Skip to content

Chapter XLIII: Section 1: Political State of King Joseph

Text size

SPANISH MINISTER’S COMPLAINTS OF THE FRENCH
GENERALS.

_From the councillor of state, Mariano Luis Orquijo, to
king Joseph._

“_Madrid, 22 Juillet, 1810._

“SIRE,—Le commissaire royal de Cordoue me mande, que le duc de Dalmatie lui a fait écrire officiellement de ne remettre aucune somme d’argent à la capitale lors même que le ministre des finances le demanderait, jusqu’à ce que les dépenses de l’armée des régimens qu’on lève et des employés de la province, &c., furent pleinement couverts, et que le duc prendrait les mesures convenables, dans le cas que cette détermination ne fut pas suivie.”

“_Madrid, 3 Agosto de 1810._

“Le général Sebastiani a fait voir au commissaire royale à Grenade, un ordre du duc de Dalmatie, qui lui enjoint de la manière la plus expresse, de le mettre en état d’arrestation si pour le 1er Août lui et le préfet de Malaga ne mettent au pouvoir de Sebastiani quatre millions de réaux. L’exorbitance de cette somme, pour une province qui a déjà payé son contingent, et le court terme de huit jours designé pour le payement, donnent à croire que cette somme une fois livrée on en demandera une plus forte. Selon toutes les apparences, et d’après les conversations particulières, il s’agit de profiter de l’absence du roi pour mettre les Andalousies sur le même pied que les provinces de Biscaye, Burgos, &c. Il se peut néanmoins qu’on ait voulu inspirer ces craintes dans des idées tout-à-fait différentes. Quoiqu’il en soit il serait scandaleux de voir un commissaire qui représente la personne du roi arrêté dans une de ses provinces.”

_From Mariano Luis Orquijo to king Joseph._

“_Madrid, 7 Août, 1810._

“Monsieur d’Aranza m’écrit en dâte du 22 Août dans une lettre particulière les paroles suivantes, en les soulignant pour mieux fixer l’attention: ‘_Le maréchal Soult est très content, mais il ne fera usage de son autorité que pour le bien: il aime le roi et la nation: ce pays lui plait beaucoup_.’”

_Ditto to ditto._

“_Madrid, 13 Août, 1810._

“Parmi les lettres que m’a porté le courrier d’Andalousie arrivé hier, j’en remarque une de monsieur Aranza écrite dans un stile étudié et que je soupçonne redigée d’accord avec le duc de Dalmatie. C’est un panégyrique à la louange de ce maréchal dans lequel monsieur d’Aranza porte aux nues l’intelligence et la zêle du duc de Dalmatie dans la partie administrative; la considération qu’il donne aux autorités espagnoles; son extrême adresse à manier les esprits, et l’habilité de ses dispositions militaires, dans un pays couvert d’insurgés. M. d’Aranza termine en formant le vœu que le maréchal ne soit aucunement troublé dans l’exécution de ses plans, et que le sort de l’Andalousie soit mis entièrement a sa discretion.”

_Ditto to ditto._

“_Madrid, le 23 Août, 1810._

“Par ma correspondance avec l’Andalousie j’ai appris; de Cordone: que M. Angulo à reçu les lettres qui l’appellent à Madrid, et qu’il se dispose à suivre le grand convoi sorti de Seville le 11 du courant. De Seville: qu’un corsaire Française s’étant emparé d’un paquebot qui allait de Cadiz à Alicante, on y avait trouvé entr’autres depêches une lettre de Campmany, grand partisan des Anglais, et un des Coryphées de la revolution. Il avouait à son ami, don Anselmo Rodriguez de Ribas, intendant de l’armée du centre, qui s’était plaint à lui des excès que commettaient certaines juntes, que Cadiz n’offrait pas un spectacle moins digne de pitié: que les Anglais qu’il avait appris à connaître s’arrogaient peu à peu toute l’autorité: que le commerce libre accordé aux ports d’Amerique excitait à Cadiz un mécontentement général, et que Venegas allait au Méxique en qualité de viceroi: il parle en outre de l’arrestation de plusieurs personnes connues, et de la de considération dans laquelle est tombée la régence.”

