justice de dire, que ne se dissimulant pas cette
caducité politique, amenée par les circonstances, par des
dénonciations multipliées, et par la presqu’impossibilité de
tenir régulièrement le gouvernail au milieu de la tempête;
le conseil exécutif désire et sollicite le renouvellement du
ministère....

DE L’ETAT MILITAIRE.

Pressés entre la nécessité de pourvoir sans délai aux besoins
des armées, et l’impossibilité d’approfondir en si peu de temps
des plans généraux, nous avons recherché d’abord des armes....

Des arrêtés du comité ont ordonné l’envoi des commissaires pour
dénombrer subitement les armes et les canons qui se trouvaient
dans les fabriques et les manufactures nationales, et pour les
faire transporter aux armées et dans les départemens les plus
dénués de ce genre de secours. Saint-Etienne, Ruel, Mont-Cénis,
Indret, Toulouse, Lyon, Charleville, Sedan, Maubeuge, ont reçu
des ordres pressants sur cet objet....

Divers arrêtés ont ordonné le transport de vieilles armes qui
se trouvent dans diverses fabriques ou arsenaux, pour les faire
raccommoder dans les diverses villes dont la population offrait
des ouvriers, et surtout dans les départemens limitrophes des
pays révoltés....

Les ministres et les assemblées nationales ont mis trop peu
d’importance à la manufacture de Saint-Etienne, depuis le
commencement de la révolution.

Les ouvriers brûlaient du désir de travailler pour la
république, mais le prix de l’arme ayant toujours été fixé
au-dessous des déboursés du fabricant, ils ont travaillé pour
les corps administratifs, dont la concurrence a augmenté la
valeur. Le fer et le salarie de l’ouvrier sont augmentés de
prix.

Des commissaires du pouvoir exécutif viennent de requérir tous
les fabricans de porter à la commission de verification, toutes
les armes qui sont en leur pouvoir, pour être expédies pour
Bayonne, Perpignan, et Tours. Les livraisons se font chaque
jour.

Les commissaires s’occupent de redonner la plus grande activité
à la manufacture d’armes de Saint-Etienne, qui secondée par
le patriotisme des ouvriers et de la municipalité, portera la
fabrication à quatre ou cinq cents fusils ou pistolets par jour.

Il y a à Tulle un grand nombre d’armes à réparer, le comité
en a fait distribuer à plusieurs départemens méridionaux; le
ministre de la marine donne de l’activité à la manufacture de
Tulle, pour armer nos marins. Dans ce moment, le commissaire
Bouillet, envoyé par le conseil exécutif, est a Tulle, pour
accélérer la fabrication des armes nécessaires à la marine, et
pour connaître l’état des vieilles armes qu’on a entassés dans
ce dépôt....

The following passages indicate the motives of what was to be the Terror, a system based, of course, upon the necessity for commissariat.

VIVRES.

Les vivres sont aussi nécessaires que les armes; on se plaint
dans quelques armées organisées trop lentement, ou improvisées
trop à la hâte, pour que tout ce qui leur était nécessaire
fût préparé, et ces plaintes sont justes; nous accélérons
l’approvisionnement des armées, autant qu’il est en nous,
par le ministre et les administrations qui en dépendent. La
latitude des pouvoirs donnés à vos comités, peut suppléer la
faiblesse du ministère de la guerre l’insuffisance de ses
agens, et la malveillance ou la torpeur de ses régies. Il est
cependant des obstacles éprouvés par les régisseurs et par
leurs agens, à cause des craintes propagées sur le manque de
subsistances, et le comité s’est occupé de faire cesser ces
obstacles.

L’administration chargée de l’approvisionnement des places de
guerre a présenté au comité des états de situation rassurante
sur l’approvisionnement des places les plus menacées: il lui a
montré les dispositions générales prises pour les fournitures
de subsistances dans toutes les divisions. Il en résulte que
les évènemens imprévus de la Belgique, en ramenant subitement
l’ennemi sur nos frontières, ont contrarié des calculs et
nous ont privé des approvisionnements faits d’après un autre
système; mais le comité presse les directeurs de pourvoir
aux approvisionnements, et avertit sans cesse le ministre
des autres besoins des armées, à mesure que ces besoins se
démontrent ou que les plaintes nous parviennent. Un changement
dans cette administration, dont vous nous avez renvoyé
l’examen, mérite toute notre sollicitude, et se trouve être la
suite inévitable des changements perpétuels dans le ministère
de la guerre; changement qui entraîne celui de ses principes et
de ses moyens.[165]

Le partie de l’habillement et de l’équipement, qui a coûté tant
de trésors à la nation, a été mal fournie, mal administrée, et
pillée dans la Belgique avec autant d’impudeur que de trahison.

