Chapter IV (5)
Il faut, voyez-vous, nous pardonner les choses. De cette façon nous serons bien heureuses, Et si notre vie a des instants moroses, Du moins nous serons, n'est-ce pas? deux pleureuses.
O que nous mêlions, âmes soeurs que nous sommes, A nos voeux confus la douceur puérile De cheminer loin des femmes et des hommes, Dans le frais oubli de ce qui nous exile.
Soyons deux enfants, soyons deux jeunes filles Éprises de rien et de tout étonnées, Qui s'en vont pâlir sous les chastes charmilles Sans même savoir qu'elles sont pardonnées.
Dans l'interminable Ennui de la plaine, La neige incertaine Luit comme du sable.
Le ciel est de cuivre, Sans lueur aucune. On croirait voir vivre Et mourir la lune.
Comme des nuées Flottent gris les chênes Des forêts prochaines Parmi les buées.
Le ciel est de cuivre, Sans lueur aucune. On croirait voir vivre Et mourir la lune.
Corneille poussive Et vous, les loups maigres, Par ces bises aigres Quoi donc vous arrive?
Dans l'interminable Ennui de la plaine,
La neige incertaine Luit comme du sable.
SAGESSE
Écoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire.
Elle est discrète, elle est légère:
Un frisson d'eau sur de la mousse!
La voix vous fut connue (et chère?)
Mais à présent elle est voilée
Comme une veuve désolée,
Pourtant comme elle encore fière,
Et dans les longs plis de son voile
Qui palpite aux brises d'automne
Cache et montre au coeur qui s'étonne
La vérité comme une étoile.
Elle dit, la voix reconnue,
Que la bonté c'est notre vie,
Que de la haine et de l'envie
Rien ne reste, la mort venue.
Elle parle aussi de la gloire
D'être simple sans plus attendre,
Et de noces d'or et du tendre
Bonheur d'une paix sans victoire.
Accueillez la voix qui persiste
Dans son naïf épithalame.
Allez, rien n'est meilleur à l'âme
Que de faire une âme moins triste!
Elle est "en peine" et "de passage,"
L'âme qui souffre sans colère,
Et comme sa morale est claire!
Ecoutez la chanson bien sage.
Un grand sommeil noir
Tombe sur ma vie:
Dormez, tout espoir,
Dormez, toute envie!
Je ne vois plus rien,
Je perds la mémoire
Du mal et du bien....
O la triste histoire!
Je suis un berceau
Qu'une main balance
Au creux d'un caveau:
Silence, silence!
Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme!
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.
--Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse?
Je ne sais pourquoi
Mon esprit amer
D'une aile inquiète et folle vole sur la mer.
Tout ce qui m'est cher,
D'une aile d'effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi?
Mouette à l'essor mélancolique,
Elle suit la vague, ma pensée,
A tous les vents du ciel balancée
Et biaisant quand la marée oblique,
Mouette à l'essor mélancolique,
Ivre de soleil
Et de liberté,
Un instinct la guide à travers cette immensité.
La brise d'été
Sur le flot vermeil
Doucement la porte en un tiède demi-sommeil.
Parfois si tristement elle crie
Qu'elle alarme au lointain le pilote,
Puis au gré du vent se livre et flotte
Et plonge, et l'aile toute meurtrie
Revole, et puis si tristement crie!
Je ne sais pourquoi
Mon esprit amer
D'une aile inquiète et folle vole sur la mer.
Tout ce qui m'est cher,
D'une aile d'effroi,
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi?
Vous voilà, vous voilà, pauvres bonnes pensées! L'espoir qu'il faut, regret des grâces dépensées, Douceur de coeur avec sévérité d'esprit, Et cette vigilance, et le calme prescrit, Et toutes!--Mais encor lentes, bien éveillées, Bien d'aplomb, mais encor timides, débrouillées A peine du lourd rêve et de la tiède nuit. C'est à qui de vous va plus gauche, l'une suit L'autre, et toutes ont peur du vaste clair de lune.
"Telles, quand des brebis sortent d'un clos. C'est une, Puis deux, puis trois. Le reste est là, les yeux baissés, La tête à terre, et l'air des plus embarrassés, Faisant ce que fait leur chef de file: il s'arrête, Elles s'arrêtent tour à tour, posant leur tête Sur son dos simplement et sans savoir pourquoi." Votre pasteur, ô mes brebis, ce n'est pas moi, C'est un meilleur, un bien meilleur, qui sait les causes, Lui qui vous tint longtemps et si longtemps là closes Mais qui vous délivra de sa main au temps vrai. Suivez-le. Sa houlette est bonne. Et je serai, Sous sa voix toujours douce à votre ennui qui bêle, Je serai, moi, par vos chemins, son chien fidèle.
ART POÉTIQUE
De la musique avant toute chose, Et pour cela préfère l'Impair Plus vague et plus soluble dans l'air, Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
Il faut aussi que tu n'ailles point Choisir tes mots sans quelque méprise: Rien de plus cher que la chanson grise Où l'Indécis au Précis se joint.
C'est des beaux yeux derrière des voiles, C'est le grand jour tremblant de midi, C'est par un ciel d'automne attiédi, Le bleu fouillis des claires étoiles!
Car nous voulons la Nuance encor, Pas la Couleur, rien que la nuance! Oh! la nuance seule fiance Le rêve au rêve et la flûte au cor!
Fuis du plus loin la Pointe assassine, L'Esprit cruel et le Rire impur, Qui font pleurer les yeux de l'Azur, Et tout cet ail de basse cuisine!
Prends l'éloquence et tords-lui son cou! Tu feras bien, en train d'énergie, De rendre un peu la Rime assagie, Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où?
Oh! qui dira les torts de la Rime? Quel enfant sourd ou quel nègre fou Nous a forgé ce bijou d'un sou Qui sonne creux et faux sous la lime?
De la musique encore et toujours! Que ton vers soit la chose envolée Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée Vers d'autres cieux à d'autres amours.
Que ton vers soit la bonne aventure Éparse au vent crispé du matin Qui va fleurant la menthe et le thym.... Et tout le reste est littérature.
UN VEUF PARLE
Je vois un groupe sur la mer. Quelle mer? Celle de mes larmes. Mes yeux mouillés du vent amer Dans cette nuit d'ombre et d'alarmes Sont deux étoiles sur la mer.
C'est une toute jeune femme Et son enfant déjà tout grand Dans une barque où nul ne rame, Sans mât ni voile, en plein courant, Un jeune garçon, une femme!
En plein courant dans l'ouragan! L'enfant se cramponne à sa mère Qui ne sait plus où, non plus qu'en.... Ni plus rien, et qui, folle, espère En le courant, en l'ouragan.
Espérez en Dieu, pauvre folle, Crois en notre Père, petit. La tempête qui vous désole, Mon coeur de là-haut vous prédit Qu'elle va cesser, petit, folle!
Et paix au groupe sur la mer, Sur cette mer de bonnes larmes! Mes yeux joyeux dans le ciel clair, Par cette nuit sans plus d'alarmes, Sont deux bons anges sur la mer.
PARABOLES
Soyez béni, Seigneur, qui m'avez fait chrétien Dans ces temps de féroce ignorance et de haine; Mais donnez-moi la force et l'audace sereine De vous être à toujours fidèle comme un chien.
