Chapter XVIII: Appendix
To illustrate by comparison the form of Grecian philosophy, before Dialectic was brought to bear upon it, I transcribe from two eminent French scholars (M. Barthélemy St. Hilaire and Professor Robert Mohl) some account of the mode in which the Indian philosophy has always been kept on record and communicated.
M. Barthélemy St. Hilaire (in his Premier Mémoire sur le Sânkhya, pp. 5-11) gives the following observations upon the Sânkhya or philosophy of Kapila, one of the principal systems of Sanskrit philosophy: date (as supposed) about 700 B.C.
There are two sources from whence the Sânkhya philosophy is known:--
"1. Les Soûtras ou aphorismes de Kapila.
"2. Le traité déjà connu et traduit sous le nom de Sânkhya Kârikâ, c'est à dire Vers Mémoriaux du Sânkhya.
"Les Soûtras de Kapila sont en tout au nombre de 499, divisés en six lectures, et répartis inégalement entre chacune d'elles. Les Soûtras sont accompagnés d'un commentaire qui les explique, et qui est d'un brahmane nommé le Mendiant. Le commentateur explique avec des developpements plus ou moins longs les Soûtras de Kapila, qu'il cite un à un.
"Les Soûtras sont en général tres concis: parfois ils ne se composent que de deux ou trois mots, et jamais ils ne comprennent plus d'une phrase. Cette forme aphoristique, sous laquelle se présente à nous la philosophie Indienne--est celle qu'a prise la science Indienne dans toutes ses branches, depuis la grammaire jusqu'à la philosophie. Les Soûtras de Panini, qui a réduit toutes les régles de la grammaire sanscrite en 3996 aphorismes, ne sont pas moins concis que ceux de Kapila. Ce mode étrange d'exposition tient dans l'Inde à la manière même dont la science s'est transmise d'âge en âge. Un maître n'a généralement qu'un disciple: il lui suffit, pour la doctrine qu'il communique, d'avoir des points de repère, et le commentaire oral qu'il ajoute à ces sentences pour leur expliquer, met le disciple en état de les bien comprendre. Le disciple lui-même, une fois qu'il en a pénétré le sens veritable, n'a pas besoin d'un symbole plus développé, et la concision même des aphorismes l'aide a les mieux retenir. _C'est une initiation qu'il a reçue: et les sentences, dans lesquelles cette initiation se résume, restent toujours assez claires pour lui._
"Mais il n'en est pas de même pour les lecteurs étrangers, et il serait difficile de trouver rien de plus obscur que ces Soûtras. Les commentaires mêmes ne suffisent pas toujours à les rendre parfaitement intelligibles.
"Le seul exemple d'une forme analogue dans l'histoire de l'esprit humain et de la science en Occident, nous est fourni par les Aphorismes d'Hippocrate: eux aussi s'adressaient à des adeptes, et ils réclamaient, comme les Soûtras Indiens, l'explication des maîtres pour être bien compris par les disciples. Mais cet exemple unique n'a point tiré à conséquence dans le monde occidental, tandis que dans le monde Indien l'aphorisme est resté pendant de longs siècles la forme spéciale de la science: et les développements de pensée qui nous sont habituels, et qui nous semblent indispensables, ont été reservés aux commentaires.
"La Sânkhya Kârikâ est en vers: En Grèce, la poésie a été pendant quelque temps la langue de la philosophie; Empédocle, Parménide, ont écrit leurs systèmes en vers. Ce n'est pas Kapila qui l'a écrite. Entre Kapila, et l'auteur de la Kârikâ, Isvara Krishna, on doit compter quelques centaines d'années tout au moins: et le second n'a fait que rediger en vers, pour aider la mémoire des élèves, la doctrine que le maître avait laissée sous la forme axiomatique.
"On conçoit, du reste, sans peine, que l'usage des vers mémoriaux se soit introduit dans l'Inde pour l'enseignement et la transmission de la science: c'était une conséquence nécessaire de l'usage des aphorismes. Les sciences les plus abstraites (mathematics, astronomy, algebra), emploient aussi ce procédé, quoiqu'il semble peu fait pour leur austérité et leur precision. Ainsi, le rhythme est, avec les aphorismes, et par le même motif, la forme à peu pres générale de la science dans l'Inde."
(Kapila as a personage is almost legendary; nothing exact is known about him. His doctrine passes among the Indians "comme une sorte de révélation divine".--Pp. 252, 253.)
M. Mohl observes as follows:--
"Ceci m'amène aux Pouranas. Nous n'avons plus rien du Pourana primitif, qui paraît avoir été une cosmogonie, suivie d'une histoire des Dieux et des families héroïques. Les sectes ont fini par s'approprier ce cadre, après des transformations dont nous ne savons ni le nombre ni les époques: et s'en sont servies, pour exalter chacune son dieu, et y fondre, avec des débris de l'ancienne tradition, leur mythologie plus moderne. Ce que les Pouranas sont pour le peuple, les six systèmes de philosophie le sont pour les savants. Nous trouvons ces systèmes dans la forme abstruse que les Hindous aiment à donner à leur science: chaque école a ses aphorismes, qui, sous forme de vers mnémoniques, contiennent dans le moins grand nombre de mots possible tous les résultats d'une école. Mais nous n'avons aucun renseignement sur les commencements de l'école, sur les discussions que l'élaboration du système a dû provoquer, sur les hommes qui y ont pris part, sur la marche et le développement des idées: nous avons le système dans sa dernière forme, et rien ne nous permet de remplir l'espace qui le sépare des théories plus vagues que l'on trouve dans les derniers écrits de l'époque védique, à laquelle pourtant tout prétend se rattacher. À partir de ces aphorismes, nous avons des commentaires et des traités d'exposition et d'interprétation: mais les idées premières, les termes techniques, et le systeme en tier, sont fixés antérieurement. Tous ces systèmes reposent sur une analyse psychologique très raffinée; et chacun a sa terminologie précise, et à laquelle la nôtre ne répond que fort imparfaitement: il faut donc, sous peine de se tromper et de tromper ses lecteurs, que les traducteurs créent une foule de termes techniques, ce qui n'est pas la moindre difficulté de ce travail." R. Mohl, 'Rapport Annuel Fait à la Société Asïatique,' 1863, pp. 103-105; collected edition, 'Vingt-sept ans d'histoire des Études Orientales,' vol. ii. pp. 496, 498-9.
When the purpose simply is to imprint affirmations on the memory, and to associate them with strong emotions of reverential belief--mnemonic verses and aphorisms are suitable enough; Empedokles employed verse, Herakleitus and the Pythagoreans expressed themselves in aphorisms--brief, half-intelligible, impressive symbols. But if philosophy is ever to be brought out of such twilight into the condition of "reasoned truth," this cannot be done without submitting all the affirmations to cross-examining opponents--to the scrutiny of a negative Dialectic. It is the theory and application of this Dialectic which we are about to follow in Sokrates and Plato.
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Plato and the Other Companions of Sokrates, 3rd ed. Volume 1Chapter XVIII: Appendix
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