Les fournisseurs, plus avares que patriotes, ont distribué à
toutes les armées des étoffes de mauvaise qualité. Un force de
prodigalité nationale payait les habits à l’avarice agioteuse
qui les fournissait, et le soldat, au milieu des fatigues et
des perils de la guerre, était sans habits ou en portait qui
n’étaient pas de long usage.

Ces jours derniers il a défilé devant vous un détachement de
braves soldats du régiment ci-devant Conti, qui allait vers les
départemens révoltés. On n’aurait pas présenté au plus petit
prince d’Allemagne, ou au plus pauvre de l’Italie, des troupes
aussi mal vêtues; elles ont paru devant les représentans
d’une nation qui dépense pour la guerre, chaque mois, plus de
millions que plusieurs rois de l’Europe n’ont de revenu dans un
an....

L’armée des Ardennes, réunie à celle du Nord, se forme sous les
regards de commissaires actifs, et les recrues y abondent à
un point que votre comité a cru devoir les faire refluer vers
l’armee du Nord.

The next allusion is interesting as showing us the appreciation of what was to be the reinforcement of the army of Sambre-et-Meuse.

L’armée de la Moselle a pris des positions avantageuses. Réunie
à celle du Rhin, elles annoncent que Mayence pourra devenir
le tombeau des hordes prussiennes. L’esprit est bon dans
cette armée, distinguée par la discipline, et les recrues s’y
encadrent tous les jours.

On s’occupe à faire camper et exercer l’armée des Alpes,
dont le recrutement est entièrement effectué. On fortifie
tous les points de défense, et on augmente la garnison des
places. Les recrues nombreuses qui y sont arrivées ont fourni
un excédant de vingt-un mille hommes; vous avez disposé de
huit mille contre les départemens révoltés. Les treize mille
restans renforceront l’armée d’Italie, diminuée pour servir à
la défense de la Corse, formeront une réserve ou renforceront
l’armée des Pyrénées orientales.

Le département du Mont-Blanc s’est empressé d’organiser
plusieurs bataillons et de prouver ainsi son attachement à la
République; ils réclament des armes, et nous espérons qu’avec
des moyens mis déjà en activité ils seront bientôt armés.

La révolte de Thonnes est appraisée et les coupables jugés.
C’était la mêche d’une mine préparée sous le Mont-Blanc, et
dont l’explosion était combinée avec la prochaine attaque des
Piémontais et des Autrichiens.

L’armée d’Italie se prépare à défendre ce que la valeur et la
liberté ont conquis à Nice. Mais des agitateurs y ont causé de
la fermentation, comme dans l’armée des Alpes; ils y tenaient
des propos injurieux à la Convention nationale; ils y parlaient
de royauté, et se servaient du moyen de la paye en assignats
pour altérer le bon esprit des troupes; des alarmes ont été
jetées sur les subsistances, dont le comité s’occupe dans ce
moment.

Le général de l’armée d’Italie a pris les moyens propres à
découvrir les agitateurs et à les faire conduire au tribunal
extraordinaire.

L’armée des Pyrénées a été la plus négligé et la plus mal
pourvue en armes et en munitions, et c’est contre les troupes
les plus féroces et les plus fanatiques qu’elles doivent
défendre les plus belles contrées de la République.

Aussi nous sommes accablés tous les jours par des relations
malheureuses qui ne sont que le triste résultat de la
négligence de deux anciens ministres de la guerre qui n’ont
jamais su penser qu’il existât une armée des Pyrénées....

The whole of the above is an interesting example of the detailed methods of the Committee, with its reiteration against the Girondin management of the war. It continues in much the same spirit.