De vous être l'agneau destiné qui suit bien Sa mère et ne sait faire au pâtre aucune peine, Sentant qu'il doit sa vie encore, après sa laine, Au maître, quand il veut utiliser ce bien,
Le poisson, pour servir au Fils de monogramme, L'ânon obscur qu'un jour en triomphe il monta, Et, dans ma chair, les porcs qu'à l'abîme il jeta.
Car l'animal, meilleur que l'homme et que la femme, En ces temps de révolte et de duplicité, Fait son humble devoir avec simplicité.
ÉMILE BERGERAT
PAROLES DORÉES
J'ai reposé mon coeur avec tranquillité Dans l'asile très sûr d'un amour très honnête. La lutte que je livre au sort est simple et nette, Et tout peut m'y trahir, non la virilité.
Je ne crois pas à ceux qui pleurent, l'âme éprise De la sonorité de leurs propres sanglots; Leur idéal est né de l'écume des mots, Et comme je les tiens pour nuls, je les méprise.
Cerveaux que la fumée enivre et qu'elle enduit, Ils auraient inventé la douleur pour se plaindre; Leur stérile génie est pareil au cylindre Qui tourne à vide, grince et s'use dans la nuit.
Ils souffrent? Croient-ils donc porter dans leur besace Le déluge final de tous les maux prédits? Sous notre ciel chargé d'orages, je le dis, Il n'est plus de douleur que la douleur d'Alsace.
J'aime les forts, les sains et les gais. Je prétends Que la vie est docile et souffre qu'on la mène: J'observe dans la mort un calme phénomène Accessible à mes sens libres et consentants,
Et qui ne trouble pas ma paix intérieure. Car la forme renaît plus jeune du tombeau, Et l'ombre passagère où s'engloutit le Beau Couve une éternité dans l'éclipse d'une heure.
Car la couleur charmante et mère des parfums Rayonne inextinguible au fond des nuits funèbres, Et sa splendeur de feu qu'exaltent les ténèbres Emparadise encor les univers défunts.
Femme, recorde-moi ceci. Ma force vierge Est éclose aux ardeurs brunes de tes beaux yeux: Quand mon coeur sera mûr pour le sol des aïeux, Notre amour sera clos. N'allume pas de cierge.
Le ciel restera sourd comme il reste béant. O femme, écoute-moi, pas de terreur vulgaire! Si l'âme est immortelle, il ne m'importe guère, Et je ne me vends pas aux chances du néant.
Aucun joug n'a ployé ma nuque inasservie, Et dans la liberté que lui fait sa vertu, Voici l'homme qui s'est lui-même revêtu Du pouvoir de juger et d'attester sa vie.
Hors de moi, je ne prends ni rêve ni conseil; N'arrachant du labeur que l'oeuvre et non la tâche, Je ne me promets point de récompense lâche Pour le plaisir que j'ai de combattre au soleil.
Le limon, que son oeuvre auguste divinise Par son épouvantable enfantement, répond Aux désirs surhumains de mon être fécond, Et ma chair douloureuse avec lui fraternise.
Telle est ma loi. Sans peur et sans espoir, je vais, Après m'être creusé ma route comme Alcide. Que la combinaison de mon astre décide Si je suis l'homme bon ou bien l'homme mauvais.
Mais, quel que soit le mot qu'ajoute ma planète Aux constellations de la fatalité, J'ai reposé mon coeur avec tranquillité Dans l'asile très sûr d'un amour très honnête.
FRANÇOIS FABIÉ.
LES GENÊTS
Les genêts, doucement balancés par la brise, Sur les vastes plateaux font une houle d'or; Et, tandis que le pâtre à leur ombre s'endort, Son troupeau va broutant cette fleur qui le grise;
Cette fleur qui le fait bêler d'amour, le soir, Quand il roule des hauts des monts vers les étables, Et qu'il croise en chemin les grands boeufs vénérables Dont les doux beuglements appellent l'abreuvoir;
Cette fleur toute d'or, de lumière et de soie, En papillons posée au bout des brins menus, Et dont les lourds parfums semblent être venus De la plage lointaine où le soleil se noie....
Certes, j'aime les prés où chantent les grillons, Et la vigne pendue aux flancs de la colline, Et les champs de bleuets sur qui le blé s'incline, Comme sur des yeux bleus tombent des cheveux blonds.
Mais je préfère aux prés fleuris, aux grasses plaines, Aux coteaux où la vigne étend ses pampres verts, Les sauvages sommets, de genêts recouverts, Qui font au vent d'été de si fauves haleines.
Vous en souvenez-vous, genêts de mon pays, Des petits écoliers aux cheveux en broussailles Qui s'enfonçaient sous vos rameaux comme des cailles, Troublant dans leur sommeil les lapins ébahis?
Comme l'herbe était fraîche à l'abri de vos tiges! Comme on s'y trouvait bien, sur le dos allongé, Dans le thym qui faisait, aux sauges mélangé, Un parfum enivrant à donner des vertiges!
Et quelle émotion lorsqu'un léger frou-frou Annonçait la fauvette apportant la pâture, Et qu'en bien l'épiant on trouvait d'aventure Son nid plein d'oiseaux nus et qui tendaient le cou!
Quel bonheur, quand le givre avait garni de perles Vos fins rameaux émus qui sifflaient dans le vent, --Précoces braconniers,--de revenir souvent, Tendre en vos corridors des lacets pour les merles!
Mais il fallait quitter les genêts et les monts, S'en aller au collège étudier des livres, Et sentir, loin de l'air natal qui vous rend ivres, S'engourdir ses jarrets et siffler ses poumons;
Passer de longs hivers, dans des salles bien closes, A regarder la neige à travers les carreaux, Éternuant dans des auteurs petits et gros, Et soupirant après les oiseaux et les roses;
Et, l'été, se haussant sur son banc d'écolier, Comme un forçat qui, tout en ramant, tend sa chaîne, Pour sentir si le vent de la lande prochaine Ne vous apporte pas le parfum familier....
Enfin, la grille s'ouvre! On retourne au village; Ainsi que les genêts, notre âme est tout en fleurs, Et dans les houx remplis de vieux merles siffleurs On sent un air plus pur qui vous souffle au visage.
On retrouve l'enfant blonde avec qui cent fois On a jadis couru la forêt et la lande; Elle n'a point changé,--sinon, qu'elle est plus grande, Que ses yeux sont plus doux et plus douce sa voix.
--"Revenons aux genêts!--Je le veux bien!" dit-elle. Et l'on va, côte à côte, en causant, tout troublés Par le souffle inconnu qui passe sur les blés, Par le chant d'une source, ou par le bruit d'une aile.
Les genêts ont grandi, mais pourtant moins que nous: Il faut nous bien baisser pour passer sous leurs branches, Encore accroche-t-elle un peu ses coiffes blanches; Quant à moi, je me mets simplement à genoux.
Et nous parlons des temps lointains, des courses folles, Des nids ravis ensemble, et de ces riens charmants Qui paraissent toujours sublimes aux amants, Parce que leurs regards soulignent leurs paroles.
Puis, le silence; puis, la rougeur des aveux, Et le sein qui palpite, et la main qui tressaille, Et le bras amoureux qui fait ployer la taille... Comme le serpolet sent bon dans les cheveux!