_Ditto to ditto._

“_Madrid, 27 Septembre, 1810._

“Le maréchal Victor permet le passage à beaucoup de femmes qui veulent se réunir a leurs maris, les femmes en contant les choses telles qu’elles sont, détruisent bien des erreurs dans lesquelles on a généralement été entrainé par le gouvernement actuel. L’ennemi permit ces jours derniers l’entrée dans l’île à plusieurs femmes qui voulaient passer par Chiclanes pour se réunir à leurs parents, mais dernièrement elles furent contenus à coups de canon, et un boulet emporta la tête de celui qui les accompagnait. Le gouvernement Anglais preside à toutes les opérations, et crainte cette espèce des communications.”

“_Valladolid, le 11 Août, 1810._

“SIRE,—Je suis arrivé a Valladolid, où je n’ai pas trouvé le général Kellermann. Il parait que les Espagnols out cerné un détachement de Français qui se trouve à la Puebla de Sanabria, et que ce général y eu allé pour le débloquer. Les guerrilles ont été hier aux portes de Valladolid, et il y à cinq a six jours que soixante dix Français ont été détruits à Villalon; la terreur s’est emparée de tous les esprits, et l’on croit que trois cent hommes ne suffisent pas pour faire paner un courrier: malgré cela, je parterai demain, escorté par deux cent hommes avec un convoi de prisonniers de Ciudad Rodrigo, donc le nombre n’est pas considérable, parcequ’ici on leur accorde la liberté moyennant une somme qu’on règle avec le général Kellermann pour les frais de la guerre.

“Toutes les autorités du pays sont venues me visiter, et me consulter sur la conduite qu’elles doivent tenir depuis les derniers ordres du général Kellermann pour qu’elles n’obeinent ni ne correspondent avec d’autre autorité que la sienne. C’est la chancellerie qui se trouve plus embarrassée que toute autre, parce-qu’elle ne peut concilier l’administrat de la justice au nom de votre majesté avec l’impossibilité de correspondre avec son ministre.

“Je n’ai pas reçu le moindre égard du général Dufrene qui est à la place du général Kellermann. Il ne m’a pas visité, ni même accorde un factionnaire; tout le monde s’en est apperçu, et cette conduite a confirmé l’opinion que l’on a conçue que votre majesté ne règne point dans ce pays. J’ai tâché de detruire une idée qui décourage les véritables sujets de votre majesté, et soutient les espérances de ses ennemis. Les généraux ne s’apperçoivent pas du mal qu’ils produisent en ferant croire que le service de l’empereur, et ses intérêts peuvent être en contradiction avec ceux de votre majesté.

“Si le général Dufrene s’était borné à ne rien faire pour faciliter mon voyage, j’aurai moins de motifs de plainte contre lui, mais il a retenu l’escorte de cavalerie que le général Tilly m’avait donnée. De toutes les manières, Sire, je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour accélérer mon voyage, et répondre à la confiance avec laquelle votre majesté a daigné me distinguer.

“LE MARQUIS ALMENARA.”

_Orquijo to Joseph, relating his conference with the French
ambassador._

(Extract.)

“_Madrid, Août 22, 1810._

“Je lui dis de s’adresser sur ces deux points au ministre des relations extérieures, il me répondit qu’un désagrément qu’on éprouvait avec lui était l’obligation de lui donner à tout bout de champ des notes écrites, qu’à Vittoria il l’avait compromis en présentant à votre majesté ces notes comme officielles, que le bon vieux duc (ce sont ses propres expressions) étourdissait dans l’instant, qu’il n’entendait point, ou ne voulait point entendre ce qu’on lui disait, et qu’il demandait qu’on lui donnat par écrit ce qui n’était pas nécessaire d’écrire. Je lui répétais toujours qu’il devait s’adresser au duc puisque c’était le seul canal par lequel il devait diriger ses demandes, que je ne me mélais point de ces affaires, et que je n’en entretiendrais votre majesté à moins que votre majesté ne m’en parlat la première, mais comme simple particulier je l’assurai de l’inviolabilité des promesses de votre majesté et de ses idées liberales. L’ambassadeur ajouta que dans la matinée du jour de St. Napoleon, et les jours suivants, le général Belliard, Borelli, et leurs alentours avaient parlé fort mal des expressions de votre majesté sur ses premiers devoirs, et qu’il ne doutait pas qu’ils n’en eussent écrit à Paris; qu’il n’avait pas pu se dispenser de transmettre à sa cour ces paroles; mais qu’il les avait présentés comme une conséquence du premier discours tenu par votre majesté et une nuance nécessaire pour adoucir le mauvais effêt qu’avait produit ici l’article du Moniteur sur les mots de l’empereur au duc de Berg. Je le lui avais présenté de cette manière en sortant de l’appartement de votre majesté, et je lui montrai en même temps un rapport venu de la Navarre dans lequel on dépeignait le facheux étât de ce royaume en proie aux excès des bandes de brigands et aux dilapidations des gouvernemens militaires. Si l’ambassadeur a écrit dans ces termes comme il me l’a dit, autant par honneur que par attachement à votre majesté, à son pays et au notre, il a bien rempli ses devoirs. Quoiqu’il en soit, je me lui cru obligé de donner connaissance à votre majesté de ces faits ainsi que de la surprise que, selon l’ambassadeur, a causé à l’empereur et au ministère Français le silence du duc de Santa Fé qui ne s’explique sur rien. L’ambassadeur se plaint d’avoir été compromis par lui, car à sa demande et en consequence des conversations fréquentes qu’il eut avec lui pendant les trois jours qu’il passa à Madrid, il écrivit à sa cour que le duc de Santa Fé était chargé de négocier sur la situation de votre majesté et celle de notre pays, que l’ambassadeur lui-même disait ne pouvoir pas durer. C’est à la lettre ce que c’est dit entre l’ambassadeur et moi.” &c. &c.