Du côté de l’Océan, la trahison de quelque chef des Miquelets
et la lâcheté d’une partie du régiment vingtième ont livré un
point de la frontière. Une terreur panique produite par le mot
de trahison et par des malveillans semés dans les petits camps
formés sur l’extrème frontière, a désorganisé le peu de force
qui y étaient arrivées, a découragé ceux qui y accouraient et
forcé d’abandonner Andaye et tout le pays qui se trouve entre
la rivière de Nivelle et la frontière pour ne former qu’un seul
camp à Bidarre.

La discipline à rétablir, le courage à relever, étaient les
premiers besoins de cette armée.

Nos commissaires se sont vus forcés d’établir provisoirement un
règlement sévère de discipline. Ils nous disent que l’ennemi
abat partout l’arbre de la liberté, fait les incursions sur les
maisons des patriotes dans la partie française abandonnée; mais
les habitans des campagnes ont le courage de ne pas obéir aux
requisitions du général espagnol.

Il paraît qu’il n’est fort que de notre faiblesse, et que si
des secours d’armes et d’artillerie sont portés a nos frères,
notre territoire sera bientôt évacué. Le commandement de
Bayonne est confié au patriote Courpon, et la citadelle de
Saint-Esprit est défendue par des républicains. Vingt canons
et quatre compagnies des canonniers de Paris y ont été envoyés
en poste, et doivent avoir secouru cette frontière le 14 de ce
mois; le camp de Bidarre se forme avec succès.

La division de l’armée des Pyrénées en deux grands parties,
nous donnera plus de force pour une défense active au besoin:
la terre y produit des bataillons d’hommes libres; nous leur
devons des secours abondans, car ils ont été oubliés jusqu’à
présent. On eût dit, en voyant l’état de ces frontières, que
le complot était prêt, que la force devait envahir le Nord,
tandis que la perfidie et l’indéfense livreraient le Midi.
Mais l’intrépidité et l’enthousiasme des Méridionaux pour la
liberté, est un obstacle invincible au succès des négligences
ministérielles, des trahisons intérieures, et des succès que
le perfide Pitt a promise à l’Espagne. Le camp se forme devant
Bayonne et il a repris du terrain du côté d’Andaye; l’armée
reprend l’attitude qui convient à des phalanges républicaines,
et l’artillerie commence à y arriver avec des provisions.

L’affaire de la Vendée n’a été envisagée trop longtemps que
comme une affaire de police, ou une querelle élevée dans un
coin d’un département.

There follows a further indictment based upon a special case.

L’armée des côtes n’a jamais existé; l’état-major n’avait pas
même été formé; quelques chefs militaires avaient été envoyés
avec de faibles moyens et de simples requisitions. On avait
donné des ordres pour que des cadres y fussent transportés;
ils ont été arrêtés dans leur marche par la crainte ou
l’impuissance momentanée que nous avait donné la trahison de
Dumouriez. Des recrues y ont été rassemblées, sans y trouver
ni cadres, ni armes, ni un nombre suffisant d’officiers
généraux....

Voilà l’état où se trouvaient les armées au 10 mai, époque à
laquelle le comité a demandé inutilement la parole....

Then a summary, the detail of which is well worth following.

VOICI LE DERNIER ÉTAT.

Il arrive des troupes à Bayonne ainsi que des canons. Le camp
qui était à Bidard entre Bayonne et Saint-Jean de Luz a été
porté, depuis vendredi, entre Saint-Jean de Luz et Andaye.

L’armée des Pyrénées orientales qu’on espérait, au moyen des
recrutemens, mettre en état de contenir au moins l’Espagnol, a
essuyé presque consécutivement deux échecs qui compromettent la
sûreté de cette partie de la frontière. Cette défaite n’est due
qu’à la gendarmerie nationale; mais un exemple prompt et sévère
mettra un terme à cette lâcheté ou à cette trahison.