Et les fleurs des genêts nous font un diadème; Et, par l'écartement des branches,--haut dans l'air,-- Paraît comme un point noir l'alouette au chant clair Qui, de l'azur, bénit le coin d'ombre où l'on aime!
Ah! de ces jours lointains,--si lointains et si doux!-- De ces jours dont un seul vaut une vie entière, --Et de la blonde enfant qui dort au cimetière, Genêts de mon pays, vous en souvenez-vous?
PAUL DÉROULÈDE
LE BON GÎTE
Bonne vieille, que fais-tu là? Il fait assez chaud sans cela; Tu peux laisser tomber la flamme. Ménage ton bois, pauvre femme, Je suis séché, je n'ai plus froid.
Mais elle, qui ne veut m'entendre, Jette un fagot, range la cendre:
"Chauffe-toi, soldat, chauffe-toi!"
Bonne vieille, je n'ai pas faim. Garde ton jambon et ton vin; J'ai mangé la soupe à l'étape. Veux-tu bien m'ôter cette nappe! C'est trop bon et trop beau pour moi.
Mais elle, qui n'en veut rien faire, Taille mon pain, remplit mon verre:
"Refais-toi, soldat, refais-toi!"
Bonne vieille, pour qui ces draps? Par ma foi, tu n'y penses pas! Et ton étable? Et cette paille Où l'on fait son lit à sa taille? Je dormirai là comme un roi.
Mais elle qui n'en veut démordre, Place les draps, met tout en ordre:
"Couche-toi, soldat, couche-toi!"
--Le jour vient, le départ aussi.-- Allons! adieu... Mais qu'est ceci? Mon sac est plus lourd que la veille.... Ah! bonne hôtesse, ah! chère vieille, Pourquoi tant me gâter, pourquoi?
Et la bonne vieille de dire, Moitié larme, moitié sourire:
"J'ai mon gars soldat comme toi!"
GEORGES BOUTELLEAU
LE COLIBRI
J'ai vu passer aux pays froids L'oiseau des îles merveilleuses, Il allait frôlant les yeuses Et les sapins mornes des bois.
Je lui dis: "Tes plages sont belles, Ne pleures-tu pas leur soleil?" Il répondit: "Tout m'est vermeil: Je porte mon ciel sur mes ailes!"
LES DEUX OMBRES
Deux ombres cheminaient dans une étroite allée, Sous le pâle couchant d'un jour mourant d'été: L'une avait sur la lèvre un sourire enchanté; L'autre était languissante et de crêpes voilée.
Elles allaient sans but, distraites du chemin, Cherchant la solitude et son divin mystère; Fiancés éternels aussi vieux que la terre: La Douleur et l'Amour qui se donnaient la main.
LOUIS TIERCELIN
LE PETIT ENFANT
Il jouait, le petit enfant Aux blanches mains, aux lèvres roses; Ignorant nos soucis moroses, Il jouait, le petit enfant. Joyeux, candide et triomphant, Sur le tapis couvert de roses, Il jouait, le petit enfant Aux blanches mains, aux lèvres roses.
Il dormait, le petit enfant, Dans son berceau de mousseline. Fleur fatiguée et qui s'incline, Il dormait, le petit enfant. Et la mère, en le réchauffant, Le berçait d'une voix câline, Il dormait, le petit enfant, Dans son berceau de mousseline.
Il vivait, le petit enfant, Heureux et rose à faire envie, Front radieux, âme ravie, Il vivait, le petit enfant. Le père faisait pour sa vie De beaux rêves que Dieu défend. Il vivait, le petit enfant, Heureux et rose à faire envie.
Il est mort, le petit enfant; Il s'est envolé vers les Anges. Avec des sourires étranges, Il est mort, le petit enfant. Il est mort, et le coeur se fend Devant ce linceul fait de langes. Il est mort, le petit enfant; Il s'est envolé vers les Anges.
GUY DE MAUPASSANT
DÉCOUVERTE
J'étais enfant. J'aimais les grands combats, Les chevaliers et leur pesante armure, Et tous les preux qui tombèrent là-bas Pour racheter la Sainte Sépulture.
L'Anglais Richard faisait battre mon coeur; Et je l'aimais, quand après ses conquêtes Il revenait, et que son bras vainqueur Avait coupé tout un collier de têtes.
D'une Beauté je prenais les couleurs. Une baguette était mon cimeterre; Puis je partais à la guerre des fleurs Et des bourgeons dont je jonchais la terre.
Je possédais au vent libre des cieux Un banc de mousse où s'élevait mon trône. Je méprisais les rois ambitieux, De rameaux verts j'avais fait ma couronne.
J'étais heureux et ravi. Mais un jour Je vis venir une jeune compagne. J'offris mon coeur, mon royaume et ma cour, Et les châteaux que j'avais en Espagne.
Elle s'assit sous les marronniers verts; Or, je crus voir, tant je la trouvais belle, Dans ses yeux bleus comme un autre univers, Et je restai tout songeur auprès d'elle.
Pourquoi laisser mon rêve et ma gaîté En regardant cette fillette blonde? Pourquoi Colomb fut-il si tourmenté Quand, dans la brume, il entrevit un monde?
L'OISELEUR
L'Oiseleur Amour se promène Lorsque les coteaux sont fleuris, Fouillant les buissons et la plaine, Et, chaque soir, sa cage est pleine Des petits oiseaux qu'il a pris.
Aussitôt que la nuit s'efface Il vient, tend avec soin son fil, Jette la glu de place en place, Puis sème, pour cacher la trace, Quelques grains d'avoine ou de mil.
Il s'embusque au coin d'une haie, Se couche aux berges des ruisseaux, Glisse en rampant sous la futaie, De crainte que son pied n'effraie Les rapides petits oiseaux.
Sous le muguet et la pervenche L'enfant rusé cache ses rets, Ou bien sous l'aubépine blanche Où tombent, comme une avalanche, Linots, pinsons, chardonnerets.
Parfois d'une souple baguette D'osier vert ou de romarin Il fait un piège, et puis il guette Les petits oiseaux en goguette Qui viennent becqueter son grain.
Étourdi, joyeux et rapide, Bientôt approche un oiselet: Il regarde d'un air candide, S'enhardit, goûte au grain perfide, Et se prend la patte au filet.
Et l'oiseleur Amour l'emmène Loin des coteaux frais et fleuris, Loin des buissons et de la plaine, Et, chaque soir, sa cage est pleine Des petits oiseaux qu'il a pris.
PAUL BOURGET
PRAETERITA
Novembre approche,--et c'est le mois charmant Où, devinant ton âme à ton sourire, Je me suis pris à t'aimer vaguement, Sans rien dire.
Novembre approche,--ah! nous étions enfants, Mais notre amour fut beau comme un poème. --Comme l'on fait des rêves triomphants Lorsqu'on aime!--
Novembre approche,--assis au coin du feu, Malade et seul, j'ai songé tout à l'heure A cet hiver où je croyais en Dieu, Et je pleure.
Novembre approche,--et c'est le mois béni Où tous les morts ont des fleurs sur leur pierre, Et moi je porte à mon rêve fini Sa prière.
ROMANCE
Pourquoi cet amour insensé N'est-il pas mort avec les plantes Qui l'enivraient, l'été passé, D'odeurs puissantes et troublantes?