_Ditto to ditto._

“_Madrid, le 13 Novembre, 1810._

“Monsieur Pereyra a reçu du maréchal Soult une réponse extrêmement aigre. Ce commissaire royal persiste dans son opinion que les mesures indiquées par le duc de Dalmatie pour l’approvisionnement de l’armée ne rempliront pas le but qu’il se propose; mais le maréchal veut être obéi. D’un autre côté le général Sebastiani l’a contraint à lui donner onze cent mille réaux. Placé entre ces deux écueils, Monsieur Pereyra a perdu courage et demande à votre majesté de le rappeller à Madrid. Le général Dufour a pris le commandement de Grenade.

“MARIANO LUIS DE ORQUIJO.”

_Ditto to ditto._

“_Madrid, 19 de Decembre, 1810._

“Monsieur le comte de Montarco était le 11 courant a Manzanares, il m’écrit que les habitans de la Manche se plaignent de ce que les troupes qui retrouvent dans la province ne les protégent pas autant que leur nombre le leur permet, que les brigands viennent leur enlever leurs grains pour les transporter dans les royaumes de Valence et de Murcie, ou dans l’Estremadoure. Ils craignent une disette et désirent ardemmement qu’il se forme de grands dépôts de grains dans des places à l’abri des incursions des partis d’insurgés. Les commandants des troupes Françaises sont d’une exigence et d’une hauteur insupportables, et les rapports faits au comte de Montarco par toutes les autorités légales du pays confirment complettement ceux que l’intendant de la Manche ne cesse de faire aux divers ministères depuis plusieurs mois.”

“_Madrid, le 15 Février, 1811._

“SIRE,—Le préfet de Santander me remêt, en dâte du 16 Janvier, copie des offices qu’il a reçus pour la réunion de cette province au gouvernement militaire de Biscaye. J’ai l’honneur de les mettre sous les yeux de votre majesté en lui observant que cette mesure a été prise sur la proposition du général Caffarelli.

“On a demandé au préfet de Santander un état des employés civils et militaires, des moines, du clergé, et des appointemens dont ils jouissent. Il croit en conséquence que des attributions ainsi que celles des employés seront nulles des que la province sera gouvernée à l’instar de celle de Biscaye. Il ajoute que lui et les chefs principaux de l’administration sont décidés à ne travailler que sous les ordres de votre majesté et demandent avec instance que votre majesté ne les abandonne pas.

“Le sous-préfet de Logrogne me dit en dâte du 22 Janvier que l’opinion publique s’est améliorée depuis qu’on y a appris les nouvelles du Portugal, et qu’on y connait le peu de moyens de defense qu’offre Valence dans le désordre extrême qui y règne. La Riofa ne renferme plus de bandes complettes d’insurgés, mais on y trouve encore quelques brigands épars et des voleurs de grands chemins.

“MARIANO LUIS DE ORQUIJO.”

Comments

Log in to leave a comment.

History of the war in the Peninsula and in the south of France from the year 1807 to the year 1814, vol. 4Chapter XLIII: Section 1: Political State of King Joseph

0%8 min left in chapter