Aux Alpes nous venons d’être menacés d’une attaque très
prochaine exécutée par des forces très considérables, surtout
dans la partie du Var, débouché par lequel l’ennemi peut
menacer aussi Marseille et Toulon. Le comité de salut public
a dû prendre la seule mesure qui était en son pouvoir; il a
ordonné au général Kellerman, le seul qui eût une connaissance
suffisante des points de défense et de nos moyens militaires
dans cette partie, de s’y rendre avec la plus grande diligence,
afin de prévenir, s’il est possible, les malheurs que le
moindre retard pourrait amener. Le général de l’armée d’Italie
a paru craindre que la cour de Naples ne vienne renforcer
la coalition dans le midi. Mais le ministre des affaires
étrangères vient de communiquer des dépêches qui détruisent ces
nouvelles.

Kellerman s’est fait précéder par un courrier extraordinaire
qui a porté à ses lieutenans les ordres préparatoires des
opérations auxquelles l’ennemi peut le forcer. Ce général,
investi de votre confiance et de celle des troupes, ne pouvait
être remplacé. On vous avait annoncé d’abord qu’il se rendrait
dans la Vendée; mais les avantages remportés un instant sur
les révoltés, et la certitude de la prochaine arrivée de Biron
dans les départemens révoltés, ont du faire changer la première
destination de Kellerman. L’armée d’Italie a des subsistences
assurées pour quelque temps. On a pris des mesures pour la
mettre à l’abri de la disette.

Au Rhin, une action qui n’a servi qu’à la destruction des
hommes, sans avancer les affaires d’aucun parti, y laisse
les choses à peu près dans la même situation qu’auparavant,
avec cette différence, que le changement de général qui a
été en partie forcé, peut influer sur nos succès. Il est bon
d’observer que nos armées dans cette partie se trouvent avoir
en tête des forces les plus manœuvrières, et commandées par les
généraux les plus accrédités de l’Europe.

Nos généraux, au contraire, portés au commandement pour la
première fois, ne peuvent avoir la même habitude et les mêmes
avantages que ceux auxquels les grands mouvemens de guerre
sont familiers. Les approvisionnemens dans cette partie et les
subsistances sont bien assurés.

Dans le Nord, notre situation est très alarmante, et la
Convention doit connaître tous ces maux; elle a besoin d’être
instruite par le malheur, et de sentir les tristes effets de
ses divisions.

Notre armée, repoussée entre Combrai et Bouchain, quittant
son camp de Famars pour prendre plus loin celui de Coefar,
abandonnant à leurs propres forces Condé et Valenciennes,
perdant ses communications avec Douay et Lille d’un côté, et de
l’autre avec Maubeuge et le Quesnoy, est exposée à de nouveaux
revers, si la présence du général Custine, qui a dû y arriver
le 25, ne lui rend pas la discipline qui lui manque et la
confiance sans laquelle il n’est point de succès à obtenir dans
la guerre.

Si les efforts de ce général ne sont pas promptement secondés
par l’union des représentans du peuple, la Convention doit
s’attendre à tomber dans une situation plus embarrassante
qu’au moment où, pendant la dernière campagne, les esclaves
allemands entraient en Champagne, et menaçaient Paris et la
liberté. Alors d’heureux hasards, ou plutôt cette destinée
qui semble conduire la France, ont disparaître des dangers
aussi imminens; mais doit-on compter sur une nouvelle faveur
de l’aveugle fortune? ne devons-nous pas craindre une nouvelle
invasion, et pouvons-nous nous flatter que toutes nos villes
imiteront le généreux dévouement de celle de Maubeuge, qui
nous écrit le 26 de ce mois:—“Ici on bat la générale dans cet
instant: on a envoyé une partie de notre garnison dans la
Vendée; nous restons; nous déjouerons nos ennemis extérieurs et
intérieurs, ou nous mourrons libres. La ville sautera si nos
murs abattus permettent à l’ennemi de souiller notre enceinte.”

Quant aux besoins de cette armée du Nord, peut-être croira-t-on
difficilement que, malgré toutes nos dépenses, la demande
qui vient d’être faite au comité, qui a été arrêtée par le
commissaire général de l’armée du Nord, et visée par les
commissaires de la Convention, monte à la somme de 49 millions.