Pourquoi la bise, en emportant La feuille jaunie et fanée, N'en a-t-elle pas fait autant De mon amour de l'autre année?
Les roses des rosiers en fleur, L'hiver les cueille et les dessèche; Mais la blanche rose du coeur, Toujours froissée, est toujours fraîche.
Il n'en finit pas de courir, Le ruisseau de pleurs qui l'arrose, Et la mélancolique rose N'en finit pas de refleurir.
DÉPART
Accoudé sur le bastingage Et regardant la grande mer, Je respire ce que dégage De liberté ce gouffre amer.
Le large pli des houles bleues, Que les vents poussent au hasard D'au delà d'un millier de lieues, Soulève le bateau qui part.
Sensation farouche et gaie, Je vais donc vivre sans lien! Ah! que mon âme est fatiguée D'avoir tant travaillé pour rien!
Vains devoirs d'un monde frivole, Plaisirs factices de deux jours, Coupable abus de la parole, Efforts mesquins, tristes amours,
Tout de ce qui fut moi s'efface A l'horizon mystérieux, Et le libre, l'immense espace, S'ouvre à mon coeur comme à mes yeux.
NUIT D'ETE
O nuit, ô douce nuit d'été, qui viens à nous Parmi les foins coupés et sous la lune rose, Tu dis aux amoureux de se mettre à genoux, Et sur leur front brûlant un souffle frais se pose!
O nuit, ô douce nuit d'été, qui fais fleurir Les fleurs dans les gazons et les fleurs sur les branches, Tu dis aux tendres coeurs des femmes de s'ouvrir, Et sous les blonds tilleuls errent des formes blanches!
O nuit, ô douce nuit d'été, qui sur les mers Alanguis le sanglot des houles convulsées, Tu dis aux isolés de n'être pas amers, Et la paix de ton ciel descend dans leurs pensées.
O nuit, ô douce nuit d'été, qui parles bas, Tes pieds se font légers et ta voix endormante, Pour que les pauvres morts ne se réveillent pas, Eux qui ne peuvent plus aimer, ô nuit aimante!
ÉPILOGUE
Le Fantôme est venu de la trentième année. Ses doigts vont s'entr'ouvrir pour me prendre la main, La fleur de ma jeunesse est à demi fanée, Et l'ombre du tombeau grandit sur mon chemin.
Le Fantôme me dit avec ses lèvres blanches: "Qu'as-tu fait de tes jours passés, homme mortel? Ils ne reviendront plus t'offrir leurs vertes branches. Qu'as-tu cueilli sur eux dans la fraîcheur du ciel?"
--"Fantôme, j'ai vécu comme vivent les hommes: J'ai fait un peu de bien, j'ai fait beaucoup de mal. Il est dur aux songeurs, le siècle dont nous sommes, Pourtant j'ai préservé mon intime Idéal!...."
Le Fantôme me dit: "Où donc est ton ouvrage?" Et je lui montre alors mon rêve intérieur, Trésor que j'ai sauvé de plus d'un noir naufrage, --Et ces vers de jeune homme où j'ai mis tout mon coeur.
Oui! tout entier: espoirs heureux, légers caprices, Coupables passions, spleenétique rancoeur, J'ai tout dit à ces vers, tendres et sûrs complices. Qu'ils témoignent pour moi, Fantôme, et pour ce coeur!
Que leur sincérité, Juge d'en haut, te touche, Et, comme aux temps lointains des rêves nimbés d'or, Pardonne, en écoutant s'échapper de leur bouche, Ce cri d'un coeur resté chrétien: _Confiteor!_
ABEL HERMANT
L'ÉTOILE
Je suis le Chaldéen par l'Étoile conduit Vers un but inconnu que moi-même j'ignore. Quelle main alluma cet astre dans ma nuit? Quel spectacle à mes yeux révélera l'Aurore?
N'importe.--Dans la nuit je vais. La nudité Du jour blessait mes yeux. L'ombre chaste est un voile. Ce flambeau, qu'il m'égare ou me guide, est clarté: L'Astre, même trompeur, est toujours une étoile.
Trouverai-je en sa crèche, ainsi que dans un nid, Un enfant? Me mettrai-je à genoux? Que m'importe! J'ai recueilli la myrrhe et le baume bénit: Je respire en marchant les parfums que je porte.
NOTES.
The full-face figures refer to the pages; the ordinary figures to the lines.
N.B. For the poets before MALHERBE the spelling has not been modernized. Some uniformity however has been sought, and accents are used when they affect final vowels.
CHARLES D'ORLÉANS.
1391-1465.
Father of Louis XII, was taken prisoner in the battle of Agincourt (1415) and passed the next twenty-five years of his life in captivity in England. In this long leisure he developed his talent for poetry, and on his return to France he made his residence at Blois a gathering-point for men of letters. His poetical work marks the utmost attainment in outward grace of expression in the treatment of conventional subjects in the traditional fixed forms. Now and then there is a more personal strain which suggests the more distinctly modern lyric of Villon; but he is not to be compared with Villon in originality of view, sincerity of feeling, or directness and intensity of utterance.
His works were not published till the eighteenth century. The best edition is that of Ch. d'Héricault, 2 vols., 1874 (_Nouvelle collection Jannet-Picard_). Charles d'Orléans also wrote some of his poems in English; these were published by G. W. Taylor in 1827 for the Roxburghe Club.
For reference : Constant Beaufils, _Étude sur la vie et les poésies de Charles d'Orléans_, 1861; Robert Louis Stevenson, _Familiar Studies of Men and Books_, London, 1882.
1. BALLADE. For the form of the _ballade_ see the remarks on versification, p. xxi. 2. ESTOYE, _étais_; for initial _e_ from _es_cf. _esveillera_, l. 14, _Esté_, 3, 8. 3. AVOIENT, _avaient_; in the imperfect and conditional _oi_, from an earlier _ei_, continued to be written till late in the eighteenth century, long after in pronunciation it had come to have the value of _ai_. 4. HAYENT, _haïssent_, _y_ is found frequently in the older spelling for _i_, especially when final. 5. DESCONFORT= _découragement_. 8. SI FAIS = _ainsi je fais_; the omission of the pronoun is common at this time; cf. 8, 24, _direz_. 10. NE ... NE = _ni ... ni_. GREVANCE = _dommage, malheur_. 14. ACCORT,_accord_. 16. SOYENT, _soient_; here of two syllables, in modern verse of one. 17. VEOIR, _voir_; here of two syllables. 22. SORT, _evil spell_. 24. LOING, _loin_.
2. I. VUEIL, _veux_, HOIR = _héritier_. 5. NUL NE PORTE=_ que nul ne porte_. 6. VENT, _vend_. MARCHIÉ, _marché_. 7. TIENGNE = _tienne_. POUR TOUT VOIR = _vraiment_; _let every one consider it a certain fact_. RONDEL. For the form of the _rondel_ see the remarks on versification, p. xxi. II. AVECQUES, _avec_. 12. COMBIEN QUE = _bien que_. 17. RAPAISE = _s'apaise_. 19. TANTOST = _bientôt_; _s_ before _l, m, n_, and _t_ has regularly disappeared; cf. _vestu_, 24, _beste_, 26, _bruslerent_, 4, 26, _mesme_, 5, 22, _maistre_, 6,1. RONDEL. _"Le Temps a laissié son manteau._" 22. LAISSIÉ, _laissé_. 24. BROUDERYE, _broderie_. 25. LUYANT, _luisant_, CLER, _clair_.