L’armée qui doit anéantir les révoltés s’organise; il arrive
un grand nombre de bataillons à Tours; les postes de la rive
droite de la Loire se renforcent, et l’on fait défiler des
troupes en poste. Si les rebelles menacent cette rive, ils sont
hors d’état d’exécuter ce project; leurs forces ce divisent,
mais ils rentrent dans les pays couverts. Les principaux chefs
des révoltés sont subordonnés aux prêtres; c’est une véritable
croisade; mais les habitans des campagnes commencent à se
lasser de cette horrible guerre, et murmurent.

D’un autre côté, on nous écrit qu’il est parti, depuis notre
dernier succès, un courier de Bruxelles à Londres, pour engager
le cabinet de Saint-James à accélérer un armament tendant à
porter sur les côtes de Bretagne des troupes, des armes, des
munitions, et à vomir sur nos rivages un corps considérable
d’émigrés de Jersey et Guernsey.

Le transfuge Condé a envoyé à Jersey tous les émigrés bretons
pour être déposés sur nos côtes et y seconder un des rejetons
de la famille de nos tyrans.

On se plaignait presque partout des commissaires des guerres
ce corps essentiel des armées va être changé, amélioré sur de
nouvelles bases et épuré par des choix patriotiques.

Quant à la suppression de la paie en numéraire, toutes
les armées de la République l’ont reçue sans peine; ils
sacrifient à chaque instant leur vie à la liberté, comment
s’occuperaient-il d’intérêts pécuniaires? mais aussi ils ont
droit à plus de surveillance pour les approvisionemens et pour
les subsistances. Quelques compagnies de l’armée d’Italie
seulement ont montré de la résistance; mais les agitateurs
seront déjoués par la surveillance qui y a été établie, et par
les soins de vos commissaires.

Dans le choix des officiers généraux, nous avons dû quelquefois
obéir aux défiances populaires et aux dénonciations
individuelles; mais c’est là un des maux attachés à la
révolution, qui use beaucoup d’hommes, qui en éloigne un
plus grand nombre, et qui présente plus d’accusations que de
ressources. Sans doute après les odieuses trahisons qui ont
affligé et qui affligent encore la république et désorganisé
deux fois les armées, on peut, on doit même devenir défiant
et soupçonneux; mais la ligne qui sépare la défiance et la
calomnie, est trop facile à dépasser; et si la dénonciation
juste est une action civique, l’accusation intéressée est la
honte de nos mœurs et la ressource de la haine....

Le comité, pour ne rien négliger dans cette terrible partie
de la guerre, a interrogé des militaires instruits; il s’est
environné de leur expérience pour faire un plan de guerre
auquel se rattacheraient des plans de campagne pour chacune des
armées. Jusqu’à présent la guerre de la liberté a été faite
sans plans, sans suite, sans prévoyance même; il est plus que
temps de tracer les limites dans lesquelles la guerre sera
soutenue, dans quelle partie elle sera défensive, dans quelle
autre elle sera offensive, assigner à chaque armée la portion
de frontières qu’elle a à défendre, les points des ennemis
qu’elle doit attaquer ou couvrir.

In what follows regarding the Navy, we see the attempt of the Committee, which we know was foredoomed to failure, but which was a fine one, to meet the English Power. The “error,” as English critics have called it, of rapidly putting in new officers was an unfortunate necessity.

DE LA MARINE.

Ici nous devons accuser ce système perfide de Bertrand et
de ses semblables, qui, depuis plusieurs années, semblait
préparer, de concert avec l’Angleterre, l’abaissement de la
France, et assurer à nos plus constans ennemis l’empire des
mers.... C’est par la réunion des forces navales, que nos
ennemis out espéré d’attaquer plus sûrement notre indépendance,
et de nous dicter de lois. Quoique par cette coalition l’on
ait tenté aveuglement de faire passer la balance du pouvoir
à une nation maritime, déjà trop puissante pour l’intérêt
du continent; ... quoique, par la désorganisation passagère
de notre marine, par le dénuement de nos ports, par le
ralentissement des travaux, on ait espéré de changer la
destinée de la république française, ne craignons pas que l’on
parvienne à faire rétrograder la plus belle des révolutions.

La surveillance constante du comité, le zèle du ministre, et le
dévouement de l’armée navale qui se forme, feront oublier tant
de trahisons ou de négligences, mais les moyens ne peuvent être
que lents.

Des expéditions hardies, et confiées à des hommes courageux
sont préparées; les plaintes du commerce ont été enfin
entendues d’après le dernier rapport du ministre, le cabotage
va être protégé dans l’Océan par 34 canonnières, 12 corvettes,
18 lougres, cutters ou avisos, et dans la Méditerranée, par
18 corvettes, ou cannonières et 5 avisos, indépendamment des
frégates dont il est inutile de faire connaître le nombre et
les stations, sans trahir les intérêts de la défense de la
république....

Il existe beaucoup d’officiers capables; l’abaissement des
vains préjugés qui séparaient l’armée commerciale de l’armée
navale, nous assure des ressources, mais il faut les surveiller
et punir sévèrement la désobéissance ou la malversation; avant
de choisir les officiers, examen et impartialité; après le
choix, confiance entière, mais responsabilité impérieuse. Le
secret accompagnera nos opérations, si les inquiétudes du
commerçant ou les soupçons du zèle patriotique ne viennent pas
les altérer ou les contrarier; les corps civils ne doivent pas
s’immiscer dans le secret des opérations navales, ou bien nos
ennemis le sauront bientôt, et nous vaincrons sans nous laisser
sortir de nos ports.

Le comité s’occupe des lois répressives que la discipline
navale réclame avec plus d’intérêt que jamais. Une grande
force s’organise dans les ports de la Méditerranée, qui par
notre position, doit être le canal de navigation du commerce
français....

On s’occupe des moyens les plus propres à retirer les colonies
de l’état malheureux où elles se trouvent, depuis qu’une cour
perfide voulait faire la contre-révolution en France, par les
malheurs de l’Amérique; et si, à côté de nous, des Français
veulent se rappeler qu’ils descendant de Guillaume, tous les
calculs de la politique insulaire pourront être dérangés.

Le comité ne peut vous offrir aucun résultat précis et détaillé
dans ce moment; il serait même impolitique de la publier. Mais
tout se prépare, et quoique les forces de la république soient
très inférieures à celles des ennemis coalisés, le patriotisme
les dirigera de manière à rappeler le courage des filibustiers,
et les exploits des Bart et des Dugay-Trouin....

In foreign affairs we have the Dantonesque idea of pitting the Powers against one another, which, unfortunately for France, fanatics who were in power later abandoned. The remark on the impolitic nature of the decree of the 19th of December should be specially noted: it comes direct from Danton.

DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

... Le ministère anglais est forcé, malgré son influence et
son orgueil avare, de voir Dantzick passer au pouvoir de la
Prusse, sans réclamation; de voir la Pologne, se partager sans
sa participation; et de se compromettre vis-à-vis la morale
et l’esprit public de la nation anglaise. Aussi l’intrigant
Pitt, qui ne peut se dissimuler que le ministre qui fait la
guerre, traite rarement de la paix, surtout chez une nation
éclairée et trompée sur cette guerre par l’astuce profonde de
son gouvernement, ne cesse d’invoquer sans cesse auprès de la
ligne, la cause générale des cours....

Le comité a cherché à resserrer le lien qui attache déjà,
par les relations commerciales, le peuple suisse et le
peuple français; et l’ambassadeur que la Suisse a reçu suit
constamment le vœu témoigné par la Convention nationale, de
s’allier avec les gouvernemens justes et les peuples libres.

Nous apprenons que les peuples neutres et amis reçoivent avec
reconnaissance le décret du 15 avril, qui eut servi plus
utilement la liberté, s’il eut été d’une date plus reculée,
et si le décret impolitique du 19 décembre n’eût pas donné un
nouveau prétexte à la perfidie des cours étrangères.

Ce décret par lequel vous aviez déclaré que la France
ne souffrirait jamais qu’aucune puissance semélât de sa
constitution et de son gouvernement, et qu’à son tour, elle ne
s’immiscerait en rien sur les autres gouvernemens; ce décret a
augmenté subitement le nombre de nos partisans dans la Suisse;
et le témoignage d’un peuple simple et libre a son prix auprès
des républicains.