3. 4. LIVRÉE could be used now in the body of the line only before a word beginning with a vowel. 6. ABILLE, _habille_. RONDEL. _"Les Fourriers d'Esté sont venus._" 13. VERT, feminine ; in adjectives of two endings of the Latin third declension, like _grandis, fortis, viridis_, the feminine ending _e_is due to the influence of adjectives of three endings, and does not appear in Old French. 16. PIEÇA = naguère._ 18. PRENEZ PAÏS, _take to the country_, i.e. depart. 19. YVER, _hiver_.
4. RONDEL. _"Dieu! qu'il la fait bon regarder_." 2. SÇAY, _sais_; _c_ was introduced into the forms of _savoir_ under the mistaken notion that it was connected with _scire_. 4. UNG, _un_.
FRANÇOIS VILLON.
1431-146-?.
Poet and vagabond, he led a most irregular life, twice narrowly escaped hanging, and composed many of his poems in prison. He was a poet of great originality, for he broke away from the conventional subjects and the allegorizing habit of the Middle Ages and gave to the lyric a personal note and a depth and poignancy of feeling that made it almost a new creation, though he still adhered mainly to the traditional forms and showed a special preference for the ballade. Most of his ballades are introduced into his main works, the _Petit Testament_ and the _Grand Testament_, which are entirely personal in contents.
His works were first published in 1489; Marot prepared an edition in the following century, Paris, 1533; they were not reprinted in the seventeenth century; convenient recent editions are those of P. L. Jacob (Paul Lacroix), 1854; P. Jannet (_Nouvelle collection Jannet-Picard_) and A. Longnon, 1892.
For reference: A. Longnon, _Étude biographique sur François Villon_, 1877; Sainte-Beuve, _Causeries du lundi_, vol. xiv; Th. Gautier, _les Grotesques_; J. Lemaître, _Impressions de théâtre_, troisième série, 1889 ; Robert Louis Stevenson, _Familiar Studies of Men and Books_, London, 1882.
4. BALLADE DES DAMES DU TEMPS JADIS. Dante Gabriel Rossetti has translated this ballade, which is perhaps the most famous one in the language. 6. DICTES, _dites_, n'en = _ni en _; in Old French _ne_ could be used for the simple alternative 'or.' 7. FLORA; a late tradition made of the Roman goddess of flowers and spring a wealthy and beautiful woman. 8. ARCHIPIDIA, perhaps Hipparchia is meant; THAIS, an Athenian beauty of the fourth century B.C. 10. ECHO, the nymph of classical mythology. MAINE, _mène_. 11. ESTAN, _étang_. 13. ANTAN, _last year_ (from Latin _ante annum_); Rossetti translates "yesteryear". 14. HELOÏS, Heloise, or Eloise. 16. ESBAILLART, Abelard (1079-1142), a French scholar and philosopher, whose love for the beautiful and accomplished Heloise, one of his pupils, has passed into legend, which has quite transformed the fact. SAINCT-DENYS, Saint-Denis, only four and one half miles from Paris, celebrated for the cathedral of Saint-Denis in which are the tombs of the kings of France. Abelard resided for a time in the abbey of Saint-Denis. 17. ESSOYNE = _peine_. 18. ROYNE, _reine_; Marguerite de Bourgogne, wife of Louis le Hutin, is meant, the heroine of the legend of the Tour de Nesle, according to which she had her numerous lovers killed and thrown into the Seine. Buridan was more fortunate and escaped; he was afterwards a learned professor of the University of Paris. She herself was strangled in prison in 1314. 21. LA ROYNE BLANCHE, Blanche de Castille, mother of Saint Louis. 22. SEREINE, _sirène_. 23. BERTHE AU GRAND PIED, celebrated in the _chansons de geste_, was the mother of Charlemagne. BIETRIS, Beatrix de Provence, married in 1245 to Charles, son of Louis VIII. ALLYS, Alix de Champagne, married in 1160 to Louis le Jeune. 24. HAREMBOURGES, Eremburge, daughter of Elie de la Flèche, count of Maine, who died in 1110. 25. JEHANNE, Joan of Arc, who was burned at the stake at Rouen in 1431.
5. 1. N'ENQUEREZ, _do not seek to know_. SEPMAINE,_semaine_. 3. QUE ... NE, _lest_. REMAINE = _reste_. LAY ou PLUSTOST RONDEAU. 8. SE, _si_. 12. DEVIE = _meure_. 13. VOIRE = _vraiment_. JE CONNAIS TOUT FORS QUE MOI-MEME. 15. LAICT. _lait_. 21. BESONGNE = _travaille_. CHOMME, _chôme_. 24. GONNE, _gown_, a monk's garment.
6. 3. PIPEUR, one who whistles in imitation of birds ; _je congnois pipeur qui jargonne, I know the tricks of the bird-catcher_. 4. FOLZ NOURRIZ DE CRESME, refers perhaps to the pampered court jesters. 7. MULLET, _mulet_. 10. GECT, a counter for counting and adding (_qui nombre et somme_). 12. BOESMES, _Bohemians_; _la faults des Boesmes_ is the heresy of the followers of John Huss (1369- 1415) and Jerome of Prague (1375-1416). 16. COULEREZ ET BLESMES = _teints colorés et blêmes_»
CLEMENT MAROT.
1497-1544.
He abandoned the law to live at court and write verses. After his first successes, he became page in the household of Marguerite of Navarre, and continued to enjoy her protection and that of her brother, Francis I., though this could not save him, when accused of heresy because of the welcome that he gave to the ideas of the Reformation, from the necessity of twice fleeing to Italy for safety. In spite of some deeper notes and in spite of his translation of the first fifty Psalms, which is used in French Protestant churches, he was by no means a religious reformer. He was essentially a court poet, putting into graceful verse, ballades, rondeaux, epistles, epigrams, etc., the trifles, jests, sallies, and elegant badinage that delighted courtly society.
Works: _l'Adolescence Clémentine_, 1532; _Oeuvres de Clément Marot_, Lyon, 1538; _Trente Psaumes de David_, 1541; _Cinquante Psaumes de David_, 1543 ; _les Oeuvres de Clément Marot_, Lyon, 1544; _Oeuvres complètes de Clément Marot_, par M. Guiffrey, 1876-81 (only part has appeared); _Oeuvres complètes_, par P. Jannet, 4 vols., 1868-72; _Oeuvres choisies_, par E. Voizard, 1890.
For reference: E. Scherer, _Études littéraires sur la littérature contemporaine_, vol. viii; Emile Faguet, _le Seizième siècle_, 1893; H. Morley, _C. Marot and other studies_, London, 1871.
RONDEAU. For the form see the remarks on versification.
20. SE DEMENOIT, _expressed itself_. 21. C'ESTOIT DONNÉ TOUTE LA TERRE RONDE, i.e. it was as if one had given. 23. "They loved each other for the heart alone."
24. SI A JOUIR ON VENOIT, _if one's love was returned_. 25. s'entretenoit, _kept faith_.
7 2. FEINCTS, _feints_. OYT, from _ouïr_. 3. Qui = _si quelqu'un_. ME FONDE, _rely_.