Des négociations d’alliance ne sont plus des chimères pour
la France libre. Il est des puissances qui ont senti que
l’élévation ou la ruine d’une nation intéressent toutes les
autres et que celles même qui sont le plus éloignées du théâtre
de la guerre, sont souvent les victimes de leur modération
ou de leur indifférence. Il est des alliés pour leur propre
sûreté, peuvent soutenir nos intérêts, avec autant de chaleur
que de bonne foi. Il est d’autres alliances que la politique
doit vous assurer, et d’autres qui seront dues en grande partie
à votre état républicain; votre commerce ne peut que s’en
féliciter.

L’Italie voit avec intérêt le signe de la République arboré
dans ses villes, si j’excepte les villes gouvernées encore par
un prêtre et par la maison d’Autriche....

Nous apprenons que la Russie a fait faire à la Porte la demande
officielle du passage d’une flotte, menaçant de regarder le
refus qu’on pourrait lui en faire comme une déclaration de
guerre. La réponse a été dilatoire et sera négative; les
usurpations de la Russie trouveront enfin des bornes. C’est à
la politique européenne à aider le maître des Dardanelles à les
poser....

Une suite de coalisation faite contre la France, avait jeté des
obstacles à l’arrivée des chebecs à Alger. On voulait encore
vous aliéner cette puissance, amie de la République; mais
nous recevons la nouvelle que le dey a reçu, avec le plus vif
intérêt, les deux chebecs que la République lui a renvoyés,
et qu’il a témoigné les dispositions les plus favorables à la
France....

There follows the French criticism of the Alien Bill.

Un bill infâme, qui insulte à l’humanité et aux droits des
nations, a été promulgué par le gouvernement anglais, et
traduit en espagnol à Madrid et dans les villes hanséatiques,
par les intrigues de l’ambassadeur anglais. Ce bill, dont
la haine pour la convention a dicté les clauses horribles
contre les Français, vous portera sans doute à user du droit
de représailles. Le comité vous fera un rapport sur cet
objet, ainsi que sur les diverses mesures à prendre contre la
gouvernement anglais. Des agens nombreux sont disséminés dans
l’Europe, pour connaître les complots de nos ennemis au dedans
et au dehors, et pour s’assurer des véritables amis de la
république.

Il résulte enfin, de toutes nos relations, que Dumouriez et ses
aides-de-camp, chassés du Stoutgard, n’ont pas reçu un meilleur
accueil à Vursbourg, par ordre de l’électeur, quoique évêque.
Ainsi, les traîtres ne trouvent pas d’asyle même chez les
despotes à qui ils se sacrifient.

Matters concerning the Interior are comparatively vague, for here the Committee wished to compromise with the Gironde; but they are strong against civil war.

DE L’INTÉRIEUR.

... Quant aux approvisionnemens des armées et de la marine, les
commissaires éprouvent des obstacles, en ne pouvant, d’après le
dernier décret, acheter que dans les marchés.

Le comité s’est occupé ensuite de sonder la plaie et de
connaître la source de toutes les agitations qui tourmentent la
république.

Ici des vérités doivent nous être déclarées; car, vous êtes
sur le bord d’un abyme profond, et la Convention Nationale, au
milieu de ses divisions, a oublié qu’elle marchait entre deux
écueils, et qu’elle était conduite par l’aveugle anarchie.

D’un côté, l’exécrable plan de la guerre civile, secondé par
l’Anglais, et sans doute dirigée de Londres, de Rome et par
des agens correspondans à Paris, étendait ses ramifications
sur toute la France, et principalement dans les pays qui
étaient, depuis la révolution, infestés de fanatisme, ou qui
avaient été le théâtre des troubles fanatiques et des complots
contre-révolutionnaires.

D’un autre côté, une alarme générale s’est répandue parmi
les propriétaires d’un territoire de vingt-sept mil de
lieues quarrées, et ces craintes ont eu pour base des
motions exagérées, des journaux feuillantisés et des propos
sauguinaires; le mécontentement né de nos discussions
personnelles a altéré la confiance, mais vous êtes nécessaires:
les aristocrates, redoutant les passions des patriotes, ont
excité les hommes énergiques contre les modérés auxquels
ils se rattachent sourdement; ils ont préparé des mouvemens
contraires....