PIERRE DE RONSARD.
1524-1585.
The greatest French poet of the Renaissance, he entered the household of the Duke of Orleans at the age of ten, spent three years as page of James V. of Scotland, and traveled much about Europe on various embassies. At eighteen, attacked by deafness, he withdrew to the college of Coqueret and was won to poetry by study of the ancients. It was then that a common love for the classical literatures and a common zeal for imitating their beauties in French bound him to the other young men who with him called themselves the Pleiad and set themselves to the task of renewing French literature in the image of the literatures of antiquity. In 1550, the year after the appearance of the manifesto of the young school, the _Défense et Illustration de la langue française_ of du Bellay, he published a volume of odes. His fame was instant and immense; he returned in glory to court, and for forty years the authority of his example was hardly questioned. His talent was exercised in almost all kinds of verse, chansons, sonnets, elegies, eclogues, hymns, epistles, and even in the epic, where, however, his experiment, _la Franciade_, was a complete failure, abandoned when but four of the proposed twelve cantos were finished. But his genius was essentially lyric. The ode was his special contribution to French verse; in it he followed the classical form with its divisions into strophe, antistrophe, and epode, sometimes in direct imitation of Pindar, Anacreon, Theocritus, or Horace. His best work is that in which he freed himself most fully from the influence of a model. His deepest and truest note's are those that celebrate the pleasures of this life, the delights of nature, and the inevitable "cold obstruction" of death.
Works: _Odes_ and _Bocage_, 1550; _Amours_, _Odes_, book v, 1552, 1553; _Hymnes_, 1555, book ii, 1556; _Meslanges_, 1555, book ii, 1559; _Oeuvres_ (_Amours, Odes, Poèmes, Hymnes_), 4 vols., 1560; _Oeuvres_, i vol., 1584; recent editions are _Oeuvres complètes_, par P. Blanchemain, 8 vols., 1857-67 (_Bibliothèque elzévirienne_); par Marty-Laveaux, 6 vols., 1887 ff.; _Oeuvres choisies_, avec notice de Sainte-Beuve, I vol.
For reference: Excellent biographical study by Marty-Laveaux in his edition of the works; Émile Faguet, _le Seizième siècle_, 1893 ; Sainte-Beuve, _Causeries du lundi_, vol. xii.
7. A CASSANDRE. 8. DESCLOSE, _opened_. 10. A POINT PERDU; _ne_ was not, and still is not always, required in the question; cf. 164, 22. VESPREE = _soir_; cf. _vêpre_. 13. LAS, _hélas_. 20. FLEURONNE= _fleurit_.
8. CHANSON. 27. AMOUR, _Cupid_. 1. CHENEVIERE = _chanvre_. 3. MY-NUD, _half naked_. 19. FOL LE PELICAN; cf. for another use of this popular notion about the pelican the famous picture in the _Nuit de mai_ of Alfred de Musset, 150, 12 _ff_. A HÉLÈNE. 26. OYANT, from _ouïr_. 27. DESJA, _déjà_. 29. BENISSANT VOSTRE NOM, etc., i.e. congratulating you on being immortalized by the poet's praise.
9. 2. OMBRES MYRTEUX, _shadows of the myrtles_. ÉLÉGIE. 8. VENDEMOIS, one of the old divisions of France, on the Loire. It was the birth-place of Ronsard. 10. REMORS; has here rather the sense of regret. 13. AGEZ, _agés_ the spelling _-ez_ for _-és_ was usual. 22. CHEF = _tête_. 23. DE RECHEF = _de nouveau_. 24. PERRUQUE = _chevelure_. 26. VERDS, _strong, supple_.
10. DIEU VOUS GARD. 7. GARD, the form of the present subjunctive regularly descended from the Latin subjunctive in verbs of the first conjugation. The ending _e_, added later, is due to analogy. 8. VISTES ARONDELLES, _vites_ (_rapides_) _hirondelles_. 10. TOURTRES = _tourterelles_. 12. VERDELETS, _verts_; such diminutives were quite in favor in the language of the time; cf. _rossignolet, nouvelet, fleurettes_. 15. BOUTONS JADIS COGNUS, etc., i.e. the hyacinth and the narcissus. 29. AU PRIX DE, _in comparison with_.
11. A UN AUBESPIN. 6. LAMBRUNCHE, _a wild vine_. 10. PERTUIS, _holes_. 12. AVETTES = _abeilles_. 30. RUER = _jeter_.
12. ÉLÉGIE CONTRE LES BÛCHERONS DE LA FORÊT DE GASTINE. Cf. the poem by Laprade, p. 192. Gastine is in Haut-Poitou, in the present department of Deux-Sèvres. 14. PERSÉ, _percé_. 15. MASTIN, _mâtin_. 21. PANS, used by Ronsard in the plural as if he thought them a kind of being, like Satyrs. 22. FANS, now written _faons_, but still pronounced as if spelled _fans_. 24. PREMIER, used adverbially. 26. ESTONNER in the older language expressed a physical shock; to _stun_. 28. NEUVAINE, composed of nine. TROPE, _troupe_; the nine muses. Calliope was the muse of epic poetry, and Euterpe the muse of music and lyric poetry.
13. 3. ALTEREZ, BRUSLEZ, ETHEREZ, see note on _agez_, 9, 13. 8. DORDONEENS, referring to the forest of Dordona, in Epirus, where oracles were rendered from oak trees. According to Greek traditions the first men lived on acorns and raw flesh. 16. ET QU'EN CHANGEANT DE FORME, etc., _and that it will change its form and put on a new one_.
JOACHIM DU BELLAY.
1525-1560.
After Ronsard the foremost poet of the Pleiad. He was of an illustrious family, but, cut off from a brilliant public career by ill health and deafness, he sought consolation in letters. He even preceded Ronsard in inaugurating the literary reform, issuing the manifesto of the new movement, his _Défense et Illustration de la langue française_, his collection of sonnets called _Olive_, and a _Recueil de poésies_, all in 1549. Shortly afterwards he accompanied his cousin, Cardinal du Bellay, to Rome; the admiration which the historic associations of the city excited in him and his disgust at the intrigues of the court and the corruptions of Italian life, mingled with homesickness for the pleasant sights and quiet air of his native Anjou, inspired the two collections of sonnets which are his best, the _Antiquités romaines_, translated by Spenser in 1591, and the _Regrets_.
Works: _Olive_, _Recueil de poésies_, 1549; _Premier livre des antiquités de Rome_, 1558; _Jeux rustiques_, 1558; _les Regrets_, 1559 ; _Oeuvres_, 1569. Recent editions are : Oeuvres complètes, par Marty-Laveaux, 2 vols., 1866-67; _Oeuvres choisies_, par Becq de Fouquières, 1876.
For reference: Léon Séché, _Joachim du Bellay_, 1880; E. Faguet, _le Seizième siècle_, 1893 ; Sainte-Beuve, _Nouveaux lundis_, vol. xiii; Walter Pater, _The Renaissance_, London, 1873.
13. L'IDÉAL. This is from the first collection of sonnets, _Olive_. The influence of Petrarch is evident. Compare also the lines of the sestet with the final stanzas of Lamartine's _Isolement_, p. 65. 22. En 1'eternel = _dans l'éternité_.