Marseille, Bordeaux, Lyon, Rouen, prenez garde, la liberté
vous observe sur votre marche dans la révolution; elle ne
vous croira jamais contraire à ses vues; mais craignez d’être
stationnaires dans le mouvement de l’opinion publique; écrasez
avec nous les révoltés, les anarchistes et les brigands;
mais aussi craignez le modérantisme et les intrigues de
l’aristocratie qui veut vous effrayer sur les propriétés et sur
le commerce, pour vous redonner des nobles, des prêtres et un
roi....

Au moment où le comité a été formé, presque partout les
administrations trop faibles ou trop au dessous des
circonstances se ressentaient de l’influence meurtrière des
passions particulières qui y correspondaient...

A Lyon, l’aristocratie a un foyer plus profond qu’on ne peut le
penser; elle est secondée par l’égoïsme et l’indifférence....

Mais les campagnes et les villes de department de Rhône et
Loire, surtout Villefranche, présente un autre esprit, et là
surtout paraissent ces signes heureux, là sont entendues ces
acclamations énergiques qui caractérisent le patriotisme.

A Marseille où tout annonce l’ardeur républicaine, à Marseille
où l’on voit presque à chaque pas un arbre de la liberté ou
une inscription civique, à Marseille où le pain, égal pour
tout et de mauvaise qualité, se vend sept sols la livre, cette
calamité est supportée sans murmurer, où l’on entend des
plaintes contre les traîtres, les égoïstes, les intrigans;
où les seuls malheurs dont on soit afflige sont ceux qui
frappent la République entière, Marseille a éprouvé des
convulsions violentes; mais si la répression de quelques excès
de la démagogie a fait craindre à de bons citoyens que le
modérantisme ne prévalût, le républicanisme n’en triomphera pas
moins des passions individuelles. Croyons que cette grande cité
ne dégénérera pas de sa renommée.

Nous avons à gémir sur des excès commis à Avignon et à Aix;
ce qui s’est passé d’irrégulier à Toulon, relativement aux
officiers de la marine, vous sera rapporté quand le comité aura
fait le travail de cette partie.

Le meilleur esprit règne dans ce moment à Perpignan; la vieille
antipathie nationale contre l’Espagnol, y réchauffé l’esprit
républicain que le département des Pyrénées orientales avait
déjà montré avec tant d’énergie le 21 Juin 1791.

Bayonne se rattache aux bons principes. Les trahisons lui
ont donné de l’énergie; mais si cette place est dans ce
moment menacée de près par l’ennemi, le zèle des républicains
méridionaux la défendra contre les ennemis du dedans et du
dehors.

Bordeaux ne cesse de fournir à la liberté et a ses armées des
trésors et des soldats; elle va défendre en même temps les
Pyrénées et les Deux-Sèvres.

Les intentions manifestées à Nantes ne se ressentent pas assez
de l’enthousiasme civique qui doit animer dans ce moment tous
les citoyens. Ses moyens auraient pu être plus efficaces;
il y a du mécontentement et des craintes sur les effets des
divisions intestines.

A Orléans, l’esprit public s’améliore, depuis que
l’aristocratie a été frappée par la loi révolutionnaire; mais
cette ville a le droit d’obtenir que les procédures faites par
les commissaires soient bientôt jugées, les coupables punis et
les bons citoyens rassurés.

Dans le département de l’Allier, une correspondance interceptée
a fait découvrir des traînes contre la liberté, elles étaient
ourdies par des prêtres déportés, de concert avec leurs agens
à Moulins. Les corps administratifs, qui vivent dans la plus
heureuse harmonie, ont mis en lieu de sûreté les ci-devant
que leur conduite avait rendus suspects et les y font garder
avec soin et humanité, jusqu’à ce que la République n’ait plus
rien à craindre de ses ennemis intérieurs et de ces enfans
dénaturés. Le peuple a partout applaudi à cette énergie de ses
magistrats, et il les a secourus, parce que le peuple veut
franchement la liberté.

A Roanne, le modérantisme est réduit en système, et dans la
crise où nous sommes, cette apathie politique est le plus
grand fléau de la République, qui ne peut s’établir que par le
développement de toute l’énergie nationale.

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Danton: A studyChapter XXII: Appendix: I (4)

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