14. L'AMOUR DU CLOCHER. From the _Regrets_. 8. cestuy, old form of demonstrative, _celui_. The reference is of course to Jason. 9. USAGE, _experience_. 11. QUAND REVERRAY-JE, etc., cf. Homer's Odyssey, I, 58. 18. LOYRE, the name of the river is now feminine. 19. LIRÉ, a little village in Anjou, was the birth-place of du Bellay. D'UN VANNEUR DE BLÉ AUX VENTS. From the collection entitled _Jeux rustiques_.
15. 8. CESTE, cette. 10. J'AHANNE = je me fatigue.
AGRIPPA D'AUBIGNÉ.
1550-1630.
Soldier as well as poet, he was a leader of the Huguenots in the wars that ended with the accession of Henry IV. After the assassination of Henry IV., his safety became more and more threatened in France, and he withdrew finally to Geneva. His main work is a long descriptive and narrative poem, but in many parts essentially lyrical, _les Tragiques_, a fierce picture of France in the civil wars. In his lyrics, which comprise _stances, odes_, and _élégies_, he is a follower of the tradition of Ronsard.
Works: _Les Tragiques_, 1616; a recent edition is by L. Lalanne, 1857; also in the _Oeuvres complètes_, par MM. Reaume et de Caussade, 4 vols., 1873-77.
For reference: Pergameni, _la Satire au seizième siècle et les Tragiques d'Agrippa d'Aubignê_, 1881; E. Faguet, _le Seizième siècle_, 1893.
15. L'HYVER. 14. IRONDELLES, _hirondelles_. 19. N'ESLOIGNE, _ne s'éloigne de_.
16. 2. COMME IL FIT, i.e. _comme il alluma des flammes_. 10. SEREINES, _sirènes_. 14. USAGE, _fruition_.
JEAN BERTAUT.
1552-1611.
A man by no means of the poetic stature of Ronsard, du Bellay, and D'Aubigné; he found great favor in his day, but his lyric note was not powerful enough to endure long. He is most successful in the graceful expression of a natural melancholy, as in the example here given. He was a follower, in moderation, of the Pleiad.
Works : _Recueil des oeuvres poétiques de J. Bertaut_, l601; appeared again enlarged in 1605 ; _Recueil de quelques vers amoureux_, 1602 : both collections are included in _Oeuvres poétiques_, 1620; a recent edition is edited by A. Chenevière, 1891 (_Bibliothèque elzévirienne_). CHANSON. 27. DEMEURE, _delay_.
17. 4. FAY, _fais_.
23. VOY, _vois_.
25. VY, _vis_.
MATHURIN REGNIER.
1573-1613.
Though bred to the church and early settled in a good living, he led a life that was hardly edifying. He possessed brilliant talents, but failed to make the most of them. He was indolent and fond of good living, and was restive under discipline, as is evident in his work and in his irritation at Malherbe. He had a gift of keen observation, and his satires excelled in interest what he composed in the more lyrical forms of ode and elegy.
Works : _Oeuvres_, 1608, 1612 ; recent editions are those of Viollet le Duc, 1853 (_Bibliothèque elzévirienne_), and E. Courbet, 1875.
For reference : J. Vianey, _Mathurin Régnier_, 1896.
FRANÇOIS DE MALHERBE.
1555-1628.
He marks an epoch in the history of French letters. Boileau's famous phrase, "enfin Malherbe vint," dates from him the beginning of worthy French poetry. What did begin with him was that tradition of refinement, elegance, polish and perfect propriety of phrase that continued to rule French literature for two centuries. He lent the influence of a very positive voice to the growing demand for a standard of authority in grammar and versification and for recognized canons of criticism. The lyrical impulse in him was small, but some of his lines live in virtue of the finished propriety and harmony of expression.
Works: _Oeuvres_, 1628; the best edition is that of L. Lalanne, 5 vols., 1862-69 {_Collection des Grands Écrivains_).
For reference: G. Allais, _Malherbe_, 1891; F. Brunot, _la Doctrine de Malherbe_, 1891; F. Brunetière, _l'Évolution des genres_, vol. i, 1890; _Études critiques sur l'histoire de la littérature française_, vol. v, 1893.
21. CONSOLATION À M. DU PÉRIER. 5. TITHON, Tithonus, who obtained from the gods immortality but not eternal youth. After age had completely wasted and shriveled him he was changed into a grasshopper. 6. PLUTON, Pluto, god of the nether world, the abode of the dead. 8. ARCHÉMORE, Archemorus or Opheltes, son of Lycurgus, king of Nemea, died in infancy from the bite of a serpent.
22. I. FRANÇOIS, Francis I.; his oldest son, Francis, born in 1517, died suddenly in 1526, and Charles V. was suspected of having had him poisoned, and dire vengeance was wreaked upon the person of Sebastian de Montecuculli, cupbearer of Charles V. The suspicions proved to be wholly groundless. 5. ALCIDE, Alcides, by which name Hercules was known till he consulted the oracle of Delphi. 9. LA DURANCE, a river in southwestern France, flowing into the Rhone below Avignon. After beginning an agressive campaign in this part of France in the summer of 1536, the Spaniards were in September forced to a disastrous retreat. 13. DE MOI, _for my own part_; Malherbe had lost his first two children, Henry in 1587 and Jourdaine in 1599. 27. LOUVRE; the palace of the Louvre, begun in 1541 by Francis
I. on the site of a royal château built by Philip Augustus, and added to by his successors, was a royal residence until the Revolution.
23. CHANSON. 20. en sa liberté, i.e. free from her pursuit. PARAPHRASE DU PSAUME CXLV. This is Psalm CXLVI in our English Bible.
JEAN RACINE.
1639-1699.
A dramatic genius of the highest order. But besides being a great dramatist he was a consummate master of language. The choruses in Esther and Athalie are excellent examples of the kind of lyric that the tendencies represented by Malherbe permitted. The extract here given is from Esther, Act III. The approach to the language of the Psalms is evident throughout.
JEAN-BAPTISTE ROUSSEAU.
1670-1741.
The chief representative of the serious lyric in the eighteenth century. This ode is a favorable example of the form which lyric utterance assumed in this philosophizing century and under the tradition of poetic dignity and propriety.
27. ODE À LA FORTUNE. 16. SYLLA (138-78 B.C.), the enemy of Marius and author of the bloody proscription against the adherents of his rival. 17. ALEXANDRE, Alexander the Great. 18. ATTILA, king of the Huns from 434 to 453, who ravaged southern and western Europe from 450 to 452 and was known as "the scourge of God."
28. 16. LE RETOUR, i.e. the adverse turn.
ÉVARISTE-DÉSIRÉ DESFORGES DE PARNY.
1753-1814.
He wrote mostly in a lighter and erotic vein. He had many admirers in his day who styled him the French Tibullus. His influence is perceptible in the style of Lamartine.
Works: _Poésies érotiques_, 1778; _Opuscules poétiques_, 1779, enlarged in succeeding editions; _les Rosicroix_, 1807; _Oeuvres_, 5 vols., 1808; _Oeuvres choisies_, 1827.
For reference : Sainte-Beuve, _Causeries du lundi_, vol. xv; _Portraits contemporains_, vol. iv; George Saintsbury, _Miscellaneous Essays_, London, 1892.
NICOLAS GILBERT.
1751-1780.
He has often been compared with Chatterton and has owed much of his fame to the unfounded legend that he was a child of genius brought to an untimely death by poverty and lack of recognition. His satires on the vices of his time enjoyed a temporary reputation, but his real legacy to posterity is the well-known lines here given.
Works: _Oeuvres complètes_, 1788, and frequently thereafter.
ROUGET DE L'ISLE.
1760-1836.
Though he wrote much in both prose and verse, nothing of his lives except the _Marseillaise_, which has become the national song of France. He composed both words and music in the night of April 25, 1792, while he was an officer of engineers at Strassburg. The last stanza vas added later by another hand. The name, _la Marseillaise_, comes from the fact that it was introduced to Paris by the troops from Marseilles.
Works: _Essais en vers et en prose_, 1796.
For reference: J. Tiersot, _Rouget de l'Isle, son oeuvre, sa vie_, 1892.
32. LA MARSEILLAISE. 6. Beuillé, François-Claude Amour, marquis de (1739-1800), a devoted royalist, who planned the flight of Louis XVI. When the king was captured at Varennes he fled to England, where he died.
MARIE-ANDRÉ CHÉNIER.
1762-1794.
The most genuine poet of the eighteenth century. Born at Constantinople of a Greek mother, he knew Greek early and fed himself on the Greek poets, imbibing something of their spirit. His elegies, idyls, and odes are not mere repetitions of the conventional commonplaces, but new, original, and vigorous in idea and expression. He anticipated the Romanticists in breaking over the received rules of versification and in giving greater flexibility and variety to the Alexandrine line.
Works : _Poésies_, first published by H. de Latouche, 1819; later editions are by Becq de Fouquières, 1862 and 1872; G. de Chénier, with new material, 3 vols., 1874; by Louis Moland, 2 vols., 1878-79.
For reference: Sainte-Beuve, _Portraits littéraires_, vol. i; _Portraits contemporains_, vols, ii and v; _Causeries du lundi_, vol. iv; _Nouveaux lundis_, vol. iii; E. Faguet, _le Dix- huitième siècle_, 1890; E. Caro, _la Fin du dix-huitième siècle_, vol. ii, 1882; J. Haraszti, _la Poésie d'André Chénier_, 1892.
32. LA JEUNE CAPTIVE. This, as well as the _Iambes_ following, was written in the Saint-Lazare prison shortly before Chénier was sent to the guillotine. The young captive was Mlle. Aimée de Coigny; she escaped the guillotine and afterwards married M. de Montrond; she died in 1820.
33. 18. PHILOMÈLE; Philomela was daughter of Pandion, king of Athens. Pursued by Tereus, king of Thrace, she was changed into a nightingale. The name is frequently employed in poetry for the nightingale.
34. 16. PALÈS, a Roman divinity of flocks and shepherds.
35. IAMBES. 23. BAVUS, a conventional name; it is not clear who was in the poet's mind.
MARIE-JOSEPH CHENIER.
1764-1811.
A younger brother of André Chénier, enjoyed a great reputation as a dramatic poet and critic. Aside from the _Chant du départ_, which had a reputation approaching that of the _Marseillaise_, he is hardly to be considered as a lyric poet.
Works: _Oeuvres complètes_, 8 vols., 1823-1826; _Poésies_, 1844.
37. LE CHANT du DÉPART. 9. De BARRA, DE VIALA; Agricole Viala and François-Joseph Barra (properly Bara) were both young boys, thirteen and fourteen years of age, who fell fighting with the revolutionary armies, the former in the Vendée, the latter near Avignon. To both the Convention voted the honors of burial in the Pantheon. Their names are often coupled, as here.
ANTOINE-VINCENT ARNAULT.
1766-1834.
He wrote a number of tragedies and a collection of fables that were admired in their day, but his name is best preserved for the larger public by this brief elegy, which is found in most anthologies. The circumstances attending its composition, on the eve of his departure from France after his banishment in January, 1816, are related by Sainte-Beuve, _Causeries du lundi_, vol. vii, in the course of his notice of Arnault, which should be consulted.
FRANÇOIS-RENÉ, VICOMTE DE CHAUTEAUBRIAND.
1768-1848.
An enormous literary force at the beginning of this century; M. E. Faguet calls him the "greatest date in French letters since the Pleiad." But the instrument of his power was prose. His attempts in verse were poor. Yet he exercised a direct influence towards the renewal of lyric poetry, as has been indicated in the introduction.
For reference: E. Faguet, _Études littéraires sur le dix-neuvième siècle_, 1887 ; F. Brunetière, _l'Évolution de la poésie lyrique au dix-neuvième siècle_, vol. i, 1894.
39. LE MONTAGNARD EXILÉ. Introduced into the prose tale, _le Dernier des Abencérages_ (1807). "J'en avais composé les paroles pour un air des montagnes d'Auvergne remarquable par sa douceur et sa simplicité." (Author's note.) 24. la Dore, a rapid stream in the department Puy- de-Dôme, flowing into the Allier. 27. l'airain, i.e. the bell.
MARIE-ANTOINE DÉSAUGIERS.
1772-1827.
He represents a domain of the lyric that has always been industriously tilled in France, that of the chanson. The tradition of the song is distinctly bacchanalian, and rarely has it claimed serious consideration as literature. But Désaugiers now and then foreshadows the larger and more serious treatment the _chanson_ was to receive at the hands of Béranger and Dupont.
Works: _Chansons et Poésies diverses_, 3 vols., 1808-1816; a _Choix de chansons_ appeared in 1858; another in 1859, and others since.
For reference: Sainte-Beuve, _Portraits contemporains_, vol. v; George Saintsbury, _Miscellaneous Essays_, London, 1892.
CHARLES NODIER.
1780-1844.
Promoted the romantic movement by his personal contact with the group of young writers that he drew around him more than by what he himself wrote. He was one of those who felt and transmitted the influence of Germany. He is better known by his stories than by his verse.
Works : _Essais d'un jeune barde_, 1804 ; _Poésies diverses_, 1827.
For reference : Mme. Mennessier-Nodier, _Charles Nodier, épisodes et souvenirs de sa vie_, 1867 ; Sainte-Beuve, _Portraits littéraires_, vol. i.
PIERRE-JEAN DE BÉRANGER.
1780-1857.
The first in rank of the _chansonniers_. The chanson in his hands took on a breadth, a meaning, and a seriousness that it had never before possessed, and that make him secure of a place in the literature of his country. He used the song largely as a vehicle for his political opinions, even as a political weapon. The object of his attack was the monarchy of the restoration and the pre-revolutionary ideas which it tried to revive, and his weapon was formidable because it was so well fitted to be caught up and wielded by the masses of the people. Béranger was popular in the more original sense of the word. He appealed to the masses by his ideas, which were those of the average man, and by the form which he gave them and the efficient aid of the current airs to which he wedded them, so that his words not only reached the ears of an audience far wider than that of the readers of books, but found a lodgment in their memories. Works: The successive collections of _Chansons_ appeared in 1815, 1821, 1825, 1828, 1833; _Oevres posthumes_, and _Oeuvres complètes_, 2 vols., 1857.
Comments
Log in to leave a comment.
French LyricsChapter IV (5)
0%36 min left in chapter